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 Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)

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Infamy Borgin
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Sam 6 Jan - 21:31



Il n’est jamais trop tard
pour un retard…




Prométhée & Infamy






Infamy avait toujours peinée à mettre des mots sur ce qui les liait, parce qu’il n’existait pas dans le vocabulaire l’ombre d’une consonance pour définir cette relation. Des cases, amis, amants, aucune ne correspondait. Entre eux il y avait trop de silence, un masque de fer chauffé à blanc pour les empêcher d’exprimer un sentiment dévastateur qui avait eu l’audace de naitre et de grandir dans cette cage stérile. La mort les avait séparé avant même qu’ils ne parviennent à s’accorder. C’étaient bien elle pourtant qui parvenait dans ce supplice délectable à déterrer les secrets scandaleux les plus enfouies. A croire qu’elle voulait ouvrir ce dialogue inconfortable, laissée par cet antique ballet muet. Ce qu’ils avaient été et ce qu’ils n’avaient pas été, s’était jadis envolé dans une fraction de seconde. Ce jour funeste avait offert dans son cortège funéraire les clés d’une compression tardive.

Elle avait aimé ! Elle aimait encore, comme personne d’autre n’aurait su le faire. Sans attendre plus, feignant de l’ignorer à chaque entrevue tout en se noyant dans l’encre de ses yeux. Les mêmes iris océaniques qui la transperçait à présent. Ceux contre lesquels sa raison, son jugement, sa force vitale ne pouvaient lutter qu’en vain, elle qui ne vivait néanmoins que par eux. Ca n’avait pas de sens, et quelle importance, elle avait passé le cap de la déraison en ouvrant la porte de son univers sordide. Maintenant, aucune souffrance n’aurait pu lui faire tolérer de le savoir encore réduit à une stèle de pierre glaciale et un cimetière de souvenirs tièdes. Maintenant, elle lui en aurait voulu de ne pas être là, de l’épargner, tout en sachant à quels tourments vifs elle s’exposait volontairement. Quelle chance était-ce là ? Quelle malédiction ?

Un fin sourire étira ses lèvres dans une infinie tristesse. Une larme perla finalement sur sa joue droite, que la sorcière essuya instinctivement comme si elle ne pouvait supporter de sentir cette goute humide si symbolique la dénuder d’avantage. Elle se rappelait avec trop de clarté cet instant d’insouciance, en ces jours où elle était plus téméraire. Ce geste imprudent et fugace avait été le témoignage irrépressible d’un attachement dont elle ne savait que faire. Infamy l’avait toujours pensé oublié, sans grandes conséquences. Voila que ce fantôme resurgissait des tréfonds du passé emprunt d’une gravité qu’elle croyait depuis toujours inexistante dans l’esprit de Prométhée.

L’alcool engourdissait déjà ses membres, entérinant un peu sa stupeur face à cet aveu impossible. Ses mots la plongèrent dans une languissante confusion. Etait-ce là un reproche voilé au delà de cette déclaration inespérée ? Son aveu, elle l’avait fait ainsi, naïvement, sans en maitriser les nuances. Avait-il seulement compris quand elle s’en cachait sous un soupçon de désinvolture ? A présent, devait-elle se sentir coupable de cet affront alors qu’il été resté emmuré si longtemps ? Oui, certainement, puisque déjà elle se sentait assailli par le sentiment que son débordement avait causé bien du tord. Ce n’était pas assez pour regretter. Non, jamais, ce n’était pas un acte qu’elle avait le loisir de modifier, et certainement pas un souvenir qu’elle souhaitait altérer. Elle le chérissait bien trop, il la hantait au même titre que lui, et elle avait accepté de s’y confronter douloureusement à sa perte.

« Je ne le reprendrai pas, pas plus maintenant que ce jour là. »

Elle pouvait paraitre cruelle, elle en avait conscience, d’autant plus son ton était dénué de toute frivolité. Sa franchise répondait à la sienne, sans même une hésitation. La sorcière n’aurait su faire autrement ou même retenir les mots qui se pressaient sans concession contre ses lèvres. Infamy pouvait retenir les tremblements, son corps s’affaissait déjà. Elle avait été brusque même si sa voix reflétait assez mal sa faiblesse. Cependant, lorsqu’elle préféra s’assoir, assez maladroitement, on ne pouvait ignorer qu’elle était tout aussi ébranlée.

Laborieusement, elle respira longuement, son regard s’égarant dans un brouillard lointain dans une expression sereine inattendue. Ce qu’elle donnait à voir d’elle-même à présent, elle ne voulait pas y penser. Elle avait le sentiment qu’après cette révélation ce n’était qu’équité entre eux, et cela la soulagea.

Le serrer, voler un peu de cette chaleur supposée, juste une fois… Etait-ce donc trop ou simplement illusoire, quand même les mots étaient si difficiles à prononcer ? Ils revenaient encore, indomptés, frappant aux portes avec fureur jusqu’à ce qu’elle concède un peu plus de terrain. Le jour viendrait assez vite, une décennie s’était déjà égarée, alors, qu’y avait-il encore à perdre qui ne fût déjà enterré ?

« Si je devais t’embrasser dix-mille fois pour que tu sois immortel, j’oserais encore le faire. Ce monde…  Non, toi. Me laisserais tu seulement faire ? »



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Prométhée Black
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Dim 7 Jan - 15:27


Il n'est jamais trop tard

Infamy & Prométhée

« I couldn't leave my best girl. Not when she owes me a dance ! »


 
Ils avaient filé, indomptables, libres, au scandale égarés par des méandres impossibles.. Les mots avaient passé ses lèvres sans ménagement aucun. Ils étaient à la fois comme un soulagement ultime après une souffrance qui lui eut semblé pérenne, mais ils étaient tout aussi douloureux à entendre. Leur écho, faiblement distillé entre l'alcool et la crédulité, ne laissait qu'un souvenir trop puissant dans le cœur de l'homme qui sentait le moindre battement de ce dernier dans ses tempes. Il avait avoué.. Devant les prunelles de celle qui avait ravi sa raison, il avait avoué le péché qui le rongeait depuis maintenant bien trop longtemps. Il n'avait pas espéré qu'elle lui réponde, non, et à vrai dire, il n'avait rien espéré du tout. Un écho, un appel à l’aide lancé au beau milieu de la nuit à peine perdue. Que pouvait-il vouloir en échange ? Rien, ce n'était qu'un amour sincère, pur, éperdu. Un amour qui ne demandait aucune contrepartie, pas même un regard ou un geste. Un sentiment infiniment plus délicat que les imaginaires pouvaient l'en dire, et qui voulait simplement exister, se parer d'une force inouïe pour venir réchauffer les cœurs encore froids.

L'amour, il ne l'avait jamais connu autrement que sous cette forme : celle d'une rose jamais épanouie, presque fanée alors qu'elle n'avait pas pu éclore. Devait-il regretter cet aveu quand la belle semblait se renfermer encore ? Dans le vague, il n'aurait su dire si elle était simplement étourdie par cette nouvelle, si elle était déçue, si elle était désolée à l'approche d'un refus cordial qui se serait imposé. L'homme, lui, se fichait bien de la moindre réponse : il ne pouvait vivre un jour, une heure de plus avec ce poids sur le cœur. La tiédeur de cette émotion qui marquait le moindre trait de son visage laissait un suspens dans ses mots, une hésitation. Que devait-il dire ? Ou faire ? Peut-être que ces dix années, au fond, avaient changé bien trop de choses pour qu'un jour ce baiser lui paraisse réaliste. N'était-il qu'une illusion, qu'une peinture de jadis, oubliée dans les ténèbres ?

Prométhée n'avait alors l'impression de n'être plus qu'une ombre, effacée et trouble, distante, immobile. Son cœur battait la chamade quand son regard était incapable de s'éloigner des prunelles d'Infamy. Il respira doucement, longuement, le silence était comme un pic de glace qui s'enfonçait dans son dos. Il était prêt à s'excuser, à quitter cette effroyable maison pour qu'elle retrouve le semblant de paix qu'il avait pensé troubler ; quand soudainement, quelques mots percèrent ce mutisme étrange. Il aurait su l'amour être une torture, il avait aussi compris que les sentiments les plus purs apportaient la douleur la plus délicieuse qu'il soit ; impensable éperdu, il était en proie à ces mots qu'il ne comprenait pas.

Leur écho se fit presque étonnant, inattendu. Révélait-elle quelque réponse à cette émotion si conflictuelle qu'il nourrissait depuis trop de temps ? Prométhée était incapable de faire le moindre pas vers elle, le moindre geste. Cette réponse à son aveu n'avait que fait le clouer sur place, quand il comprenait la détresse que cette tragédie leur avait prodiguée. C'était une peine à la fois transcendante et dérisoire, inutile mais quelque part tellement nécessaire.. Le temps était donc venu, et il n'y avait qu'eux, eux deux, pour entendre les paroles de l'autre. Dans cet isolement prétendu, il pouvait lui livrer le reste, le dernier pas n'était pas le plus difficile à faire après ce qu'il avait trahit quelques secondes plus tôt. Et dans l'attente interminable se firent entre trois mots, mirages sempiternels d'un immortel assassin : « Je t'aime. »
 

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Infamy Borgin
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Dim 7 Jan - 21:15



Il n’est jamais trop tard
pour un retard…




Prométhée & Infamy






On leur accordait cet espace, figé dans le temps, tel un cadeau inestimable cependant empoisonné. Dehors, rien n’avait vraiment changé non plus, l’horizon était encore obscurci par les fumées néfastes et volatiles d’un régime de feu et d’acier. Le monde n’était plus à sang, il survivait avec difficulté dans l’ombre de ces fumerolles mortelles. Infamy était enchainée à ce cauchemar, sans espoir et sans inquiétude, sa pestilence collait à sa peau, infestait ses poumons. Son oeil qui se ventait d’être silencieusement objectif observait l’être aimé avec fébrilité. Son propre anéantissement ne lui avait jamais paru plus séduisant, à présent que ce dialogue inimaginable se taisait après une nouvelle syllabe.

Sa clairvoyance s’était évaporée. Infamy se redressa, ses yeux s’évertua maladivement à décrypter sur ces traits des énigmes si aisés en d’autres circonstances. Combien il était facile de lire en lui avant. Ce linceul invisible avait armé Promethée d’une audace impénétrable. Voila qu’il la désarçonnait encore d’avantage, si bien que la sincérité de son expression lui devenait indéchiffrable. Etait-il donc juste un fantôme, s’étant relevé de la terre pour sa déclaration, sans même percevoir le cri désespéré qu’elle lui venait de lui lancer ? Etre là, les bras ballants, immergée dans l’eau glaciale de l’incompréhension, bien incapable de traduire le sens de cette réponse si simple en apparence, tout ceci n’était qu’un supplice inextricable sous lequel la sorcière risquait de céder.  

« Je sais »  

C’était tombé ainsi en définitive, dans un souffle, un imperceptible soupir manquant cruellement de courage. C’était à la fois présomptueux et futile, l’assurance que le message était passé, que non, il n’avait nullement besoin d’en dire davantage. Son trouble n’avait d’égal que l’abysse qui se remplissait d’une nouvelle émotion vive et brûlante, là, dans cette faille, cette blessure profonde mal colmatée, déjà submergée. Il n’y avait bien que cet homme là pour lui faire scandaleusement perdre les sens, ne serait-ce qu’en cette nuit, bien que plus vraisemblablement pour toujours. Hélas.

Ce n’était pas digne d’une personne de son acabit, et si leurs épanchements avaient été publics, on l’aurait jugée indigne d’accepter ainsi des mots si délectables de la part d’une personne soit disant supérieure à son rang. Elle portait bien son nom, Infamy, fait pour la séquestrer dans une marge putride, là où était sa place. Il était profondément libérateur de plaider coupable à ce jeu de silences évocateurs, quand demain, cela ne s’avérait possiblement inutile. N’aurait-il pas était plus souhaitable que les non-dits demeurent ? A vrai dire, elle n'en savait rien, car ses pensées était anesthésiés par ce poison tiède qui se distillait dans ses veines, étranglant son coeur voluptueusement. Ce n’était pas une torture à laquelle Infamy désirait se soustraire, pas plus qu’elle n’en était capable d’ailleurs.

Son retrait faussement imperturbable, il la reflétait bien, tout en lui étant si étranger. Elle en avait fait son armure dans cette guerre, et s’il l’avait protéger maintes fois, le métal entaillait à présent sa chair pour lui rappeler qu’elle était encore bien vivante, et qu’elle se défilait de peur de faire une erreur. Des pulsations désordonnés cognaient péniblement contre sa poitrine, dans son ventre, elle aurait eu mal à dire où se trouvait son coeur tant il résonnait dans tout son corps. L’angoisse retenait sa voix au otage. II y avait si longtemps qu’Infamy savait ce qu’il fallait faire à chaque instant ; il y avait si longtemps qu’Infamy n’avait pas autant douté de ses actes.

Se jeter dans le vide, comme il l’avait fait. Juste se jeter dans le vide et attendre de voir si le sol serait accueillant ou s’il la briserait une nouvelle fois. Peut-être même pas, peut-être n’y aurait-il rien d’autre que ce qu’elle voudrait bien y placer. Ce n’était pas un roman de Jane Austen, bon sang, c’était une vie à mener, un combat contre des colosses aux pieds de fers. Si elle devait braver une seule fois ces lois tacites dans sa vie, envoyer valser une seule minute ce carcan infernal qui l’écrasait depuis toujours, n’était-ce pas maintenant ou jamais ? Etre une folle, éprise d’un mort, à l’abri des regards. Dans le fond, ça avait plus l’allure d’un roman victorien…  

« viens-là »

La sorcière articula avec difficulté alors qu’elle tendait un bras qui supportait mal son propre poids. Infamy s’efforça de sourire, malhabilement, pour tenter de donner l’illusion de savoir ce qu’elle faisait.



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Prométhée Black
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Sam 3 Fév - 17:33


Il n'est jamais trop tard

Infamy & Prométhée

« I couldn't leave my best girl. Not when she owes me a dance ! »


 
Le mutisme enfin perturbé, une réponse s'éleva dans l'air, courte, concise. Elle aurait probablement scandalisé n'importe qui, perforant l'ego du commun des mortels, brûlant l'orgueil en se riant de lui. Ah, Prométhée étant pourtant loin de ceux-là, et dans une élégance qu'il n'avait nullement besoin de feindre, son visage se laissa percer d'un étrange sourire. C'était un sourire sincère mais très discret, aux abords simplement courtois mais qui, en réalité, cachait un sentiment bien plus profond. Elle savait, avait-elle dit. Elle savait ce sentiment qui rongeait les entrailles d'un homme amoureux à en crever depuis des années maintenant, elle savait cette torture ineffable qui avait habité ses yeux à chaque regard qu'il aurait posé sur elle. Elle savait, et elle n'avait rien dit.

Prométhée n'avait aucunement besoin de réfléchir à ce qu'il venait de dire : c'était trop tard, aux aveux destinés à celle qui faisait sa raison de vivre, il venait de livrer sa dernière pièce en alexandrins. La scène dernière de l'acte se tenait entre eux, clôturant ici les aveux d'un homme troublé par le monde, par l'existence même. Il n'était pas bon acteur, pas lui : les choses lui échappaient trop facilement face à la demoiselle, et l'improvisation était alors la seule des lois qui lui soit à jamais attachée. Prométhée avait d'ordinaire la faculté de comprendre les autres d'un simple regard ; ici, il savait que les choses étaient loin d'être semblables, car tout ce qu'il tirait d'un regard, c'était les traits magnifiques d'une femme qu'il ne savait pas lire, d'un amour éperdu dont il jetait l'éclat sur un cœur meurtri.

C'était l'impression d'une chute, d'une chute perpétuelle dans le vide, passant des courants d'air glacés à la brise plus tiède, mais sans jamais lui laisser entrevoir le sol à la fin de ce terrible saut. Une tentative désespérée de retenir un instant de plus cette femme qui était le centre de toutes ses attentions. Pour lui, elle n'était ni n'avait jamais été celle que l'on connait comme Infamy. Non, elle était l'énigme, l'insaisissable chant des sirènes, elle était le voile sacré qu'il était défendu d'approcher, elle était le portrait si doux et intriguant qu'il ne pouvait détourner son regard d'elle. Enigma, voilà qui elle était dans son cœur, et qui elle avait toujours été.

Il était l'un des rares à avoir entrevu ce qui se cachait derrière cet épais rideau qu'elle avait tiré sur elle, tout comme il lui livrait le plus secret de ses sentiments sur un plateau d'argent. Il avait terriblement conscience que le temps leur était compté, que la mort lui avait une fois arraché sa promise et qu'elle le pourrait encore aujourd'hui. Non, le temps n'était plus à l'attente, ni même aux espoirs vains : il fallait se montrer plus courageux, juste un peu plus téméraire pour défier les lois du destin.

Le silence dominant la pièce se laissa troubler par une invitation de la jeune femme. Prométhée hésita un bref instant, mais il lui était impossible de rester loin d'elle un moment de plus. La mort leur avait ravi trop d'années déjà, et le temps, toujours à se prétendre être au dessus de tout, ne saurait leur voler davantage de cette douceur qu'ils tentaient de conserver. L'homme s'approcha, doucement, enserrant ses bras autour d'Infamy alors qu'il s'imprégnait de son parfum. Les mains déposées sur le dos de la jeune femme ne le gênaient plus, il était hors du temps, hors de ce monde et de toutes les considérations. Hors de l'existence, hors des préjugés et hors des limites. Il s'accrocherait à cet amour avec autant de ferveur qu'il n'en montrait déjà dans son cœur, celui qui n'avait jamais tari d'éloges pour la belle, pour la superbe.

Les mots n'étaient plus rien qu'un murmure évanoui, et il ne savait que dire, qu'ajouter. Peut-être que rien ne devait venir troubler ce parfait silence, que rien ne devait les séparer l'un de l'autre sur l'heure. L'on entendit vaguement hurler au rez-de-chaussée, sans doute l'abject qui s'y était pressé. Prométhée esquissa un mouvement de recul, laissant à Infamy la place de reprendre sa liberté. « Merci » murmura-t-il, le cœur serré mais l'esprit apaisé par cet aveu.
 

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Dernière édition par Prométhée Black le Mer 14 Fév - 19:47, édité 1 fois
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Infamy Borgin
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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    Lun 5 Fév - 20:45



Il n’est jamais trop tard
pour un retard…




Prométhée & Infamy






Des secrets, Infamy en conservait de nombreux, pas toujours les siens et pas toujours de ceux qu’elle aurait souhaité connaitre. C’était ainsi que tournait ce cirque macabre, apte à pourvoir aux désirs des ces gens qui alignaient des galions sur le comptoir, apte à enfouir ces même transactions dans la confidentialité. Tous emmurés dans le coffre hermétique de son esprit. Ceux-ci n’étaient rien si ce n’étaient des cas de conscience dont la commerçante savait pourtant se tenir à distance, en observatrice impassible et intéressée par l’appât du gain uniquement. D’autres secrets en revanche s’avéraient plus lourd à porter, tel cet amour prisonnier des conventions, anéanti dans ses prémisses avortées. Elle savait, ses mains et ses paroles avaient cependant été sellées par des forces plus grandes. Celles là mêmes qui contraignaient encore leurs sentiments malhabiles à se cloitrer dans ce musé oppressant.

S’attachait-il a une chimère, que sa propre enveloppe avait extraite de sa chair et ses pensés ? Elle n’était plus une jeune fille, plus une enfant qui faisait des farces. Comme tout ceci semblait diffus à présent… Ce corps subissait à retardement le contre coup de ses mensonges imposés, excités par l’alcool, réveillés en sursaut par  l’impossible fantôme surgissant de ce passé enterré. Cette crise de somnambulisme ne devait pas avoir de fin, la jeune femme s’était efforcée de croitre au sein de cet espace protecteur, sans lui. Elle avait réussi, du moins y avait-elle cru lorsqu’elle avait tourné la clé dans la serrure. Rien n’était plus illusoire que de croire que dix ans d’absence l’en aurait définitivement sevrée. Impossible et d’autant plus perturbant, comme sa présence.

Désorientée, sa pauvre carcasse amoindrie soufflait le chaud et le froid sans arriver à trouver pied au milieu de cette déferlante d’émotions et de réflexions contradictoires. Et elle attendait juste, en peine de se raccrocher à quelque chose de tangible quand sa main flottait dans le vide, devant l’hésitation qui lui faisait douter de tous les mots sortis de sa bouche. Un temps, il lui fallait ce temps pour amoindrir la fièvre, pour prendre pleinement conscience qu’elle se trompait sur sa propre force. Devant d’incomparables sentiments, son coeur tanguait et se cognait à ce qui restait de son jugement dilué dans sa passion.

Sa faiblesse pourtant tomba au creux de cet autre corps, bien plus solide que le sien et dans lequel elle puisa autant de réconfort que de craintes. éplorée et chamboulée, Infamy n’avait plus la ferveur physique de rendre ce que tardivement on lui offrait enfin, ce dont sa personne avait viscéralement besoin depuis trop longtemps sans oser l’envisager. A vrai dire, sa raison vacillante n’avait point prévu un contact si généreux, si inaltérable, pas même dans ses souvenirs. Contre cette épaule, Infamy lâcha un hoquet de surprise se transformant en sanglots discrets, presque soulagée dans cet abandon après tant d’efforts inutiles. A n’en plus douter et sans assurance des lendemains, une infime chose dont elle avait conscience était que son esprit ne lui jouait pas seulement un tour maléfique. Aucune question, aucune pensé aussi infime fut-elle ne parvenait à se former dans sa tête autre que cette affirmation : « Tu m’as manqué… Plus que je ne pouvais me l’avouer. »  La sorcière apprécia juste cet instant suspendu dans le reflet implacable d’une réalité vorace qui avait volé son innocence et dévoré tout espoir d’un véritable bonheur. Besoin de rien, envie de l’autre, comme jamais envie de personne. Quand l’aurore se lèverait, ressemblerait-il à cet amour proscrit mais lumineux dans sa complainte déjouant la mort ?

Plus tôt que cela, hélas… L’abject avait pénétré les premières défenses, et brayait quelques étages plus bas. On aurait pu ignorer cet intrus malfaisant mais à quoi bon à présent que l’étreinte s’était évaporée dans un murmure. Le regard de la sorcière se dirigea vers la porte close avec lassitude, manquant de courage pour essuyer des larmes creusant des sillons rouges sur ses joues trop pâles. Arriverait-il jusqu’ici, elle savait bien que non, l’abject ne pouvait certainement pas monter ces marches… Pour quoi faire d’ailleurs quand il ignorait tout et que seul les bras de Morphée l’appelaient ? C’était encore un devoir que rendre la pareille, se délestant d’un sourire navré mais compatissant. « Ne t’inquiète pas de lui, son lit est la seule chose qui inquiète un idiot dans son genre à cette heure. »  



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Sujet: Re: Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)    

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Il n'est jamais trop tard pour un retard... (Prométhée)
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