daily prophet

La Coupe de Quidditch britanique touche à sa fin. Les Hollyhead Harpies sortent vainqueurs du tournoi et la fête bat son plein. La rebellion, elle, murmure (+).
Les tensions montent alors qu'un nouveau revenant est enfermé à Azkaban pour le meurtre "accidentel" de sa fiancée.
Teatime with the Queen : Buckinghamshire est voté le county préféré des sorciers immigrants.



 


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 Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)

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Âge : 34 ans
Sang : Mêlé. Ma mère était une née moldue et les Borgin ne sont pas aussi « irréprochables » qu’ils le souhaiteraient, enfin, c’est surtout pour se faire bien voir. Ce n’est pas tellement un mal de mon point du vue, même si ce n’est clairement pas mon genre de m’étendre sur le sujet. Trop de consanguinité, on sait tous que c’est très mauvais. Il n’y a pas à chercher très loin pour avoir un aperçu du concept de déliquescence inhérent au manque de sang neuf Mon petit adage personnel : « Tous cousins germains, tous crétins, par Merlin. »
Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
Situation civile : Je ne suis pas une femme à marier. Si on exclus mon sang et mon nom qui n’ont rien de très glorieux à première vue, j’ai déjà des boulets accroché aux pieds. Ils commencent à avoir conscience que si je décide de les quitter pour faire ma vie ailleurs, ils ne feront que s’enfoncer d’avantage dans l’auto destruction. Je tiens la bride fermement et cela me convient très bien. Soyons franc, même si je peux me montrer charmante à mes heures, je ne suis pas quelqu’un de très sentimental. Proposez-moi mieux que ce que j’ai et peux-être que j’envisagerais de vous suivre.
Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
Particularité : Rien de spécial si ce n'est un nom à coucher dehors et des yeux vairons.
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Infamy Borgin
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Sujet: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Mer 13 Déc - 21:29



Il n’est jamais trop tard
pour un retard…




Prométhée & Infamy



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Il ne faisait ni chaud, ni froid. C’était le même silence, le même silence jour après jour, le même silence depuis 10 ans. A cette heure là ne résistait que la lueur vacillante d’une lampe magique, luciole jaunâtre se reflétant faiblement sur les carreaux crasseux d’une devanture défraichie. Depuis des heures déjà les tenanciers avaient désertés. Il ne demeurait qu’une ombre muette griffonnant des chiffres derrière ce comptoir encombré de breloques dégoutantes, là, inébranlable depuis le tout premier instant. Son âme fusionnait pratiquement avec le bois sombre et usé, le marbre ébène poussiéreux sur lequel reposait cet énorme livre jaunie et raturé.

L’heure tournait, lente et brève à la fois, prise dans le cycle éternel de son écrin doré, juste à coté. Jamais pourtant Infamy n’y jetait un regard, seulement sans doute pour la déposer à sa place et la remettre dans sa poche une fois l’ouvrage terminé. Dehors, elle savait le pavé suintant et souillé, sans y faire attention. Au dessus de l’échoppe familiale se dressaient trois étages de briques brunis par les années et la crasse, dans ce lieu dont personne n’aimait à arpenter les allées tortueuses, obscures et nauséabondes. Ici était la résidence de ceux qu’on avait relégué dans un coin infamant. Là était donc naturellement sa maison, son toit, sa vie.

Ce n’était pas si mal, ou peut-être était-elle d’une nature plus complaisante que ses congénères dont la proximité avec la fange faisaient hérisser les cheveux naissant dans la nuque. La méfiance était de mise, toujours, lorsqu’on arpentait ces corridors délétères. Infamy ne s’en offusquait jamais, elle pouvait décrire distinctement le moindre recoin en décomposition de ce royaume sordide. Certaines choses avaient changés, d’autres non. Ce bâtiment était une forteresse, plus solide et droite que ses voisines, si bien qu’on oubliait parfois qu’il y avait quelques siècles son absence était seulement plausible.

Depuis tout ce temps… Elle avait l’impression que rien ne s’était passé, tout en sachant que ses habitudes n’avaient faites que se fondre d’avantage avec le parquet décoloré, avec ces vitrines opaques, avec ceux qui vivaient juste au dessus de sa tête. Aujourd’hui, dans ce dédale de couloirs étriqués et de pièces exiguës, nombreuses étaient les portes restant éternellement closes. L’oncle Moevius, le vieux Borgin et elle-même n’étaient pratiquement que des habitants fantômes. L’un se préférait hors de ces murs ancestraux, l’autre n’avait de plaisir qu’à enfumer son bureau, et la dernière se complaisait entre les étagères et les vitrines croulantes de reliquaires monstrueux.

Quant aux autres, ils ne mettaient les pieds ici que pour grappiller des faveurs, ne sachant plus vraiment vers qui se tourner du maitre ou du disciple, qui les avait doucement évincé. Ils fanfaronnaient, dilapidaient aux yeux des autres pour obtenir un peu de cette reconnaissance dont ils n’étaient même pas digne par leur naissance, encore moins par leurs actes. Dans la maison qui les avaient vu grandir leurs droits se limitaient à ce qu’un leur accordait, protection et soutien financier. Ils mangeaient, plutôt ils s’empiffraient dans ces diners étranges, entourant le patriarche, soutenu par un malaise commun dont leur bêtise ne permettait de saisir les nuances. Braves agneaux puants… dont quelques rejetons maudits avaient péri pour le bien commun.

Un tic familier énonça tout haut que la lune venait d’atteindre le sommet de sa course, et qu’à présent elle s’en irait, indifférente aux sors de ceux qu’elle avait pourtant camouflé dans son manteau de velours étoilé. Sa chute trop lente laisserait son auréole opaline intacte jusqu’à ce qu’on la chasse, à l’aube. Et Infamy respirait sans fracas, sans tracas, sa main allait et venait méthodiquement, ses pensés étaient loin des réflexions métaphysiques. Le pic de la nuit, si familier, cachait pourtant bien des mystères, bien des êtres qu’on croyait disparus pour l’éternité.


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Dernière édition par Infamy Borgin le Jeu 14 Déc - 20:40, édité 1 fois
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Jeu 14 Déc - 15:28


Il n'est jamais trop tard

Infamy & Prométhée

« I couldn't leave my best girl. Not when she owes me a dance ! »


   
Le silence était ici comme un roi, un souverain à la fois discret et tellement imposant qu'il était capable d'investir son palais nocturne sans même qu'on ne le remarque avant qu'il n'ait prouvé sa présence. Il avait réduit les piailleries diurnes à un murmure inaudible, il avait tu le moindre des pas sur le pavé humide jusqu'à évanouir presque totalement la vie en son cœur si sombre. Sur la voûte céleste, l'homme pouvait distinctement compter les points de lumière qui venaient s'accrocher, lucioles distantes qui plongeaient l'endroit dans une lueur pittoresque. Les hauts murs de pierre surplombant les devantures de magasins n'avaient rien d'impressionnant pour l'homme : la folie des grandeurs avait depuis longtemps fini de l'étonner, tout comme sa perception du monde s'était finement, intuitivement modifiée au présage de lieux trop sombres.

Il allait, sans briser le silence qui lui semblait presque sacré, un pas devant l'autre sur les trottoirs qui sentaient l'usure et la décadence. Il s'était longuement questionné sur l'avenir de ce monde, sur les choses fondamentales qui laissaient se murer l'existence des gens à l'intérieur d'une forteresse d'ignorance volontaire. La vie avait suspendu son cours sempiternel pour lui, quelques années par le passé : il avait senti dans son cœur, au moment de son réveil, que les choses avaient pris un tournant pour le moins inattendu et décisif. Ses convictions autrefois si fortes et si ancrées dans son cœur s'en voyaient aujourd'hui n'être plus que des brûlures qui rongeaient sa peau ; les choses avaient bel et bien continué leur cours sans lui, et quand ses yeux s'étaient rouverts, il avait compris que tout serait bien plus difficile qu'avant.

Sous ses pas, les quelques flaques d'eau venaient troubler la quiétude de la rue. Les lanternes éclairant l'allée vacillaient sous les courants d'air, mais rien, non rien ne semblait perturber celui qui avait investi la nuit dans son long manteau noir. Il allait, toujours, et si l'on aurait longtemps pu croire qu'il marchait sans but, au fond, lui, savait exactement où il se rendait.

A vrai dire, ses pas le menaient sur le chemin sans même qu'il n'ait besoin d'y réfléchir. Au trajet familier avait succédé une rue dont les aspects lui semblaient changés, quoiqu'elle n'ait pas l'air réellement différente. Il n'aurait su dire ce qui avait vieilli cet endroit, peut-être la redondance des journées, toutes semblables, toutes emplies de sorciers déambulant en son cœur sans jamais se soucier des murs plus que de son propre chemin. Il allait, encore, son manteau refermé jusque devant son menton, sentant sur ses joues la fraîcheur de l'instant qui lui donnait seulement l'impression d'être un peu vivant.

Il avait longuement hésité avant de se décider : mais quelles étaient ses options, sinon de tenter ce qu'il s'apprêtait à faire ? Il n'avait plus vraiment le choix, maintenant que la rumeur commençait de s'ébruiter. Tôt ou tard, se disait-il, quelqu'un finirait par comprendre. Et qui pourrait l'aider ? Qui pourrait le comprendre, lui montrer quoi faire sinon elle ? La pensée resta en suspens dans son esprit quand la devanture qu'il avait cherchée se dessina devant lui. De loin, il laissa son regard appréhender l'endroit, qui n'avait manifestement pas changé. Au travers des vitrines opaques, il voyait les mêmes bibelots aux mêmes endroits, le carnet jaunit sur le comptoir et, sans grand étonnement, la silhouette de celle qu'il avait voulu trouver.

Quelques frissons traversèrent sa nuque, fébriles sentiments, vestiges d'un temps révolu où il avait laissé trop de souvenirs pourrir en secret. Il s'avança, et quand le doute sembla seulement pointer le bout de son nez, l'homme le chassa d'un geste invisible pour frapper trois fois la porte de sa main gantée.
   
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Sang : Mêlé. Ma mère était une née moldue et les Borgin ne sont pas aussi « irréprochables » qu’ils le souhaiteraient, enfin, c’est surtout pour se faire bien voir. Ce n’est pas tellement un mal de mon point du vue, même si ce n’est clairement pas mon genre de m’étendre sur le sujet. Trop de consanguinité, on sait tous que c’est très mauvais. Il n’y a pas à chercher très loin pour avoir un aperçu du concept de déliquescence inhérent au manque de sang neuf Mon petit adage personnel : « Tous cousins germains, tous crétins, par Merlin. »
Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
Situation civile : Je ne suis pas une femme à marier. Si on exclus mon sang et mon nom qui n’ont rien de très glorieux à première vue, j’ai déjà des boulets accroché aux pieds. Ils commencent à avoir conscience que si je décide de les quitter pour faire ma vie ailleurs, ils ne feront que s’enfoncer d’avantage dans l’auto destruction. Je tiens la bride fermement et cela me convient très bien. Soyons franc, même si je peux me montrer charmante à mes heures, je ne suis pas quelqu’un de très sentimental. Proposez-moi mieux que ce que j’ai et peux-être que j’envisagerais de vous suivre.
Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Jeu 14 Déc - 20:42



Il n’est jamais trop tard
pour un retard…




Prométhée & Infamy



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Un voile de particules fines dessinait un halo scintillant, cependant morose autour de cette flamme factice. Un soupir étouffé ébroua le calme, symptôme d’une irritation passagère, récurante lorsqu’il venait à manquer le compte exact. Cela pourtant ne perturbait jamais profondément la secrétaire plongée dans sa tapisserie financière. La sorcière nouait les lettres et les chiffres, sans accroc durant la nuit, qui demain, délassés, ne seraient que recommencement. Telle cette antique histoire, Pénélope attendait Ulysse, prise dans son cycle semi-conscient et confortable. Le héros parvenait à s’extraire de ses milles tourments seulement entre des pages, car coincé dans une réalité trop palpable, il ne pouvait que périr prématurément.

A ce soupir, dans cette nuit particulière, répondirent trois coups nets, parfaitement distincts dans le néant.

L’abject aurait cogné plus fort, embrumé par l’alcool. Il n’y avait bien que l’abject pour venir faire la quête à l’infamie à cette heure cependant. Et elle leva un oeil par dessus le livre sans même cesser d’écrire. Misérable imbécile, ne pouvait-il pas ranger ses mains moites dans ses poches et rebrousser chemin dès maintenant. L’abject ne tirerait rien de cette caisse, pas plus que de sa nièce, même s’il vomissait son haleine fétide durant des heures contre la vitre.

Il y avait bien quelque chose de familier, dans un même temps inconcevable, dans la silhouette sombre qui déchirait l’obscurité. Fatalement, la plume chuta dans sa course, suspendue au dessus du papier alors que la femme levait plus franchement la tête. Ce n’était pas l’abject… Le peu que ses yeux discernaient dans la parois ternie ne pouvait rien affirmer. Un malaise, un soubresaut, un couac enlaça sa carcasse faussement tranquille dans un désir effroyable, qui s’écrasa aussitôt sur le marbre du comptoir. Infamy ferma les yeux une seconde, glissa une main dans sa nuque pour se délasser, s’arrimer pleinement dans ce monde avant de se redresser lentement.

Un client. Un fou. L’affirmation n’avait que faire des probabilités. Un pas après l’autre elle disparaissait, ignorant le regard traversant la porte dans une doucereuse agonie. Lorsque Infamy posa la main sur la poignée, dans un froissement métallique, elle marqua un long arrêt. Ses iris fixaient l’autre si proche, seulement séparé par ce verre trouble et par un faussé d’une décennie. Pas un battement de cil ne pouvait rompre ce contact immatériel, atrocement exquis. La raison dictaient deux sentiments opposés. Ce qu’il restait d’âme succombait à l’indicible.

Puis, un cliquetis fracassa le silence et la porte grinça finalement dans ses gongs. Son imprudence  n’avait vécue que dans l’espace où il avait encore l’audace de croitre. La silhouette dans son intégralité, les traits intacts qui façonnaient ce visage d’un autre temps furent inspecté succinctement. Où la surprise aurait-elle pu se nicher ? Revenu, revenant, même si la sorcière ne l’attendait plus. Ces gens là Infamy en avait croisé sur sa route, aucun qui n’eut plus aisément un nom à mettre sur des contours. Déjà son regard se détachait, analysant la ruelle dénuée
de toute vie avec empressement. Infamy attrapa sans ménagement le manteau, tirant son contenu incertain à l’intérieur avec brusquerie.

La porte se referma en coup de vent. Nombreuses étaient ces personnes auxquelles l’effarement faisait perdre pieds, pas cette femme là. Mais ce détail, cet invité tardif en avait déjà eu un aperçu par le passé, partiellement. Une décennie l’avait rendue plus féroce encore, tout en retirant les derniers signes de la vingtaine de son allure. Elle le montrait sans l’affirmer, ce pouvoir sourd, cette distance acquise fatalement, au travers de ce visage redevenue impassible, de cette robe trop élégante pour ce corridor dégradant. Déjà, sans perdre une seule seconde, sa baguette se trouvait entre ses doigts, faisant tomber l’obscurité sur les vitrines par précaution.

Enfin, elle se tourna vers lui plus franchement, l’observant sans retenue, couture après couture sans parvenir à définir l’angoisse suave qui imprégnait lentement ses membres. « Tu as mauvaise mine mais l’allure qui te ne pouvait que te convenir, je suppose. » Il l’accablait autant qu’il l’agréait de sa présence posthume. Un instant elle lâcha prise, d’un geste, posant ses doigts sur ses tempes dans un soupir, mêlant soulagement et infortune, avant de se reprendre. « Nous avons besoin d’un thé. Plutôt d’un pur feu, n’est-ce-pas ? La situation se prête à voler la bouteille d’autrui. » Un sourire étira vaguement les commissures de ses lèvres. Ce trais d’humour malvenu la définissait bien dans sa marge, indubitablement, que d’autres auraient simplement appelé flegme national. L’abject avait toujours une bouteille caché dans ce capharnaüm. Bien idiot qu’il était de croire que ces rasades qu’il s’infligeait plusieurs fois par jour pouvaient échapper à son geôlier. Ce liquide ambré, elle avait le sentiment légitime de l’avoir payé de sa poche en définitive. Pouvait-on seulement séquestrer sans fin des souvenirs, des émotions qui tambourinaient, vivaces mais enchainées, avec la seule force d’un esprit robuste et froid comme le métal ?


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Dernière édition par Infamy Borgin le Sam 16 Déc - 15:41, édité 1 fois
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Ven 15 Déc - 12:21


Il n'est jamais trop tard

Infamy & Prométhée

« I couldn't leave my best girl. Not when she owes me a dance ! »


   
L'heure tardive laissait présager que l'intéressée pourrait tout aussi bien ne pas répondre à son écho. Il était tard, le voile nocturne avait plongé l'intégralité du pays sous sa noirceur et, si les quelques réverbères ne jetaient pas leur lumière flavescente à de rares endroits, l'on aurait probablement rien pu distinguer. La vitrine usée ne permettait pas d'y voir très clair, l'on pouvait distinguer à quelques recoins les bibelots qui se faisaient une place de choix sur les étagères, mais rien de plus précis, rien qui ne donnait assez à cet homme pour savoir avec certitude qu'il y trouverait la silhouette qu'il cherchait.

Trois coups, l'écho silencieux et pâle du son qui se perdait dans les interstices de la nuit. Trois coups, comme le glas sonne l'heure, comme le clairon annonce le rassemblement. L'homme figea son regard sur la porte, dans l'attente interminable qui lui sommait presque de partir, d'abandonner son poste pour rentrer se terrer quelque part, au détour d'une rue plus sombre. Il sentait ses mains agitées par l'impatience, par l'angoisse de venir percer la tranquillité de cette femme. Il n'avait à vrai dire aucune idée de la façon dont il fallait l'aborder, aux courtoisies bien pensées il était un véritable tord ; car quand l'on revient des morts, aucune politesse ne semble assez prudente pour appréhender le regard de l'autre.

C'était la première, la première qui allait découvrir son terrible secret, aux maléfices factices qu'on vendait à qui voulait l'entendre sur des journaux braillant qu'ils clamaient l'ultime vérité. Nul malice ne pouvait elle trouver dans ses yeux opales quand elle ouvrit enfin la porte. Un bref instant de blanc se fit ressentir, quoique succinct et discret. Le temps lui semblait pourtant s'étirer, les minutes devenir des heures là où il les aurait voulues plus courtes. Prométhée hésita avant de laisser ses lippes se courber en un très fin sourire – le genre de sourire que l'on ne remarquait pas, sauf elle sans doute, parce qu'elle savait lire sous les traits tendus et parfois masqués de son visage.

Trois coups, un sourire. Quoi de plus ? Sans doute une éternité étrange qui se dessinait devant eux, soulevant les poussières sur de vieilles mémoires désormais rangées dans un coin. Elle le tira à l'intérieur, refermant la porte à sa suite : c'était véritablement mieux ainsi, alors que l'homme n'avait daigné vouloir montrer son faciès aux gens. Revenu d'outre-tombe, que pouvait-il espérer des autres ? Non, la rumeur ne devait pas être, ne devait pas naître.

Si l'anglaise proposa bien vite du thé, elle se ravisa au profit de quelque chose de plus épicé. Un pur feu, ou quoi de mieux pour noyer l'interlude nocturne qui s'était improvisé. Prométhée la suivit dans la pièce, ses prunelles céruléennes courant sur le visage de celle qui laissait encore sa marque dans des vestiges bien trop profonds. Il avait remarqué ses traits légèrement plus vieillis, quoiqu'elle n'était pas moins belle et bien au contraire. Ses yeux vairons l'avaient toujours fasciné, il était peut-être l'un de ceux qui soutenait son regard avec plus de timidité que d'étonnement, une différence qui marquait cruellement les sentiments qu'il avait pour elle. Inavouables, inavoués : mais sa présence était peut-être le mot dans un silence, l'inaudible cri qui la suppliait de ne pas le jeter dehors.

Elle n'allait probablement pas le faire, puisqu'elle était bien partie pour chasser ce malaise au goût d'un whisky. Prométhée hésita un moment, restant debout à l'attendre : que pouvait-il lui dire ? Il n'y avait pas réellement de rigueur polie à sortir quand l'on revient d'entre les morts, ce n'était pas non plus comme un simple manquement : c'était un trou de dix ans. Les lèvres pincées, il croisa ses mains gantées devant lui, quand finalement, sa voix perça le silence, juste là où elle pourrait le reconnaître. « Je suis en retard, tu m'en vois désolé.. J'espère que tu pourras m'en excuser »
   
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Sang : Mêlé. Ma mère était une née moldue et les Borgin ne sont pas aussi « irréprochables » qu’ils le souhaiteraient, enfin, c’est surtout pour se faire bien voir. Ce n’est pas tellement un mal de mon point du vue, même si ce n’est clairement pas mon genre de m’étendre sur le sujet. Trop de consanguinité, on sait tous que c’est très mauvais. Il n’y a pas à chercher très loin pour avoir un aperçu du concept de déliquescence inhérent au manque de sang neuf Mon petit adage personnel : « Tous cousins germains, tous crétins, par Merlin. »
Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
Situation civile : Je ne suis pas une femme à marier. Si on exclus mon sang et mon nom qui n’ont rien de très glorieux à première vue, j’ai déjà des boulets accroché aux pieds. Ils commencent à avoir conscience que si je décide de les quitter pour faire ma vie ailleurs, ils ne feront que s’enfoncer d’avantage dans l’auto destruction. Je tiens la bride fermement et cela me convient très bien. Soyons franc, même si je peux me montrer charmante à mes heures, je ne suis pas quelqu’un de très sentimental. Proposez-moi mieux que ce que j’ai et peux-être que j’envisagerais de vous suivre.
Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Sam 16 Déc - 15:50



Il n’est jamais trop tard
pour un retard…




Prométhée & Infamy



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Cette femme là appartenait à l’espèce racée de ceux qui n’ont jamais l’indécence de se perdre totalement. Il était toujours l’heure pour un thé, dans la misère ou la cohue, sous un soleil brulant ou une lune glaciale. La mort elle-même devait se greffer sur les habitudes, non l’inverse. Les pans de velours bleu nuit dansaient autour de ses chevilles paisiblement alors que la sorcière s’enfonçait dans le fond de la pièce. Son calme apparent contrastait néanmoins avec les bourrasques qui agitaient des vestiges enfouies sous le sable d’un désert vaste et inaltéré jusqu’à ces derniers instants.

« Jusqu'à récemment, la mort était une bonne excuse. Maintenant, ça ressemblerait presque à une simple échappatoire. » Lascifs et monocordes, ainsi s’entrelaçaient des mots qu'elle n'aurait pas pensé devoir exprimer plus haut qu'un murmure intérieur. Ca ressemblait à un reproche alors que ce n'était qu'une constatation de plus. Eux, cet ancien poème ambiguë dont ils étaient les protagonistes tragiques, ne pouvait entrer des cases prédéfinis. Encore moins à présent, tant l'impossible s'accrochait avec une ferveur nouvelle à des souvenirs, et des années muettes. Si elle pouvait pardonner une absence, un retard n'était-il pas insignifiant en comparaison.

Infamy plongea presque sous le comptoir. Pendant ce laps de temps succinct, il ne parvint aux oreilles qu’une symphonie dissonante d’antiques breloques qu’on sortaient de leur sommeil. Lorsqu’elle émergea le verre blanc émit un miaulement délicat en rencontrant le marbre, le liquide en frissonna subrepticement. L’invité d’outre tombe méritait mieux qu’un goulot, au chef d’orchestre s’ajoutèrent donc deux musiciens dans un pop discret.  

« J'ai eu le temps de m'en remettre, sans vouloir t’offenser. »

Le temps, certainement, mais le choix, pas vraiment. Infamy ne cultivait pas les options quand elle savait déjà qu'une seule était viable. Quelle offense, ne venait-elle pas d’avouer que son trépas avait été éprouvant, accablant, du moins, pas aussi effacé qu’elle l’avait fait croire à tout le monde. Mais à présent réunis, cet arbre mort retrouvait cette sève précieusement prohibée, parfumée d’une saveur naissante encore indistincte. Elle infusait l’écorce desséchée d’un regard sur ce visage qui n’avait pas subit le passage furtif du temps. Le Prométhée Black qui se tenait là, en chair et os, apparaissait trop identique à ces images jaunies qui remplissaient parfaitement sa boite de Pandore.

Consciente de son rôle, la bouteille avait remplis les verres avec justesse, un peu trop pour entrer dans le raisonnable, pas assez pour noyer leurs esprits dans l’euphorie. Infamy leva le sien, tel un bonjour tardif, lui aussi, avant de le porter à ses lèvres. La brûlure de l’alcool n’avait rien de comparable avec le sevrage que la sorcière s’était imposée. Aucun mot n’aurait pu exprimer clairement la sensation de manque, ils auraient été de toute façon malvenus à l’époque. Il lui en avait coûté de le penser seulement, combien le vide de son absence avait été difficile à compenser. Ce vide existait encore, Infamy ne l’avait jamais comblé, elle avait juste recouvert le trou béant pour l’oublier.

« Tu me connais suffisamment pour savoir que n’interviendrait pas sans des conditions. »

Elle embrayait sur le sujet sans avoir besoin d’y mettre de formes plus tendres. Son pragmatisme la sauvait de bien des faiblesses. Une décennie les séparait, comment aurait-elle pu l’oublier alors que leurs hiers étaient figés dans des boucles temporelles distinctes ? Brusquement, la sorcière se sentie vieille, bercée par ses yeux accrochés aux siens avec la même émotion que jadis. Tout ceux qui avaient osé faire de même avant et après lui ne s’étaient confortés qu’à son irritation. Imperceptiblement usée et vacillante, la sorcière envoya le dernier trois-quart de son verre au fond de sa gorge d’un coup sec.

« J’ai toujours été la plus raisonnable de nous deux, et pourtant, là, vois ce que tu me fais faire. J’ai le droit, ne suis-je pas devenue ton ainée, après tout. » C’était là une bien triste compensation pour avoir dû survivre lorsqu’il s’était soustrait momentanément à la vie et toutes ses attaques.


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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Sam 16 Déc - 17:53


Il n'est jamais trop tard

Infamy & Prométhée

« I couldn't leave my best girl. Not when she owes me a dance ! »


   
La mort, une excuse parfaite pour ne pas pointer le bout de son nez pendant près d'une décennie. Étonnement, elle ne l'était plus, comme un vague souvenir d'un sommeil paisible bien que succinct, et tendre bien que rapide. Il demeurait en ses pensées comme l'un des moments les plus calmes de toute son existence, volant ce privilège aux instants partagés à ceux qu'il aimait. Prométhée songea à ces souvenirs avec une teinte de nostalgie, presque exquise à la manière dont elle venait raviver certaines mémoires. Il contemplait ce vestige avec autant de passion qu'il avait autrefois posé son regard sur elle, et là, précisément, il savait que le retard l'excuserait juste assez.

Il avait osé froisser le voile indistinct entre la vie et la mort, osé tourmenté la paisible existence qu'eux, les vivants, avaient repris. Cette apparition soudaine et nocturne n'était pas un rien, bien au contraire : elle portait l'essence même de ce que le monde trainait dans sa décadence, et si Prométhée était encore assez incertain face à son sort et à ce qui lui arrivait, il préférait tout simplement se contenter de la pureté de cet instant. La mort, après dix années, n'était plus une excuse : Infamy avait sans doute entendu parler de ce qu'il s'était passé, de ces ébruitements qui couraient les rues. Nul doute qu'un client de son échoppe aurait lâché le morceau, un nom, un visage.. Les morts n'étaient, pour certains, plus aussi pâles et aussi blafards. L'hécatombe s'était inversée, ramenant là où ils ne devaient plus êtres les souvenirs d'antan, au grand damne de certains et à la joie de quelques autres. Malheureusement, si c'était parfois une surprise inopinée, c'était aussi une crainte et une méfiance qui se tenait à l'égard de ces revenants.

Infamy, elle, ne semblait pas encore touchée par cette réalisation, ou peut-être que, comme il aimait à le penser, elle passait au-delà des apparences futiles qu'on criait à la volée. Prométhée acquiesça finalement, il n'avait pas grand besoin de s'épandre dans des explications plus dérisoires qu'irréelles. Elle avait eu le temps de s'en remettre. Oui, certainement, et heureusement. Dix ans, c'était un laps de temps qui, pour lui, était étrangement distant et invisible. Il étira un maigre sourire sans toutefois rencontrer le regard de la dame, touché par ses propos alors qu'elle avouait que, quelque part, cette perte avait été quelque chose de difficile à vivre.

Les doigts de l'homme se refermèrent sur le verre décoré, le liquide troublé par son mouvement soudain ; il le porta à ses lèvres avec délicatesse, le délestant de son contenu d'un geste assez peu raisonnable. Il n'était pas de ces gens qui noyaient leurs tourments dans l'alcool, simplement, peut-être le pur feu était-il un mal nécessaire pour dérider cette gêne qui l'enlaçait de ses bras fourbes. Il était face à celle qui, pendant de trop brefs instants, avait poussé son cœur dans des travers jusque lors inconnus. La revoir, poser son regard sur elle, c'était comme un soulagement emprunt de regret, peut-être aussi d'une tristesse attendrie. Le temps n'attendait rien, ni personne : aujourd'hui, alors qu'il plongeait ses mirettes dans les siennes bien qu'à une bonne distance, les non-dits s'effleuraient dans sa tête.

Elle n'avait pas pu l'attendre, évidemment. Et lui, dans son enveloppe charnelle, avait quelque part toujours l'impression qu'il n'était pas à sa place. Il ne l'avait jamais eue, en réalité, mais c'était une sensation différente bien qu'apparentée au même sentiment. Ses lèvres avaient du mal à se dérider face à la jeune femme, pour lui qui avait encore un mal indicible à composer avec ce trou béant dans son existence. Ses mains lissèrent ses cheveux dans un geste qui soulignait son mal aise, et finalement, sans lever le regard, seulement à contempler le fond de son verre, l'homme repris la parole. « Je t'ai dérangée dans tes comptes nocturnes, mais.. Je ne pouvais pas attendre plus longtemps. La solitude devient pesante, et te savoir ici sans avoir donné signe de vie, c'était.. Impensable. » Une brève respiration, ses yeux rencontrant les siens quand il releva le menton.
   


Dernière édition par Prométhée Black le Sam 16 Déc - 21:47, édité 1 fois
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Sang : Mêlé. Ma mère était une née moldue et les Borgin ne sont pas aussi « irréprochables » qu’ils le souhaiteraient, enfin, c’est surtout pour se faire bien voir. Ce n’est pas tellement un mal de mon point du vue, même si ce n’est clairement pas mon genre de m’étendre sur le sujet. Trop de consanguinité, on sait tous que c’est très mauvais. Il n’y a pas à chercher très loin pour avoir un aperçu du concept de déliquescence inhérent au manque de sang neuf Mon petit adage personnel : « Tous cousins germains, tous crétins, par Merlin. »
Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
Situation civile : Je ne suis pas une femme à marier. Si on exclus mon sang et mon nom qui n’ont rien de très glorieux à première vue, j’ai déjà des boulets accroché aux pieds. Ils commencent à avoir conscience que si je décide de les quitter pour faire ma vie ailleurs, ils ne feront que s’enfoncer d’avantage dans l’auto destruction. Je tiens la bride fermement et cela me convient très bien. Soyons franc, même si je peux me montrer charmante à mes heures, je ne suis pas quelqu’un de très sentimental. Proposez-moi mieux que ce que j’ai et peux-être que j’envisagerais de vous suivre.
Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
Particularité : Rien de spécial si ce n'est un nom à coucher dehors et des yeux vairons.
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Sam 16 Déc - 19:52



Il n’est jamais trop tard
pour un retard…




Prométhée & Infamy



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Déranger, cela semblait trop faible, même entre ses lèvres. Elle ne lui laissait rien voir, rien deviner de plus que cet accueil à peine parcouru d’une ondée passagère. Cependant, c’était bien plus qu’une interlude inespérée, qu’un instant de d’inexactitude dans un quotidien parfaitement cloisonné. Ce n’était pas une chose qu’elle pouvait retrouver, ranger, remettre à sa place comme le reste. Se retrancher dans des conceptions matérielles et des concepts, bien moins faciles à éradiquer d’un coup implacable, symptôme flagrant des désirs humains les plus destructeurs, voila l’option qui lui restait dans cette époque.

Infamy était ainsi. Elle l’était depuis la première fois qu’on l’avait délaissée, isolée, jetée à la merci des serres du monde des vivants. Elle avait voulu se refuser à un nouvel attachement, sans y parvenir finalement. Une renaissance pour se retrouver confrontée à des sentiments similaires à ceux d’une l’enfant orpheline. Aujourd’hui, sa carapace n’était plus aussi friable, par nécessité, pour survivre. La faute à qui ? La faute à quoi, au juste ? A cette guerre intestine. N’était-il pas sensé de nier effrontément cette création abominable lui avait ôté les êtres qui avaient compté… Un comptait encore, à présent, malgré tout, ça lui faisait mal d’en être consciente.

Envers cet être elle ressentait une envie férocement réfrénée de le palper pour s’assurer de sa véracité. Impossible. Peut-être ressentait-elle seulement cette once de peur qu’il s’évapore, ou qu’au contraire, il s’encre encore plus dans ce présent. La dualité de son inclination involontaire la laissait seulement incapable de caresser autre chose qu’une la surface lisse et froide d’un verre vide quand son désir bâillonné ne se faisait que plus vivace.

« Où aurais-je pu être… »  Soupira-t-elle faiblement, ses paupières retombant une seconde sur ses iris.

Le voile se levait une seconde sur sa crainte. Indubitablement, Infamy n’aurait pu se trouver ailleurs… Pas même sous le dictat corrosif de la mort. Elle n’était qu’un temple, qu’un concept, elle-même. Comme dans ce cauchemar, cette vérité n’énonçait que son angoisse profonde que tous disparaisse et qu’elle, créature immortelle, arpente ces terres dévastées dans une solitude infinie. Impensable… Devait-elle rejeter ce cauchemar ou le muter en un résidu d’espoir ? Car, de façon impensable, être encore là à cet instant, n’était-ce pas une raison suffisante pour endurer les épreuves…

Plus la conviction approchante que ce rêve s’éternisait, plus la sorcière raffermissait sa prise sur son résidu de spontanéité. On disait, par chuchotements d’abords, par les hautes voix ensuite, que les morts remontaient des sous sols, vidaient les tombes. Elle voulaient bien le croire, la magie noire renfermait des secrets indomptés, ceux-la mêmes auxquels elle se donnaient sans réserves. Ce n’était pas que cela qui intimait ce geste, pourtant sa passion scientifique pour l’art obscur pouvait l’excuser de se laisser aller à son avidité.

Elle lâcha le verre dans un élan soudain, sans bruit, fixant sa cible avec une détermination inattendue. Aucune incertitude ne transperçait son expression concentré alors que tel un javelot, tout son corps projetait une main raidie mais curieuse vers le visage du revenant. Sa respiration se coupa nettement, seuls ses doigts atteignirent cette joue, se posant sur la peau fraiche dans un contact bref et délicat une première fois, avant d’y revenir une seconde de plus. Un sourire consciencieux, satisfait, fugace éclaira ses traits d’érudite obsessionnelle avant de se retirer avec empressement. Ce camouflage délirant faisait office de raison pour des sentiments qui remuaient d’autant plus et qu’elle réprimait au silence.

« Pas besoin de faire des calculs, je sais que tu me causeras des soucis. »  Elle marqua un long arrêt. « tant pis »  conclut-elle dans un ersatz de rire, sa singulière façon détournée d’affirmer qu’elle partageait cette solitude harassante.



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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Sam 16 Déc - 21:55


Il n'est jamais trop tard

Infamy & Prométhée

« I couldn't leave my best girl. Not when she owes me a dance ! »


   
L'on aurait presque pu croire à l'écriture passionnée d'une tragédie grecque, où sous les versets d'alexandrins, se tenaient les sentiments futiles et pourtant si puissants responsables de tant de maux. Il était face à elle, presque éteint, le visage quelque peu livide dans cette nouvelle vie qui reprenait pour lui ; loin d'une existence dont il aurait voulu, sa tragédie à lui laissait dans son cœur une cicatrice dont il se serait agréablement passé. Son regard voulant vainement l'éviter, mais emprunt d'une langueur qui le forçait à ne la pas quitter : il se serait presque offusqué d'être appelé un amant, lui, l'homme à la subtilité tendre et doucereuse, lui, le doux, l'agneau dans la cage aux loups. S'il n'en avait pas le langage, il en avait au moins les yeux. Et sur elle, encore une fois, il ne pouvait poser autre chose que des prunelles qui reflétaient les sentiments étreignant son cœur. Aux heures sombres de la nuit, quand autrefois il retrouvait ses pensées et les idées folles dont il voulait lui parler : cette fois-ci, on lui offrait la belle mais pas les mots, les sentiments, mais pas le courage de les dire.

L'homme était troublé ; bien plus que d'être revenu à la vie, il n'avait pas imaginé se retrouver face à elle. Il y avait pensé, oui, mais il n'avait pas réalisé ce que cela pouvait réveiller. Son sommeil trop long n'avait pourtant pas atténué la douleur, celle d'un amour inavouable pour une colombe qu'il ne pourrait jamais saisir. L'espoir s'était fait sentir, à de nombreuses reprises : il était désormais hors d'atteinte et pourtant, c'était bien devant elle qu'il se tenait. Sa tragédie, plus que sa propre mort : c'était peut-être bien elle. Il se souvenait du premier jour de leur rencontre, une farce mal tournée dans les couloirs de l'école, de l'encre partout, sur ses robes, sur le sol et sur leurs mains. Quelques éclats de rire pourtant, là où l'insouciance enfantine laissait la colère aux autres. Là, quand il levait le regard, il ne voyait plus l'enfant, il voyait la femme : celle qui, si elle avait le même cœur, n'était plus tout à fait la même. Elle lui avait manqué, dans son trépas : elle lui avait terriblement manqué et il était bien trop secret pour laisser les mots échapper ses lippes, à la dérobée.

Prométhée ne recula pas quand la jeune femme fit un pas vers lui ; elle glissa une main sur sa joue, comme la caresse d'une plume.. Peut-être avait-elle besoin de vérifier, de s'assurer qu'il était là, en face d'elle, en chair et en os, et non comme la vision fugace d'une nuée de poussière. L'homme ferma doucement les yeux sous son contact, c'en était presque agréable si ces retrouvailles n’étaient pas le fruit d'une attente interminable. Il était bien là. Elle pouvait le voir, lui parler, le toucher.. Elle pouvait s'assurer qu'il ne partirait pas. Pourtant, tout au fond, Prométhée songeait que, s'il était revenu à la vie d'une manière bien étrange, il pouvait tout aussi bien disparaître quand le charme serait rompu. Il n'avait aucune idée précise de ce qui avait poussé les morts à se ranimer, et quelque part, cela lui faisait affreusement peur d'y songer. Il ne comptait pas disparaître. Et il espérait bien que le temps ne le rattraperait pas.

« Je m'en irais si c'est ce que tu préfères, je ne voudrais pas être la source de tes problèmes » fit-il, quelque peu désolé d'en venir à cet instant volé au beau milieu de la nuit, imprévu, imprévisible. « Après tout je t'ai déjà causé bien plus de tord que je ne l'aurais voulu » Parce que pour elle, il aurait voulu les merveilles et les étoiles, et rien d'autre qui ne vienne troubler le visage singulier de cette jeune femme. Pourtant, il avait apporté le deuil, la tristesse et le vide ; ce qu'il était tout bonnement incapable de se pardonner. L'empathie dont il faisait preuve lui était parfois comme une souffrance, et sur l'heure, il avait presque envie de disparaître, de n'avoir jamais ranimé ces anciennes mémoires. Il aurait voulu lui demander si elle allait bien, si simplement elle menait une vie qui pouvait la contenter, mais les mots, toujours incapables de trouver leur chemin, se faisaient muets. L'homme aurait presque pu lui attraper la main, serrer doucement ses doigts dans sa paume, lui montrer qu'il était là, qu'il était revenu et que, même dans son trépas, il ne l'avait pas oubliée. « C'était peut-être une mauvaise idée.. » fit-il, jugeant peut-être que le moment était opportun pour disposer et rendre le calme habituel qu'il avait volé à cette jeune femme.
   
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Sang : Mêlé. Ma mère était une née moldue et les Borgin ne sont pas aussi « irréprochables » qu’ils le souhaiteraient, enfin, c’est surtout pour se faire bien voir. Ce n’est pas tellement un mal de mon point du vue, même si ce n’est clairement pas mon genre de m’étendre sur le sujet. Trop de consanguinité, on sait tous que c’est très mauvais. Il n’y a pas à chercher très loin pour avoir un aperçu du concept de déliquescence inhérent au manque de sang neuf Mon petit adage personnel : « Tous cousins germains, tous crétins, par Merlin. »
Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
Situation civile : Je ne suis pas une femme à marier. Si on exclus mon sang et mon nom qui n’ont rien de très glorieux à première vue, j’ai déjà des boulets accroché aux pieds. Ils commencent à avoir conscience que si je décide de les quitter pour faire ma vie ailleurs, ils ne feront que s’enfoncer d’avantage dans l’auto destruction. Je tiens la bride fermement et cela me convient très bien. Soyons franc, même si je peux me montrer charmante à mes heures, je ne suis pas quelqu’un de très sentimental. Proposez-moi mieux que ce que j’ai et peux-être que j’envisagerais de vous suivre.
Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Dim 17 Déc - 10:52



Il n’est jamais trop tard
pour un retard…




Prométhée & Infamy



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Dans leur rencontre, dès la toute première une vingtaine d’année auparavant, germait déjà les prémisses d’une dissonance qui n’avait fait que s’amplifier. Le grand Serpentard d’une prestigieuse famille victime du mauvais tour d’une petite Serdaigle au nom infamant, n’était-ce pas risible quand on y repensait ? Elle avait rit sincèrement ce jour là, inconsciente et conquérante du haut de ses 11 ans. Cette femme aurait dû être cette plume qui s’évapore dans un coup de vent, quand cette homme aurait dû être le métal résistant à la noirceur, dès la naissance.

De leurs natures profondes à leurs parents, ils n’avaient jamais été ce qu’on attendait d’eux. Les héros défunts de l’Ordre auraient applaudi cet enfant là quand ils avaient jugé outrageant les penchants de la leur. Même s’ils étaient morts, en se jugeant à travers leurs yeux un instant, Infamy savait qu’ils n’auraient jamais pu ressentir d’honneur à son contact. Et pour son homologue masculin, la réciproque était plus que véridique.

Quel démon malicieux avait donc soufflé ce maléfice sur leurs berceaux, entrelaçant les lignes de leurs mains pour les confondre ainsi et les lier dans ce vice-versa cruel ? Peut-être était-ce cette inversion de corps, d’esprit, qui les destinait à être acculé ensemble, dans l’obscurité d’un puit sans fond. Le même démon avait abattu un ciel défavorable sur ses créations maudites tout en s’amusant à les unir par des chaines invisibles et inaltérables. Que faisaient-ils d’autre si ce n’étaient jouer sur cette scène une tragédie, conscient de leurs rôles, fictifs seulement pour des spectateurs… Combien de fois avait-elle pensé se détourner ? Maintenant était le moment choisi, la scène cruciale de l’acte central. Sa réplique, ne livrant que des mots navrants, attestait pourtant d’un doute légitime qui pouvait encore faire basculer l’avenir.

Infamy avait déjà prise sa décision pourtant, pas la plus raisonnable à première vue, mais celle qui avait le plus de sens dans une plus large perpective. Sans se sentir coupable, elle ne pouvait nier une part de responsabilité dans ce trépas prématuré. Lui intimer de renoncer ou le pousser à plus de prudence, simplement le rejeter quand il était encore temps, elle avait été incapable de le faire. Il se jouait de sa dette, se défilant même de sa venue, et ça avait le don de l’irriter. La sorcière plissa les yeux, fronça légèrement les sourcils.

« Ne le sais-tu pas, depuis tout ce temps ? Je suis encore là, à porter la déliquescence. C’est ce que je fais de mieux. »  

C’était donc trop demander, évidement, de la considérer comme un élément stable qui pouvait encore permettre de limiter l’inévitable. Et au delà, juste la considérer comme une personne qui avait accepté son sors, depuis le premier jour. Il n’y avait pas de problèmes en ce temps, que cette obscure réalité qui ne leur accordait qu’un espace infime et proscrit, pour exister. Ca, la jeune femme en avait toujours été pleinement consciente, et elle avait su s’en contenter du mieux qu’elle pouvait. Qu’importait la frustration, ça avait toujours été ça, ou rien.

« Nous étions deux dans cette histoire. J’étais coupable aussi. Ne va pas t’imaginer que je regrette une seule seconde. »  

Il pouvait l’écraser, la sorcière ne ploierait jamais sous le poids, elle ne l’avait jamais fait. Ca faisait d’elle un monstre à certains égards, un monstre indispensable pour d’autres. Les choses étaient plus simples qu’elles n’y paraissaient parfois, si on acceptait enfin de se délester de son égocentrisme une seule seconde. Maintenant que son spectre se défilait, Infamy n’avait retenir un pas pour combler l’espace que ces chaines écartelaient douloureusement. Elle n’avait pas totalement perdu ce souvenir.

Si son passage devait se révéler funeste, qu’il soit proche ou lointain ne changerait plus rien à présent que sa présence avait profané ce lieu, envahi son espace personnel. A tout prendre, à tout perdre encore, même s’il se montrait indécis, la protection de ces murs était encore une chose qu’elle pouvait lui offrir véritablement cette fois-ci.

« Tu es morts, tu ne devrais même pas parler, »  sourit-elle un instant dans ce qui ressemblait fortement à une pique humoristique, corrosive certes. « Tu es venu, alors ne soit pas si timoré avec moi. Ca, c’est une chose que j’ai du mal à te pardonner. J’ai l’impression que tu parles à quelqu’un que je ne suis pas. »  

Infamy n’avait jamais été une personne facile. Une quelconque démonstration de tendresse désespéré aurait-elle été d’un grand secours dans un tel contexte ? Il pouvait lui reprocher d’être dure avec lui, pas de s’enliser dans des platitudes pour un confort dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Trop de pragmatisme arrimait tout son être à la vie, à des devoirs exigeants. En cela, son âme ne faiblissait pas, lui offrant cette force d’ouvrir sa forteresse au sujet de ses tournants. Un craquement, un couinement, l’heure venait de changer. Son visage retrouva le masque impassible qui la soutenait même devant les portes de l’enfer.  

Ce démon n’avait jamais achevé son oeuvre, elle reconnaissait sa puissance divine, toujours muette sur le tumulte qu’il engendrait pourtant. Sa morsure la consumait, séduisante, ébranlant les fondements sans trouver de refus sincère. Ce vacarme intérieur ne faisait que croitre derrière des barrières hérissées, envoyant des messages parasitaires dans toutes les directions. Comment pouvait-on laisser sa plus grande ennemie voler une fois de plus une partie de soi-même sans rien dire ? Pas même une fois elle n’avait pu se tenir sur la tombe de l’aimé, Infamy ne voulait pas avoir le faire à présent, ni jamais. Naïf et irréaliste était ce souhait irrépressible qui envahissait pourtant ce corps dont on elle s’efforçait de taire les tremblements.



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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Dim 17 Déc - 23:11


Il n'est jamais trop tard

Infamy & Prométhée

« I couldn't leave my best girl. Not when she owes me a dance ! »


 
Deux pour lier cette histoire aux tourments désespérés, deux pour noyer cette tentation divine qui n'avait fait que croitre et croitre encore avec les jours passants. Quand autrefois il avait préféré songer que cela n'étaient que des bribes éteintes d'un rêve irréel, Prométhée comprenait à présent que ses idées, parfois, germaient secrètement dans son esprit pour y cultiver la plus belle des fleurs. Si leur rencontre datait de longtemps, si leurs rencontres hebdomadaires avaient fait de ces échanges de sourires des moments attendus, il ne s'était pas préparé à ce genre d'épilogue. La belle histoire n'avait qu'une fin tragique, un drame que même les livres n'auraient su rendre à leur justice. C'était comme une falaise abrupte, une chute perpétuelle qui s'était installée à la fin du paragraphe pour y laisser le vide insensé. Un vide qui, aujourd'hui encore, s'affairait à lui ronger les entrailles : l'homme sentait toujours la douleur, le manque, tout ce qui rendait sa vie différente à présent sans qu'il ne puisse expliquer pourquoi ; il sentait ces plaies béantes déchirer son être de toutes parts, tandis qu'il voulait hurler à la mort sans que le moindre son ne sorte de sa gorge.

Aux tourments impossibles, il aurait sans doute préféré de rester mort, de gésir dans le calme le plus reposant à quelques mètres sous la terre humide et l'humus. Là, au moins, il n'aurait été le trouble de personne, et surtout pas d'elle. Au fond, il avait toujours cette impression décadente, cette flamme fugace qui parcourait ses veines pour lui rappeler qu'il ne devrait pas être là. Il avait longtemps eu cette sensation d'être inadéquat, dans beaucoup de choses qu'il avait fait et à beaucoup d'endroits où il s'était tenu. Si aujourd'hui il proposait presque de s'en aller, il n'avait pourtant pas ce sentiment. Peut-être que c'était la présence d'Infamy, ce petit battement de cœur légèrement accéléré qu'il sentait dans sa poitrine quand son regard se posait sur elle, ou bien seulement l'apaisement de voir, qu'après tout ce qu'elle avait vécu, elle s'en sortait plus qu'honorablement.

Mort, oui, il l'avait été. Ne devait-il pas parler pour autant ? « C'est que j'en aurais, pourtant, des choses à dire » Oui, et des secrets, intimes et enfouis, des aveux, profonds et émotifs, des paroles pour elle, mais aussi pour beaucoup de monde. Ce qui était le plus dérangeant, finalement, avec le fait d'être mort, cela n'avait été ni le froid ni le repos présumé éternel. Seulement.. Seulement le fait de n'avoir pas dit ces dernières choses qu'il aurait voulu dire à chacun. Des vœux de courage à son frère, un simple mot aimant à celle-là-même qui tentait l'humour.

Quelque part, Prométhée espérait sûrement qu'elle puisse comprendre ce qui l'amenait à elle en premier. Si lui était doté d'une forte propension à comprendre les émotions d'autrui, cela l'aurait fortement arrangé qu'Infamy puisse voir à quel point il se sentait étrange dans ce monde nouveau pour lui, et à quel point cet écart d'une dizaine d'années passé en si peu de temps pouvait le déstabiliser. « J'ai l'impression que cette boutique n'a pas changé » lâcha-t-il, tournant et retournant le verre entre ses mains, alors que ses yeux scrutaient alentours. Non, les vitrines étaient les mêmes, et l'intérieur, sensiblement pareil. C'était un peu comme si rien n'avait changé, et c'était peut-être ce qui le dérangeait le plus. L'homme reposa le verre sur le comptoir de marbre, au tintement léger de leur rencontre. « Je suis désolé pour le côté taciturne, il paraît que le retour à la vie ne sied pas à tout le monde, et je ne voulais ni t'effrayer ni t'importuner » fit-il, alors que les paroles se déliaient petit à petit. Le goût de l'alcool sur ses lèvres y était probablement pour quelque chose, songea-t-il, et il n'avait pas envie de laisser cette rencontre dans cet interstice déplaisant, où ils seraient deux à se regarder dans le blanc des yeux sans rien avoir à dire de plus. « Je pense qu'un second verre s'impose, ce n'est pas tout les jours que l'on aurait des retrouvailles à fêter. Particulièrement quand elles sont aussi inespérées »
 
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Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
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Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Lun 18 Déc - 1:32



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Qui, qui seulement si ce n’était l’écrivain sadique devant sa page pouvait savoir le dénouement abrupt d’une innocente amourette de jeunesse ? Pourtant, Infamy aurait dû le prévoir, le sentir, ce vent de malheur qui soufflait perpétuellement dans les corridors obscurs de cet âge acre et funeste. Aveuglé par l’invincible tendresse, cette lueur vacillante avait caché de ses artifices les sacrifices et les victimes d’un régime anthropophage.

Amourette… Voila comment elle l’avait qualifié aux prémisses, avant que cet enfant maudit ne grandisse perpétuellement, passionnément. Ce n’était qu’à la fin du chapitre qui refermait ses jeunes années que la mort était venue murmurer à son oreille que plus rien ne serait jamais pareil, que jamais elle ne pourrait poser son regard sur un homme comme elle l’avait fait pour celui-ci. Engloutie, pratiquement. La jeune fille de jadis ressemblait à présent à un portrait trompeur, l’apparence fastueuse d’une maitresse de maison faisant bonne figure, recouvrant la sueur et le labeur d’essais infructueux.

Comment, à présent ? Comment pouvait-elle ne pas s’observer dans le miroir de ce ses iris, aussi profonds et méconnues de l’océan ? Ce qu’ils lui renvoyaient appartenait à de vieilles contrés, à delà de l’horizon enragé. La sorcière avait déjà rempli les cales, instinctivement, par dévotion. Etait-elle seulement prête à prendre la mer, à hisser cette voile une nouvelle fois ?

Elle acquiesça vaguement. Son esprit devait contenir bien des questions, bien des phrases inachevés. Lui étaient-elles seulement destinées… Non, présentement, elle n’était pas sure de vouloir le savoir. Il était bien trop tard, ou bien trop tôt, pour laisser le courant l’emporter dans les abysses de ses désirs avortés. Dire que si peu, pouvaient compter autant… S’en tenir à un recours, se substituer à une porte ouverte quand les autres se refermaient, cela suffisait pour garder le cap.  


« Ai-je donc l’air si pétrifié ? »

Son coude trouva repos sur le comptoir et, dans sa suite, son visage se posa sur sa paume subtilement. Une certaine fatigue inhérente à sa journée venait progressivement l’enlacer, aidée par le choc et la boisson. Puis, par réflexe, la sorcière dégrafa le peigne lourd et rutilant ornant sa chevelure. Ce
chignon, carcan imposé enserrant son crâne prêt à exploser, lui donnait une allure plus stricte dont elle usait des bénéfices pour son commerce. Un souffle soulagée se fraya un chemin hors de sa gorge, ses doigts peignaient machinalement la cascade brune serpentant à présent sur ses épaules. Son regard perdu dans le brouillard ne s’accrocha plus vraiment à ce qui se jouait durant de longues secondes.


« Probablement… je ne peux même pas te contredire cette fois. »

Un second verre ne serait pas de trop, si bien qu’un battement de cils plus tard, ils attendaient leurs propriétaires. Non, rien n’avait changé ici… Les renégats du temps passé restaient les mêmes, peu importait combien d’autres venaient prendre place sous leurs pieds, s’ajoutant à ce cortège sombre. Disons le, elle n’avait rien fait, c’était inutile. On ne venait pas ici pour trouver de l’or et du satin. Un deuil invisible assombrissait cependant des jours et des nuits interminables. Infamy s’était imposée, poussant sans fleurir néanmoins, dans ce terreau croupissant. Des épines plus épaisses s’ajoutaient sur le fil de la vie, les racines demeuraient. Et s’ouvrir, à présent, devenait naturellement moins aisé.

Ses prunelles remontèrent brusquement, dans un soubresaut. La serrure était-elle grippée, où avait-il seulement perdu la clé dans son voyage vers l’au-delà ? Un savant mélange des deux sans doute. Sa voix était cependant la plus enchanteresse des mélodies. Le sens avait peu d’importance présentement pour peu que ce timbre unique continu de la bercer durant quelques minutes encore… Même, pourquoi pas, pour l’éternité. Car ce soir, l’inespérée entrevue se ravivait à la flamme d’un peur feu. Elle l’écoutait finalement avec une parfaite attention, au détriment de ce qu’elle avait pu dire.


« La mort t’as rendu plus taciturne peut-être, mais elle t’a aussi donné très soif, apparemment. »

D’un geste du menton, elle l’invita à boire le premier, avant de plonger ses lèvres dans l’ambre ardent. Elle se délesta d’un sourire amusé, bien plus insouciant que les précédents. Prométhée avait dix à rattraper, même si hélas, comme il l’avait fait remarqué, dans cette pièce tout était exactement à sa place.  Ne pouvait-elle pas au moins lui donner une vision plus à jour de ce qu’il en était sous les lambeaux de poussières figés hors du temps ? Ca, elle pouvait se le permettre, ce n’était que la moindre des choses pour le rassurer après l’avoir fustigé.

« La devanture est la même, disons que la caisse, elle, a changé de maitre. Regarde-donc ça. »

Flegmatique, Infamy tira une chainette argent hors du col de sa robe. Au bout pendait une petite clé dont les caractéristiques n’avaient plus de secrets pour quiconque avait déjà eu un coffre à Gringotts. La sorcière l’exposa sous la lumière avec une satisfaction sincère. En dehors du cercle familial et des banquiers, personne n’avait le privilège d’être mis dans cette confidence. Elle semblait si insignifiante cette petite chose à la dorure ternie et rayé sous cet éclairage confus. Avec qui, si ce n’était lui, pouvait-elle partager un peu de cette victoire inavouable ? Inavouable, comme ces sentiments transcendants ressentis à son contact, inavouable, comme la blessure de l’avoir arraché à ses bras meurtris. Ses yeux parlaient mieux que son langage alors qu’elle se perdait dans la contemplation éperdue de cet homme une fois de plus.



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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Mar 19 Déc - 22:34


Il n'est jamais trop tard

Infamy & Prométhée

« I couldn't leave my best girl. Not when she owes me a dance ! »


 
L'homme aurait presque été gêné d'observer ce poignet diaphane venir retirer le peigne de sa chevelure, et la cascade brune qui se laissa perler sur les épaules de la jeune femme. Une boucle soyeuse au creux de son cou, quelques murmures réprimés mais un sourire audacieux qui se montrait pourtant à peine. Il se perdit presque à observer cette clavicule finement dessinée sous les quelques mèches désormais libres de sa chevelure, osant à peine mirer quand il redirigea bien vite ses prunelles autre part. Il fallait dire que la boutique soulevait toujours un très grand intérêt quand il s'agissait d'observation : c'était une petite mine d'or où l'on pouvait trouver des pépites si l'on fouillait rien qu'un petit peu.. Un peu comme celle qui, désormais, se trouvait derrière le comptoir. Prométhée soupira silencieusement, quand les paroles romantiques de vieilles pièces de théâtre revenaient dans sa mémoire. Non, il était homme bien trop timide pour les glisser à l'oreille de cette femme. Peu importe combien il avait aimé Shakespeare, il ne voulait se lancer dans aucune entreprise qui, de près ou de loin, eut été semblable à lui faire la cour.

Ces retrouvailles avaient toujours le goût étonnant du temps passé qu'il n'avait pas vu, des années volées, défilant promptement quand il voyait les quelques balafres se dessiner dans le regard de cet autre. Infamy n'était plus cette enfant qu'il avait connu jadis, dont l'innocence avait été volée au profit d'une façade comme celle qu'elle lui présentait. Lui non plus n'était plus le même, et pour bien des raisons, il sentait que cette différence pouvait creuser un écart terrible entre eux. Cette simple pensée lui en donna des frissons désagréables ; comment pouvait-il imaginer reprendre le cours de sa vie si elle n'était pas à ses côtés ?

Ce monde, cet étrange monde dans lequel ils vivaient, lui donnait parfois l'impression que les choses auraient pu être bien différentes. Ni sa lignée ni son rang n'auraient pu prédire que Prométhée se retrouverait là, malade d'amour pour une femme qu'il n'aurait jamais pu épouser. Il songea que, si le monde avait été différent, il aurait pu faire les choses autrement, faire les choses bien. Mais le monde était ce qu'il était et le temps ne pouvait pas se rattraper ; il fallait reprendre son cours, ne pas se laisser noyer et remonter à la surface. La goût du whisky vint lui brûler la gorge quand l'homme avala une gorgée de son second verre, doucement. Cette étincelle d'alcool acheva de le ramener à la réalité.

« Dix années de soif, je dois bien rattraper cela.. » fit-il, une excuse loin d'être valable mais qui, il l'espérait, pourrait arracher un sourire à l'intéressée. Non, elle le savait, il n'avait jamais été du genre à boire plus que de raison, et seulement aux grands occasions quand les dîners et les buffets prenaient l'entièreté de sa soirée et qu'il ne voulait supporter l'hypocrisie des gens de son entourage. Finalement, elle attira son attention avec une minuscule petite clef pourtant caractéristique. « Oh, dites-donc, mademoiselle » dit-il, ses lèvres se courbant pour offrir un sourire sincère à son amie. Elle avait donc réussi à mettre à profit ce qu'elle avait pour une victoire bien méritée, et cela le rendait très heureux de voir à quel point elle avait l'air fière de ses accomplissements.

La main droite du jeune homme se rapprocha doucement pour saisir la petite clef, observant la facture de cette dernière d'un peu plus près, et les quelques égratignures que le temps avait laissé dessus comme un visage qui aurait pris quelques rides. Il la redéposa, effleurant maladroitement la main d'Infamy, ce dont il s'excusa rapidement, sans un mot mais en baissant subitement le regard. Ce geste pouvait sans doute trahir bien des choses à son égard, mais il espérait qu'elle ne le puisse pas voir. « Tu peux être satisfaite de ce que tu as accompli, et les mots manqueraient pour dire à quel point tu es méritante de tes succès, quels qu'ils soient » Oui, parce qu'elle était une femme exemplaire selon lui, qu'elle était dotée d'une force dont il pouvait mille fois s'inspirer. Cette femme, ce doux joyaux sauvagement caché aux yeux du monde : c'était sans doute ce qu'il admirait le plus.

Prométhée releva doucement le regard, la proximité soudaine se faisant troublante pour lui qu'il recula d'un pas avant de porter à nouveau son verre à ses lèvres. Le liquide ambré se fraya un passage à ses lippes, brûlant, mais pas désagréable. « Cela fait beaucoup de bien de revoir une amie, je me sens.. mieux. Il va sans dire qu'un réveil après un aussi long sommeil n'est pas évident et je.. Je me sens un peu perdu » Il avait un sacré coup à rattraper après ce temps passé dans le néant, et si Infamy lui faisait oublier tout le reste, ce vide sommeillait toujours là, quelque part. Un vide énorme qui lui donnait l'impression d'être en retard sur tout, et surtout sur elle. Avait-il loupé le coche ? Il semblait que oui, et s'il n'en montrait rien quand il contemplait ce magnifique visage, il se sentait mourir une seconde fois de l'intérieur à chaque instant où son regard se posait sur elle, et qu'il la voyait loin, inatteignable, insaisissable.
 
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Sang : Mêlé. Ma mère était une née moldue et les Borgin ne sont pas aussi « irréprochables » qu’ils le souhaiteraient, enfin, c’est surtout pour se faire bien voir. Ce n’est pas tellement un mal de mon point du vue, même si ce n’est clairement pas mon genre de m’étendre sur le sujet. Trop de consanguinité, on sait tous que c’est très mauvais. Il n’y a pas à chercher très loin pour avoir un aperçu du concept de déliquescence inhérent au manque de sang neuf Mon petit adage personnel : « Tous cousins germains, tous crétins, par Merlin. »
Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
Situation civile : Je ne suis pas une femme à marier. Si on exclus mon sang et mon nom qui n’ont rien de très glorieux à première vue, j’ai déjà des boulets accroché aux pieds. Ils commencent à avoir conscience que si je décide de les quitter pour faire ma vie ailleurs, ils ne feront que s’enfoncer d’avantage dans l’auto destruction. Je tiens la bride fermement et cela me convient très bien. Soyons franc, même si je peux me montrer charmante à mes heures, je ne suis pas quelqu’un de très sentimental. Proposez-moi mieux que ce que j’ai et peux-être que j’envisagerais de vous suivre.
Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Mer 20 Déc - 19:33



Il n’est jamais trop tard
pour un retard…




Prométhée & Infamy



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Depuis combien de lunes avait-elle bradé l’enfance, ou juste, sa jeunesse, pour se confronter aux attentes ? Bien trop, avant même d’avoir quitté les banc d’une école qu’elle avait pourtant aimé au début. Cet homme là pouvait au moins s’estimer au dessus du commun des mortels, du commun des défunts également, pour avoir su saisir ce qu’il en restait quand il était encore temps. Ca avait un goût de frustration, même pour la jeune fille d’alors. Qu’aurait-été leur présent dans une dystopie radieuse à jamais inaccessible ? Infamy refusait de s’abandonner à ce fantasme quand ce travers ne rendrait la réalité que plus insoutenable.

Ecrasés dans cette bulle, on en oubliait le temps qui s’écoulait dehors. Le voile se levait avec les gorgés fébriles rendant plus facile ce dialogue surréaliste. Le décors aurait pu fondre qu’elle serait resté là, Infamy, sans parvenir à décrocher ses prunelles de ces traits aristocratiques. Il fallait au moins ça, tout juste ça. Parce que ces chaines les retenaient l’un comme l’autre dans des sphères différentes. Se dire murmurer l’étendue de ce sentiment renégat devenait impossible, bien avant la mort elle-même. Elle était bien là cette mort, inscrite sur une pierre comme dans ces années écoulées, accablante mais généreuse dans son altération, au moins. La sorcière lâcha les brides, plissant les yeux dans un rire délicatement espiègle, aussi bref qu’inaudible, aux teintes de ce passé commun. Pourtant, il avait raison sur ce point, la soif de rattraper le temps perdu devait être abominable, peut-être autant que de l’avoir vu défiler dans un claquement de doigts sec.

Dans son absence, vers quelle échappatoire s’étaient tournées ses pensées intimes ? Vers cette reconnaissance tue, inlassablement, puisqu’il n’y avait plus que cela pour la guider. Avec lui, Infamy, non, Enigma, ce prénom aussi revenait d’outre tombe, s’était permise d’entrevoir l’indicible, tout en se résolvant à ne point l’attraper, ne point la dénaturer d’une avidité stérile. Ses souvenirs étaient là, pratiquement inscris au fer rouge dans sa chair, lignes invisibles qui se ravivaient lentement en cette nuit. Ses mains étaient froides mais ce contact furtif, aussi irréel qu’un songe, la brula vivement. Un frisson parcouru son échine mais elle tenta de garder le masque intact sous ce regard qui descendait pourtant d’un cran. Infamy était bien trop préoccupée par son propre ressenti pour discerner chez son homologue masculin une faille similaire.

« Un présent empoisonné, mais enfin, que pourrais-je espérer de plus… » Avoua-t-elle avec franchise sans que cela ne l’attriste véritablement.

Cadeau et fardeau, la balance vacillait perpétuellement. Cela lui avait permis de gravir des échelons, de s’assurer une place ici bas, en contrepartie sa liberté n’était qu’illusoire. A son orgueil ne répondait que le silence, lui interdisait strictement de faire un seul pas hors de ce sentier bordé de ronces épaisses. Durant dix ans Infamy n’avait cependant eu aucune raison valable de s’aventurer dans cette forêt d’épines. Prométhée avait osé, et finalement, n’était-il pas dans son choix funeste d’embrasser la rébellion plus courageux que la sorcière. Bêtement utopiste, voila comment elle le qualifiait pour ne pas reconnaitre que malgré tout, elle avait toujours ressenti un brin d’espoir à ses cotés. De l’admiration, pour lui uniquement, sommeillait dans son coeur.

« Rien n’a changé, ou si peu. Nous avons pris des rides, voila tout, j’en ai trop souvent l’impression. »

Ces mots se voulaient rassurants quand ses propos lui semblèrent pourtant vide de sens profond. Des centaines de tour du cadrant évaporés dans un éclair d’ébène, une vie rayée, cela ne s’effaçaient pas en une réplique indigne de cette seconde chance. Cette bêtise humaine partait d’un bon sentiment, cependant Infamy aurait voulu l’annihiler au moment même où elle s’était aperçue de sa vacuité. Trop tard. Cette tendresse anesthésiant son jugement n’avait d’autre réceptacle plus flagrant que lui. Elle bu, il n’y avait que cela à faire pour ensevelir les réminiscences loquaces d’une affection de plus en plus mal contenue.

Puis…

Un fracas transperça la nuit, sonnant tel un cor de guerre, symphonie alarmante au centre cette chape veloutée. Là était la note finissante d’un instant de répit, illusoirement figé dans une éternité friable. L’abject tambourinait sur la vitre tel le diable venant chercher son contractant. Infamy reconnaissait ce son, la répétition brutale et chaotique de ce bruit assourdissant, sa tempête avinée agitant la ruelle endormie. Le premier visiteur nocturne l’avait surprise quand le second, même s’il la fit sursauter imperceptiblement, n’avait laissé rien d’autre qu’une irritation remonté brusquement jusqu’à son cou raidi, son visage se refermant fatalement.

Infamy fixa la porte tremblante avant de revenir vers Prométhée. Il ne devait pas rester ici. L’abject braillait déjà ce nom, Infamy, sans se lasser, certainement surpris par les écrans obscurs envahissant les fenêtres. Heureusement, sa bêtise et son taux d’alcoolémie présent le rendait aveugle au désordre perceptible. Le laisser s’épuiser, rejeté par des sors antiques ne chagrinait même pas sa nièce.

« Laissons le grogner, il ne sait faire que ça.» Affirma Infamy en haussant les épaules, juste avant de se redresser promptement, sa baguette déjà entre ses doigts. Elle effaça les verres dans la foulée, attrapa cependant la bouteille et glissa entre le lourd rideau de pampilles ternes délimitant l’entrée obscure de l’arrière boutique. « Suis-moi. Il vaut mieux pour toi qu’il ne te trouve pas ici, même s’il sera incapable de te reconnaitre pour le moment. »  

Dans ce couloir étriqué se trouvaient trois portes et un escalier moisie recouvert d’un tapis élimé. Ce fût ce dernier que la sorcière grimpa sans se retourner, avec un empressement légitime. Au dessus, l’atmosphère funèbre de la maisonnée ne contrastait en rien avec l’étroitesse d’un second couloir, des tapisseries défraichis et des décorations macabres gisant sur les murs. Ce n’était que le début d’une ascension qui conduisait jusqu’aux combles dans un malaise silencieux nécéssaire.

Jamais Prométhée n’avait pu se hisser jusque dans les tréfonds vastes et sinueux de ce décorum lugubre. Ce n’était là qu’un aperçu sinistre d’un lieu désolé où se terraient des fantômes et dans lequel Infamy avait passé la moitié de sa vie. Cette toile sordide en révélait bien plus sur sa personne que ne l’aurait fait des flots incessants de confessions. Sa prison n’était pas plus dorée vu de l’intérieur, son aura sépulcrale, monstrueuse, ne faisait que contraster avec l’apparence soignée de celle qui y était résidente permanente. Un cauchemar, son cauchemar, celui là même auquel elle s’agrippait corps et âme pour ne pas sombrer.  


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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Mer 20 Déc - 22:47


Il n'est jamais trop tard

Infamy & Prométhée

« I couldn't leave my best girl. Not when she owes me a dance ! »


 
L'envers du décor était parfois de ceux que l'on attendait pas, une pure illusion brouillant la vue du commun des mortels sur le cas des autres, une image mortellement banale pour ne pas faire cas des souffrances insoupçonnables. Oh, l'envers du décor, derrière ce grand rideau théâtral qui triait le trait entre le jeu et l'être, Prométhée le connaissait bien, et il en avait fait les frais. La dualité imposée par ce fin jeu d'acteur n'était qu'une supercherie avec laquelle il avait pensé qu'il se tirerait, quand en réalité elle avait sonné le glas pour lui et planté le glaive dans sa poitrine. Aucune justice n'est jamais la bonne, songea-t-il alors qu'elle lui intimait quelques paroles au sujet du vieux qui cognait aux fenêtres. Aucune justice ne peut rendre à l'un et à l'autre ce qui leur revient ; et comme souvent l'on entend dans les allées, si l'on veut un gagnant, il en faut forcément un pour perdre. De perdant, c'était sûrement lui qui en avait le plus beau rôle : mais dans l'histoire, était-ce lui qui avait le plus perdu ? Une vie contre dix années de deuil pour elle ou pour son frère, la différence n'était pas difficile à faire, et pour lui, c'était largement peu payé pour sa part.

La carreau opaque se faisant martyriser criait sous les tempêtes du vieillard alcoolisé, alarmant la jeune femme qui, d'un simple geste, camoufla leur entrevue ici. Plus une trace, les verres évaporés comme si aucune bribe de cette discussion n'avait eu lieu. Elle avait attrapé la bouteille avant de l'entrainer dans le couloir sombre dissimulé derrière un épais rideau, et là, il se retrouvait derrière le beau décor de la boutique, dans l'antre mystérieuse où jamais n'avait-il mis les pieds auparavant. Les marches de l'escalier se mirent à couiner sous ses pas, plaintes fulgurantes des murs qui avaient déjà bien trop vécu et bien trop vu. Sa main sagement déposée sur la rambarde, l'homme daigna à peine jeter un coup d’œil en arrière qu'il suivait sa guide sans questionner ses intentions.

Là, ils se retrouvèrent dans un étroit corridor, dont les murs, hauts mais étrangement sombres, lui donnaient l'indélicate impression de se trouver dans un cercueil. Ces murs, sous leur tapisserie aussi jeunes que la maison, semblaient cacher bien des secrets dont il n'aurait pu se douter ; sous leur peinture macabre se tapissaient les tourments impensables d'une jeune dame qui pourtant ne jetait aucun regard en arrière. Elle filait, la gazelle, et Prométhée faisait son possible pour la suivre dans le dédale sombre de couloirs, où aucune autre lueur que celle de la lune filtrant au travers de quelques minuscules carreaux ne venait se jeter sur l'endroit.

Ce lieu, soudainement, lui donna des frissons désagréables dans tout le dos ; un courant d'air glacial qui s'échappait d'entre quelques planches, l'odeur du bois vieilli par les années, mais au milieu, cette fleur à peine épanouie qu'il avait l'impression de voir se refermer. Comme si l'ombre venait les terrasser, les anéantir.. Non, pas l'ombre, de la lumière, de la lumière et de l'espoir, par pitié.. Un élan de supplications silencieuses qui poussèrent Prométhée à saisir cette main délicate qu'elle ne lui avait pas proposée.

L'instant sembla se figer dans la glace, miraculeuses petites secondes de répit égrenées par un sentiment de soulagement aux antipodes de ce qu'il aurait pu espérer. Ce contact aussi furtif qu'impromptu se fit bref, mais il aida le cœur de l'homme quand la noirceur le gagnait bien trop vite. Au bout du couloir, quand finalement elle poussa une porte et que l'on entendit le vieux beugler son nom en bas, le cœur de Prométhée ne s'était toujours pas calmé. Était-ce donc ici qu'elle vivait ? Ce lieu, cette chambre, ce couloir atrocement sombre et piteux, lui donnaient la terrible impression qu'il découvrait le revers de cet infernal rideau de théâtre. Quel rôle jouait-elle, derrière ce dernier.. ? « Infamy.. » murmura-t-il, se rapprochant d'elle par réflexe plus qu'autre chose, comme s'il craignait l'obscurité et les fantômes de cet étonnant manoir, alors qu'ils s'engouffraient tous deux dans une nouvelle pièce.
 
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Sang : Mêlé. Ma mère était une née moldue et les Borgin ne sont pas aussi « irréprochables » qu’ils le souhaiteraient, enfin, c’est surtout pour se faire bien voir. Ce n’est pas tellement un mal de mon point du vue, même si ce n’est clairement pas mon genre de m’étendre sur le sujet. Trop de consanguinité, on sait tous que c’est très mauvais. Il n’y a pas à chercher très loin pour avoir un aperçu du concept de déliquescence inhérent au manque de sang neuf Mon petit adage personnel : « Tous cousins germains, tous crétins, par Merlin. »
Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
Situation civile : Je ne suis pas une femme à marier. Si on exclus mon sang et mon nom qui n’ont rien de très glorieux à première vue, j’ai déjà des boulets accroché aux pieds. Ils commencent à avoir conscience que si je décide de les quitter pour faire ma vie ailleurs, ils ne feront que s’enfoncer d’avantage dans l’auto destruction. Je tiens la bride fermement et cela me convient très bien. Soyons franc, même si je peux me montrer charmante à mes heures, je ne suis pas quelqu’un de très sentimental. Proposez-moi mieux que ce que j’ai et peux-être que j’envisagerais de vous suivre.
Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Jeu 21 Déc - 15:33



Il n’est jamais trop tard
pour un retard…




Prométhée & Infamy



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Borgin, ce n’était qu’un nom comme un autre, reflétant pourtant si justement de sa consonance sulfureuse la déliquescence inhérente à ceux qui portaient sa bannière gorgée de poison génération après génération. Ce dédale de salons et de chambres décédés s'encombrait de reliques croulantes et cauchemardesques, d’antiquités maléfiques aux ombres menaçantes, témoins des activités contre nature de ses occupants successifs. Ses parquets et ses murs suintaient d’une essence putride, l’air saturé de miasmes délétères s’engouffrait dans chaque interstice. Les abus de magie noire détruisait tout, même ses fidèles serviteurs, rongeant les chairs jusqu’à ne laisser que la peau sur des os pourrissants.

Cette atmosphère omniprésente et oppressante qui s'agrippait à eux, Infamy n’y prêtait plus autant d’attention. Posés sur ses épaules comme de fidèles compagnons, la sorcière laissait ces spectres malingres extirper son sang dans ses veines respiration après respiration, sans même luter. Cette angoisse viscérale était toujours encrée là, ténue et mal-digérée, dans son foie écoeuré. Si elle ne se retourna point, la recherche de son secours la réfréna cependant dans sa course, tout en lui intiment d’ouvrir les yeux sur ce qu’elle ne voyait plus depuis des lustres. Des bribes de ce désespoir s'infiltrèrent en elle à travers ce contact inespérément chaleureux au coeur des ténèbres. Un caveau n’était pas plus chargé d'effluves venimeuses que cette antichambre méphitique des perversions humaines. Comment avait-elle pu s’oublier dans cette hallucination labyrinthique fétide dans laquelle elle l’avait entrainé à sa suite comme si de rien n’était.

Le guide avait pressé finalement le pas pour écourter une expérience qu’on devinait aisément désagréable, même pour un invité récurrent. Émergeant sous les tuiles luisantes, grinçantes et tièdes, non là où elle dormait difficilement quelques heures par nuit, Infamy ouvrit la première porte à sa droite avant de se glisser dans la pièce plongée dans l'obscurité la plus totale.

Son rôle n'était ni enviable, ni haï, il était immuable et salissant. A force d'arpenter ces corridors hantés, un jour elle ne serait qu’un portrait de plus, grimaçant au coté des ces prédécesseurs tous aussi sévères et altérés par le devoir. Pourquoi ne pouvait-elle donc pas claquer cette porte, s’enfuir comme n’importe qui d’autre l’aurait fait dans cette situation ? Le vieux Borgin était son sosie parfait, celui qui plaçait finalement son seul espoir sur ses épaules si frêles en apparence. Il était son mentor, son professeur, celui dont elle partageait bien des instincts en plus du vermeil scandaleux du sang.

Tel un enfant apeuré par les monstres de fumée se tapissant dans cette nuit glaciale, Infamy senti la présence de Prométhée se raccrocher à sa solidité quand sa voix tomba comme une plainte déchirante. Elle ne le distinguait pas dans l’obscurité opaque, ou si peu, par cette infime touche de lumière subsistant dans ses yeux. C’était suffisant pour lui communiquer l’angoisse naturelle qui s’était saisie de lui et ne le lâchait pas. Pratiquement la même que la sienne lorsque l’orpheline de jadis avait dû faire face à son premier deuil dans cette maison qui la terrorisait tout autant que sa famille de dégénérés. Perdue, exclue, abandonnée à ce monde qu’elle ne reconnaissait pas et qui était simplement effroyable.


“Je sais”  murmura-t-elle à son tour avec une douceur empreinte d’une compassion sans concession dans une caresse brève mais rassurante. Ce geste spontané était dénué de tout calcul, l’expression, à peine hésitante dans le noir, de son empathie sincère, à l’image d’une amie qui avait déjà traversé une épreuve similaire. Puis, une lumière verdâtre se leva lentement sur la chambre et les vestiges de la vie d’un jeune homme parti lui aussi dans la fleur de l’âge. Déjà elle se reculait, posa la bouteille sur un bureau recouvert d’une épaisse couche de poussière. Juste à coté, un carnet traînait là, ressemblant à s’y méprendre à un journal intime venu d’un autre âge mais qui avait été consulté fréquemment par une orpheline désemparée.

C’était ici qu’avait vécu Malcendre Borgin, son père, avant de tourner le dos aux valeurs, où plutôt à l’absence de valeur familiale. Chaque détail, parfaitement intact, renvoyait plusieurs décennies en arrière sous un épais voile de poussière accumulé. Un lit massif et mal arrangé dans un angle de la pièce jouxtait l’unique fenêtre, camouflée par lourd rideaux délavé. Plusieurs meubles de rangements héreroclites, un fauteil défonçé, une bibliothèque débordant de vieux bouquins d’école, un tourne disque rustique, un large bureau usée, tout cela s'accumulait dans le désordre. Une écharpe aux couleurs de serpentard avait été abandonnée sur le rebord du lit, des photographies jaunissantes mettant en scène des adolescents souriants étaient encore épinglées aux murs, quelques posters, quelques articles de journaux découpés s’entassaient, du matériel de quidditch vieillot, des fioles pleines d'expérimentations juveniles… Tellement de souvenirs évanouies, cependant bien moins froids qu’on aurait pu le penser.  

Infamy jeta rapidement quelques sorts méthodiquement, nettoyant succintement ce lieu déserté pour le rendre plus accueillant pour son hôte d’infortune. Elle en profita pour isoler les sons, confiner les traits de lumières s’évadant sous la porte. C’était plus sûr, même si personne n’avait pas mis les pieds ici depuis bien longtemps.


“ Tu devrais être tranquille ici, plus que je ne le suis.”  

Une invitation à rester, à demi-mots, terré certes mais dans un espace où elle pouvait encore le garder en sécurité. C’était ce qui comptait le plus plus l’instant.



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Dernière édition par Infamy Borgin le Ven 22 Déc - 1:00, édité 1 fois
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Jeu 21 Déc - 21:50


Il n'est jamais trop tard

Infamy & Prométhée

« I couldn't leave my best girl. Not when she owes me a dance ! »


 
La pièce dans laquelle ils débouchèrent ne lui laissait rien pressentir de meilleur que les affreux couloirs lugubres et putrides qu'ils avaient traversés. Prométhée sentait ce malaise se faire grandissant, comme des épines qui venaient une à une s'incruster dans sa colonne vertébrale. Il sentait les courants d'air trop froids s'insinuer dans leur discrète échappée, et pourtant, cette grande pièce découpée d'une façon étonnante ne lui inspirait rien de meilleur. L'endroit lui était étranger, jamais auparavant n'avait-il mis les pieds ici, et il comprenait pourquoi. Les murs étaient recouverts d'une tapisserie déjà lavée par les années, dissimulée sous une couche de poussière qui laissait entendre qu'on eût pas entré dans cette pièce depuis des lustres déjà. L'ameublement, les objets en tout sens qui investissaient le moindre recoin de la chambre montraient aussi que c'était peut-être le même débarras que dans la chambre qu'il avait lui-même habité au 12 square Grimmaurd : un fouillis bigarré de souvenirs, de poussière et d'oubli.

Les yeux de Prométhée balayèrent la pièce sans trop savoir ce qu'ils faisaient ici, pourquoi elle avait fui comme un lapin dans ce couloir effrayant et pourquoi ils se retrouvaient là tous les deux, le cœur battant. Il ne disait rien, le silence macabre reprenant l'exacte place d'où on l'avait préalablement chassé. Sa pénitence était loin d'être tenue, et quelque part, ces corridors qui sentaient le cadavre et la mort ne lui étaient qu'une sorte de souvenir familier. La mort, il la connaissait comme une vieille amie à qui l'on tient compagnie dans ses dernières heures, auprès de la cheminée et du bois qui hurle sous la brûlure, avec un vieux tricot et une rétrospective terne et sans vie sur sa propre existence. Il la connaissait comme une amie trop proche, trop fidèle, qui venait juste de lui tourner le dos. La présence d'Infamy aidait à taire ce mal sans nom, cette impression d'avoir été trahi par celle qui lui avait tenu compagnie pendant près de dix ans. Cette seconde vie lui donnait presque des allures de jeune divorcé, de veuf. Son regard emprunt d'une certaine tristesse qui ne le quittait plus, il s'arrêta finalement sur Infamy.

La jeune femme lui donna vaguement l'impression qu'elle était aussi déstabilisée, fragilisée. Cette mésaventure, course-poursuite au travers des méandres et noirceurs maudites les avait perdus tous les deux. Il était incapable de faire un pas vers elle ou de dire un mot, l'observant simplement remettre de l'ordre dans la pièce et camoufler leur indésirable présence ici. Elle sait. Elle sait mais elle ne dit pas, elle ne dit rien. Les mots avaient pourtant toujours un écho paisible au creux de son oreille et Prométhée aurait volontiers besoin de l'aide de cette précieuse amie. Aussi précieuse que l'avait été la mort, mais laquelle était la plus vivace ?

L'écusson familier des serpentard qu'il repéra sur une écharpe lui rappela quelques souvenirs. Il trouva des visages sur les photographies, des traits qui n'étaient pas sans être semblables à ceux de la jeune femme. « Est-ce la chambre de ton père.. ? » osa-t-il demander, quand elle laissa comprendre qu'il pouvait y rester. Il aurait voulu refuser, mais il n'avait nulle part où aller, et il le savait bien. Scandaleux était-ce que de jeter le pain qu'on distribue à un affamé, et aussi tiède qu'il soit, il lui fallait le manger.

L'homme laissa ses mains se délier, le bout de ses doigts retraçant la bordure du bureau ouvragé, délicatement. Cette pièce non plus ne le mettait pas tellement à l'aise, et il allait probablement s'y retrouver seul, perdu au milieu des antiquités et du temps alors qu'il avait déjà peur de sombrer à nouveau. Il lui en avait fallu du temps, pour s'attirer jusque ici, et pourtant au creux de ses yeux l'on pouvait toujours lire l'inquiétude phénoménale qui émanait de tout son être. « Est-ce que tu vas partir.. ? » demanda-t-il, une question étrange mais il avait simplement peur de s'y retrouver seul et perdu. Il aurait voulu lui dire qu'il n'avait aucune envie de rester dans cette pièce, mais il était trop reconnaissant pour refuser l'aide qu'elle lui apportait présentement. Il avait peur, terriblement peur de la nuit tombée, des fantômes du passé et de toutes ces choses qui tournaient en boucle dans sa tête. Infamy, elle, était ce point d'ancrage à la réalité qu'il avait retrouvé, et si sa présence l'apaisait un peu, il craignait déjà son départ.
 
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Âge : 34 ans
Sang : Mêlé. Ma mère était une née moldue et les Borgin ne sont pas aussi « irréprochables » qu’ils le souhaiteraient, enfin, c’est surtout pour se faire bien voir. Ce n’est pas tellement un mal de mon point du vue, même si ce n’est clairement pas mon genre de m’étendre sur le sujet. Trop de consanguinité, on sait tous que c’est très mauvais. Il n’y a pas à chercher très loin pour avoir un aperçu du concept de déliquescence inhérent au manque de sang neuf Mon petit adage personnel : « Tous cousins germains, tous crétins, par Merlin. »
Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
Situation civile : Je ne suis pas une femme à marier. Si on exclus mon sang et mon nom qui n’ont rien de très glorieux à première vue, j’ai déjà des boulets accroché aux pieds. Ils commencent à avoir conscience que si je décide de les quitter pour faire ma vie ailleurs, ils ne feront que s’enfoncer d’avantage dans l’auto destruction. Je tiens la bride fermement et cela me convient très bien. Soyons franc, même si je peux me montrer charmante à mes heures, je ne suis pas quelqu’un de très sentimental. Proposez-moi mieux que ce que j’ai et peux-être que j’envisagerais de vous suivre.
Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Ven 22 Déc - 1:01



Il n’est jamais trop tard
pour un retard…




Prométhée & Infamy



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Ce n’était pas le meilleur refuge, il était contigu à ce mal résidant entre chaque briques, et plus encore, contigu à Moevius. D’ordinaire, elle était loin de le craindre et pourtant elle avait appris à reconnaitre ses facettes les plus abjectes, à s’en préserver comme d’une maladie contagieuse. Aussi avinée que l’abject fut, il n’en demeurait pas moins bavard, et donc, dangereux pour la subsistance d’un quelconque secret. Briser le silence entourant ce retour ne revenait définitivement pas à cet être scandaleux. Cette décision appartenait pleinement et inconditionnellement à Prométhée. Si elle ne disait rien de ce qui l’habitait, respecter sa venue miraculeuse jusqu’à elle avant d’autres, ô combien précieux, n’était pas un détail crucial que sa fidélité se serait permise de bafouer aussi bêtement. Devant la restriction drastique de solutions évidentes, Infamy avait fait au mieux avec ce qu’elle avait à porté de sa main. Cette chambre était la plus discrète, perchée en haut d’une tour méprisé par ceux qui vivaient encore au dessous.

Peut-être lui en voulait-il déjà ? Quoi d’autre, cette détresse transpirait dans une expression d’une infinie tristesse qu’on ne pouvait éluder. C’était son erreur, mais une erreur qui n’avait d’autre but que de les protéger sans attendre la seconde décisive. Elle était presque navrée de cette alternative imposée quand, hélas, elle n’en voyait aucune autre viable sur le moment. Que faire de plus, quand l’inviter à entrer plus intimement dans son monde lui paraissait malvenue dans son état de faiblesse déjà avancé. Transparente, chancelante, elle n’aurait osé s’observer dans un miroir tant la peur de fissurer son masque lui était insoutenable. Faillir, perdre ce que lui restait…

La question redouté vrilla ses tympans quand elle pâli inévitablement devant cette abominable vérité. Parce c’était trop franc, brusquement, dans cette bouche là. Il s’agissait bien là des restes défaillants de ce qui l’attachait à un père qu’Infamy avait l’impression urticante de n’avoir connu qu’une fraction d’heure, pendant que sa vie s’égrainait avec une lenteur défiant ouvertement la course du temps. Cela attendait-il vraiment une réponse, les visages sur ces photos avaient la pureté du cristal. Elle baissa les yeux, fixa la bouteille en se retenant sur le rebord inégal du bureau. « Oui »  se résolu finalement à avouer une voix faussement ferme, seulement perturbée par le tintement de la bouteille ouverte à l’arraché, plaquée sans management contre ses lèvres dans un ultime besoin de contenance. La longue rasade brûla sa gorge, atténuant un peu sa gêne tout de même.

Allait-il s’enfuir à présent ? D’autres auraient déserté bien avant, pour des raisons bien moins valables que l’angoisse que ce musée puant la naphtaline causait à son ami. La morsure pernicieuse du temps ne se laissait berner par aucune pitié. Vieille, usée, déjà. Ses bras avaient-ils déjà perdu leur vigueur première, n’étaient-ils même plus capables de retenir un être si cher ? L’avaient-ils été un unique jour ? Avilie et malmenée par sa compassion autant que par son égoïsme, Infamy aurait voulu pleurer quand les larmes se pressant contre ses paupières ne faisaient que se cacher derrière le rideau de l’alcool. Elle détestait ça, se sentir vivre, se sentir ivre d’un être qui ne lui appartenait pas. Une douleur lancinante transperça son coeur à la constatation de son impuissance devant l’affliction étreignant Prométhée devant ce spectacle d’une laideur écœurante.

Infamy ne les attendaient plus, ne les entendaient pas, ces mots s’extirpant du gouffre du désespoir. En suspens, cette requête se figea dans l’air tiède un moment, pendant que la sorcière reprenait son souffle. Ses yeux brillants et humides remontèrent vers le revenant lentement éclairés d’une incompréhension certaine. Cette femme s’était plus envisagée comme un outil que comme un humain. Elle avait tenté tant bien que mal de se convaincre jusqu’à présent que cet état de fait lui convenait parfaitement. Ce qui n’était pas un tord avec le reste de l’humanité ne pouvait pas s’appliquer à lui sans la blesser. Et là, la sorcière se retrouvait prise au piège de sa propre perception dénaturée des relations humaines, rendue muette par sa surprise d’être encore considérée comme plus que le mur porteur de cette maison.

« partir ? »   L’articulation laborieuse laissa filtrer une naïveté résurgente. C’était pourtant limpide si elle acceptait d’écouter ses émotions : pas tout de suite, pas tant qu’il voudrait bien accepter sa présence, pas tant qu’elle n’y serait pas formellement contrainte. « Je crois que je ne le veux pas. Pas du tout… même si tu arrives effectivement si tard que je ne suis plus sure de savoir encore comment m’y prendre autrement qu’en menant la danse à ma façon. Pardonne-moi, il y a bien trop longtemps que je ne suis plus qu’une chimère.»  


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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Sam 6 Jan - 17:37


Il n'est jamais trop tard

Infamy & Prométhée

« I couldn't leave my best girl. Not when she owes me a dance ! »


 
Ces mots, prononcés en réponse à une simple question, eurent pourtant dans son cœur l'effet d'une balle de plomb. C'était quelque chose d'infiniment difficile à décrire, à comprendre, et pourtant Prométhée posait sur cette femme un regard empli d'une douceur évidente, bien trop évidente pour qu'elle ne s'évapore aussi rapidement. La douleur qu'il ressentait dans son cœur n'avait d'égal que ce sentiment lancinant qu'il avait pour elle ; des tourments inavoués, inavouables, qui étreignaient son palpitant dans la plus délicieuse des tristesses. Elle n'était pas mêlée de colère, ni d'aucune forme d'affligement que ce fut, non. Elle était simplement là, cette peine effroyable, et elle murait l'homme dans un puits sans fond.

Il avait beaucoup de choses au bord des lèvres, des aveux qu'il ne dépeindrait jamais, des mots qu'il n'aurait jamais le courage de lui glisser, là, juste au creux de l'oreille. Il y avait beaucoup de choses qui savaient se succéder dans son esprit, et pourtant, lorsqu'il releva le regard pour le poser sur la demoiselle, il avait l'impression soudaine qu'il pourrait lui livrer le moindre de ses secrets. Bien sûr, ce n'était qu'une impression ; délicate et fugace, elle ne resterait à jamais qu'une pensée malhabile sans se concrétiser, sans jamais faire éclore le bourgeon d'une fleur magnifique qu'il lui cachait depuis si longtemps. Il était le seul à la savoir là, quelque part au fond de son cœur. Elle y était depuis bien longtemps maintenant, et elle était l'épineuse douleur qui brisait ses espoirs quand il songeait à leur avenir.

Rien, non rien ne leur était possible. Dans ce silence difficile, Prométhée soutenait à peine les prunelles de la jeune femme, parce qu'il savait que dans ces nombreux non-dits, il y avait trop de choses qu'il ne pouvait pas assumer. Sa mort, sa mort avait été la délivrance ; à toutes ces échappées belles, à toutes ces lettres jamais envoyées, à ces mots meurtris au fond de sa gorge, à ces espoirs en mille morceaux éparpillés, il ne pouvait dire qu'une seule chose : le silence des morts est la meilleure des consolations.

Il aurait épargné Infamy aussi, s'il était resté terré sous ce monticule de terre poussiéreuse où on l'avait placé, si personne ne s'était mêlé de ce foutu voile qui le gardait loin de la vie et de l'existence douloureuse qu'il aurait à reprendre ici. Il voyait la détresse se lire sur les traits de celle qu'il aimait, scandaleusement épargnés par une gorgée d'alcool. L'homme resta un moment à l'observer en silence, sans rien dire. Qu'aurait-il pu dire, véritablement ? Que pouvait-il bien lui dire pour la sortir de cette torpeur dans laquelle il était lui-même plongé ?

Il n'avait jamais pensé qu'elle aurait pu couver un tel secret pendant son absence, une partie cachée derrière cette boutique qui contait la vie d'une femme qui n'avait pas eu le choix dans son existence. Une énigme à jamais indéfinie qui se murait dans les placards pestilentiels de cette demeure, à s'en fondre avec les tapisseries poussiéreuses. Prométhée ne tenait plus face à cette douleur, celle qui marquait les traits de cette femme, celle qui serrait son propre cœur encore tiède à l'en rendre malade. Non, ces mots-là, ceux qui brûlaient ses lèvres depuis plus d'une décennie méritaient qu'on les laisse filer.

Il ne chercha plus à contrôler, ils n'étaient que deux face au reste du monde, alors qu'est-ce que cela pouvait bien changer ? Des réminiscences d'un souvenir pourtant si lointain, mais encore terriblement vivace continuaient de l'assiéger. « Ce baiser que tu m’as donné hante mes jours et mes nuits.. » murmura-t-il, ses prunelles désormais accrochées à celles de la jeune femme, mais pas moins craintives et anéanties. « Dans mes cauchemars, il ne m’en reste plus qu’une cicatrice qui ne se refermera jamais. Tu t’es emparée de mon cœur et tu le mets au supplice » Des aveux purs, difficiles, et qui perçaient toujours un trou béant dans son ventre à mesure que les mots passaient ses lèvres. Un amour impossible révélé, des promesses égarées et un cœur sur le point de se briser une nouvelle fois.
 
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Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)
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