daily prophet

La Coupe de Quidditch britanique touche à sa fin. Les Hollyhead Harpies sortent vainqueurs du tournoi et la fête bat son plein. La rebellion, elle, murmure (+).
Les tensions montent alors qu'un nouveau revenant est enfermé à Azkaban pour le meurtre "accidentel" de sa fiancée.
Teatime with the Queen : Buckinghamshire est voté le county préféré des sorciers immigrants.



 


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 Tell me where hearts go when they go wrong (Adraebh)

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Âge : VINGT TOIS ANS, le temps s'est arrêté pendant cinq ans pour Maebh. Portrait fantomatique d'un souvenir.
Sang : PUR, ichor royal qui ouvre les portes et sucre le monde. Gouttes cristallines qu'elle ne peut s'imaginer souiller.
Profession : SANS EMPLOI, toutes ses heures consacrées à tenter de voir revenir le contrôle de sa magie. Jour après jour, l'échec est aussi cuisant que la rancoeur.
Situation civile : SOLITUDE d'une illusion que tous regardent de loin sans toucher. Dans ses souvenirs, Maebh est encore mariée à l'amour de sa vie.
Allégeance : VOLDEMORT, c'est bien la seule chose que la mort n'a pas réussi à changer.
Particularité : REVENANTE, ni vraiment morte ni tout à fait vivante à nouveau.

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Maebh Rosier
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Sujet: Tell me where hearts go when they go wrong (Adraebh)   Lun 5 Fév - 19:12


Tell me where hearts go when they go wrong
avec adrastos lestrange

Le soir même

Maebh ne dort pas. Les yeux fixés sur le plafond, la scène se rejoue encore et encore sur la toile vierge devant elle. Le sang sur ses paumes, son corps au sol. Et plus que tout, cette peur paralysante qu’elle n’a jamais ressentie avant ce soir. Cette peur qui semble s’être insinuée jusqu’au creux de ses os, gelant de sa poigne son coeur. Une larme sur sa joue pour toutes ses questions. Une larme sur l’autre joue pour le prénom d’une autre roulant entre ses lèvres. Ce soir, Maebh tente de combler de tristesse le vide qui la grignote peu à peu. Ce soir, pour la première fois peut être depuis son retour la Rosier porte les atours du deuil sur son visage.

1 semaine plus tard

La revenante s’est empressée de mettre ses oeillères et de se draper de mensonges : tout va bien. Déconnectée aussi bien de ses émotions que de la réalité, Maebh s’est de nouveau retranchée au beau milieu du brouillard. Ici, la peur tout comme les larmes ne sont que des souvenirs. D’étranges chimères qu’elle se laisse caresser du bout des doigts quand lui prend la lubie de retrouver le monde. Cachée derrière les nuages, la Rosier prétend un petit peu plus facilement être en vie. Certains y voient une amélioration et d’autres, ceux qui savent décoder le vide de ses yeux, s’en inquiètent. Vents contre marées, Maebh se refuse pourtant à prendre des nouvelles du Lestrange. Murée dans un orgueil qui ne sert ni ses intérêts ni les siens, le fantôme attend de lui qu’il fasse le premier pas. La Rosier s’est contentée d’éplucher la Gazette de cette semaine : s’il était mort en plein milieu d’une soirée donnée par le Ministère aucun doute que la nouvelle aurait fait la une.

Il n'a donc pas d'excuses.

5 février 1996

Maebh a beau mentir et s’acharner à prétendre ne plus faire cas d’Adrastos, le malaise qui lui fait tourner la tête depuis des semaines la convainc enfin de prendre de ses nouvelles. Quelques questions posées, l’air de rien, aux bonnes personnes lui apprennent sans trop d’efforts l’adresse du Lestrange et de sa promise. Le fantôme a tout prévu, tout jusqu’au timing exact de sa visite impromptue. Le matin même, la princesse se prépare avec un soin tout particulier. Elle a bon pertinemment savoir que c’est inutile (ses espoirs et ses attentes ont fini par mourir eux aussi), elle ne peut s’empêcher de passer plus de temps qu’à l’accoutumée devant le miroir de sa coiffeuse ni de choisir ses plus beaux bijoux.

Ce n’est qu’une fois plantée devant sa porte que Maebh se met à douter. Et s’il n’est pas là ? Veut t’elle vraiment savoir ? A aucun moment la poupée ne s’interroge sur ce qu’Adrastos, lui, serait en mesure de vouloir. A trop prêcher par excès d’égoïsme, la Rosier a bien conscience qu’elle finira un jour par y laisser des plumes. Qu’importe pourvu qu’elle puisse retourner à ses mensonges. Il est bien plus facile pour elle de se convaincre qu’ils n’ont plus rien à faire ensemble (tout le monde semble le dire, après tout) que d’affronter la vraie raison de ses insomnies : quelque part derrière le brouillard, Maebh est terrifiée de ne plus avoir de place dans son monde. Blessée au coeur même de son être, la Rosier regarde ailleurs, partout sauf sur ses blessures exsangues. Alors, son poing s’arrêter à quelques millimètres à peine de la porte, soudain hésitante. Tout à coup, Maebh n’est plus certaines ni des questions qu’elle compte lui poser, ni des réponses qu’elle souhaiterait entendre.  

Toc, toc, toc. Les coups frappés contre la porte résonnent également contre les parois de son coeur. L’espace d’un instant, Maebh envisage de faire demi tour mais, à la place, la Rosier relève le menton avec tout le maintien que Narcisse s’est appliquée à lui inculquer. Le fantôme a toujours été bonne élève et pendant les quelques secondes entre le dernier coup et le moment où la poignée tourne enfin, la sorcière s’applique à peindre la neutralité sur son visage de poupée.  

C’est l’habituel mélange de colère et de nostalgie qui assaille son coeur lorsque le Lestrange entrouvre la porte. Quelques secondes passent et le silence s’installe, plus gênant que Maebh ne l’aurait aimé. Alors, de nul part, c’est un murmure d’outre-tombe qui s’échappe d’entre ses lippes rosées. « Je peux entrer ? » Il s’écarte pour la laisser passer dans le hall et Maebh le suit d’un pas prudent jusqu’au salon. C’est un silence de mort qui s’agite avec le moindre de leurs soupirs. « Alors, comment vas tu ? » Se décide t’elle enfin à demander, la question tombant comme un couperet sur ses rêves. Elle ne peut s’empêcher d’ajouter, plus amère qu’elle ne devrait l’être. « J’ai vérifié la Gazette tous les jours après cette soirée là au Ministère. J’ai déduit de l’absence de nécrologie que tu étais toujours en vie. Maebh sent le reproche arriver et ne fait rien pour le retenir, soudain aussi triste qu'en colère. Un hibou aurait été la moindre des choses. »

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Âge : 28 ANS, qu'il vit, 3 ans qu'il survit. Ses jours sont limités, et il s'assure de ne pas perdre le compte. (24.03.1968)
Sang : PUR, il ne pourrait en être autrement. C'est la pureté qui se doit de reigner, la pureté qui se doit de vaincre.
Profession : BRISEUR DE SORTS, perdu au sein du commerce familial, il se laisse porter par le danger, par les découvertes, par la magie. BOURREAU, on se rend utile, on aide le Seigneur, on part à la recherche de nouveaux moyen de tuer, souriant.
Situation civile : FIANCÉ, promis à sa meilleure amie, promis à celle qui lui a sauvé la vie. Relation silencieusement ouverte, relation silencieusement libre. Ils vont aimer autrui avant de revenir s'aimer l'un l'autre.
Allégeance : VOLDEMORT, le grand. Et pourtant, le serpent marqué doute. Il doute parce que le Lord ne veut plus de lui. Il doute parce qu'autrui s'est appliqué à laisser des doutres naître au sein de l'esprit brisé. Il doute parce qu'il est presque AVERY.
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Sujet: Re: Tell me where hearts go when they go wrong (Adraebh)   Lun 19 Fév - 0:56

tell me where hearts go when they go wrong
Maebh Rosier & Adrastos Lestrange


That same night

Il s’écroule.

Le monde tourne. Le monde se floute. Un moment durant, il se perd dans ses propres pensées. Quel imbécile. Il sait parfaitement qu’il ne peut continuer ainsi. Et pourtant. Pourtant il s’en moque. Il s’en moque parce que même si d’autres le pleureraient surement, il sait qu’il finira par en finir. De ses propres mains, peut-être. Lors d’une mission pour Gringotts, surement. Pire encore, il sait qu’il finira par succomber à une brise automnale. Le genre qui fait flotter les cheveux de ses partenaires avec grâce. Ce n’est pas sa mort qui lui vient en tête. Ce n’est pas Maebh non plus, qui se tient pourtant si proche de lui. C’est Zahra qui l’interpelle. Parce qu’il ne peut s’enfuir sans la remercier, encore et encore. Parce qu’elle lui a sauvé la vie plus de fois qu’elle n’en est consciente. Parce qu’elle se doit d’être à ses côtés. Parce qu’elle ne l’est point alors qu’il se perd. Alors que son corps rencontre le sol.

Il s’éteint.

1 week later

Elle le quitte sans vraiment plus, Zahra. Et cela le fait sourire. Allongé dans un lit d’hôpital, il laisse sa tête se poser sur l’oreiller dans un soupire. Éveillé depuis quelques jours seulement, c’est sa fiancée qui a menti au monde afin de cacher le danger qui l’entoure. Sa toux continue de résonner au milieu de la petite chambre, le forçant à retrouver une position assise, étouffé par l’air qui se doit pourtant de le maintenir en vie. Jusqu’à quelques heures plus tôt, il ne s’est pas souvenu de la soirée qui l’a mené jusqu’à sa perte. La Shafiq comme seule image, il a longtemps pensé qu’elle était la seule à l’avoir vu comme elle l’a si souvent vu. Mais ce n’est pas le cas. Mais le fantôme de son passé s’est enroulé autour de son cœur, autour de son âme. Maebh. Elle est celle qui l’a vu tomber. Elle est celle qui a prévenu Zahra. Elle est celle qui se ne sait pas. Elle est celle qui a tout vu. Par où commencer ? Comment expliqué à la presque-mère qu’elle est, en un sens, la raison de la mort ? Il ne peut le faire. Il ne pourra le faire.

À quoi bon ?

5 february 1996, early morning

« Et mon petit déjeuner alors ? » Il grogne, Adrastos. Il grogne avant d’enfoncer la tête dans son oreiller. « Rien du tout, tu m’a promis un petit déjeuner. » Avant même qu’il ne puisse rétorquer, il se sent attiré vers le bord du lit. Difficilement, il finit par se mettre debout, vacillant. Le jour ne s’est pas encore levé, mais elle est déjà prête à rejoindre ses dragons, Zahra. Une promesse est une promesse, il n’y a aucun doute de ce côté-là. Ce qui est certain en revanche, c’est que le serpent regrette l’alcool qui continue de couler au travers de veines, qui se mêle aux restes de ces substances qui font que ses soirées sont des plus agréables. Peu importe désormais. Quelques mouvements de baguette magique parviennent à concocter un repas plus ou moins acceptable. « Bois ça. » La fiancée laisse une fiole d’une couleur horrible entre les doigts sur sorcier, tapote le haut de son crâne, et quitte leur demeure. D’un pas lent, il retourne vers leur lit, boit la potion, manque de vomir, et s’endort de nouveau.

5 february 1996, mid-afternoon

Toc toc toc. Il fronce les sourcils, Adrastos. Quelqu’un est à la porte. Pourquoi ? Qui ? Il grogne. Il se redresse lentement. Puis il se souvient. Un nouvel ouvrage l’attend. Originaire de ce magasin qu’il dans lequel il aime tant se perdre. Celui ou travaille cette sorcière a la chevelure d’ébène. Il tente de transplaner jusqu’à l’entrée mais son état ne le lui permet pas. Vêtu simplement d’un pantalon bouffant, il finit par ouvrir la porte. Un instant durant, la lumière l’aveugle. Puis il s’immobilise. « Je peux entrer ? » Une seconde. Puis deux. Puis il perd le compte. Il se contente d’hocher la tête, silencieux. Immédiatement, il sait qu’il a commis une grave erreur. Immédiatement, il sait qu’il aurait dû rester dans son lit. « Alors, comment vas-tu ? » Enfin dans le salon, les mots de Maebh se heurtent à son esprit encore embué. D’un geste rapide et maladroit, il s’empare d’un t-shirt qu’il enfile sans plus attendre. « Bien. » Réponse simple de l’homme qui continue de subir les conséquences de sa nuit passée. Réponse simple de l’homme qui se doute de la direction que cette conversation s’apprête à prendre. Réponse simple de l’homme qui ne veut pas répondre aux questions qui finiront inévitablement par arriver. « J’ai vérifié la Gazette tous les jours après cette soirée là au Ministère. » Déjà, il détourne son regard. « J’ai déduit de l’absence de nécrologie que tu étais toujours en vie. » Déjà, il s’empare d’un paquet de cigarettes qui traine sur l’un des meubles. « Un hibou aurait été la moindre des choses. » Il rit un court instant d’un rire moqueur qui suinte l’amertume. Puis le silence retombe. Un long moment, seul le craquement discret du bout de sa cigarette ne résonne entre les quatre murs. Il ne sait pas quoi dire. « Je ne sais pas quoi te dire. » Il joue avec le tabac, laisse ses doigts s’emmêler entre eux. Enfin, après ce qui lui parait être une éternité, il parle de nouveau. « Merci. Merci d’être allée chercher Zahra. »Il ne peut nier que sans elle, il ne s’en serait peut-être pas aussi bien sortis. « Je vais bien, vraiment, » dit le menteur. « Une simple conséquence d’un maléfice que je ne suis pas parvenu à éteindre, » hurle le menteur.

Il sourit, le menteur. Il fume, le menteur. Il évite le regard de la Rosier, le menteur.
Il ment, le menteur.

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Situation civile : SOLITUDE d'une illusion que tous regardent de loin sans toucher. Dans ses souvenirs, Maebh est encore mariée à l'amour de sa vie.
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Sujet: Re: Tell me where hearts go when they go wrong (Adraebh)   Ven 23 Fév - 14:12


Tell me where hearts go when they go wrong
avec adrastos lestrange

Maebh s’avance, le pas décidé. La princesse profite de ses nouvelles résolutions comme si elles n’étaient pas aussi éphémères qu’un coup de vent : le menton haut et le visage fermé, la Rosier est décidée à obtenir des réponses. Adrastos a l’air épuisé et son coeur se sert d’inquiétude l’espace d’un instant. Non. Maebh redresse les épaules et se ressaisit : elle n’est pas venue jusqu’ici pour se laisser berner par les apparences. Peu importe ce que la sorcière doit piétiner pour y parvenir, elle ne partira pas d’ici avec ses questions. « Bien. » Elle fronce les sourcils, soutient son regard là où il détourne les yeux. Le silence retombe et Maebh se raidit un peu plus, comme soudainement changée en statue de sel. La Rosier continue de s’interdir toute émotion, ses yeux vides posés droits sur celui ayant un jour partagé sa vie. Ca gronde et ça hurle sous sa peau. La peine est lointaine, comme gommée par des milliards de murmures.

« Je ne sais pas quoi te dire. » C’est au tour de Maebh de laisser s’échapper un rire amer alors qu’elle lève légèrement les yeux au ciel. « Merci. Merci d’être allée chercher Zahra. Je vais bien, vraiment. » La Rosier pose de nouveau les yeux sur lui, hausse un sourcil, et pique. « Je suis morte, pas devenue aveugle. » Quelque chose se referme au fond de ses yeux chocolat. « Une simple conséquence d’un maléfice que je ne suis pas parvenu à éteindre. » Adrastos a changé, c’est indéniable et ça suffit à lui crever le coeur. Maebh n’en reste pas moins capable de voir au travers de ses mensonges comme s’il s’était s’agit d’un morceau de verre. Le silence retombe, Maebh se débarrassant de sa cape les paumes tremblantes. La princesse cherche ses mots, sent toute la colère accumulée dans ses veines pulser contre ses lèvres. Et, sans crier gare, le masque se fissure et la colère explose tel des centaines de bouts de glace. « Tu me prends vraiment pour une idiote. » Constate t’elle dans un murmure amer. La colère donne à sa voix des inflexions nouvelles, recouvre son visage d’un rictus mauvais. En ce moment précis, Maebh ne pourrait pas être plus éloignée de celle qu’elle était hier encore.

Il y a quelque chose de nouveau au fond de ses yeux : une rage sourde, hurlée par des dizaines de fantômes.
Il y a quelque chose de nouveau au fond de ses yeux : des océans de rancoeur et d’amertume, agité sous le joug d’orages incessants.

Maebh n’a pas bougé d’un pouce depuis qu’elle s’est transformée en pierre, portrait parfaitement immobile. C’est à peine si la sorcière semble respirer, suspendue entre le passé et le présent. Et alors que le silence l’étouffe, lui fait tourner la tête, elle est tirée de ses cauchemars par un sursaut : sa magie s’échappe, file d’entre ses fissures. A ses pieds se trouvent des bouts de vase brisés, petits éclats de couleur éclatés. Maebh hausse les épaules sans plus de considération, tournant les talons. Il y a tellement de choses qu’elle voudrait hurler. Tellement de choses qu’elle ne sait pas comment dire.

Alors, les mots finissent par sortir les uns après les autres comme autant de poignards dirigés vers son propre coeur. « Tout a peut être changé - ça lui brûle le palais comme de l’acide - mais je reste capable de voir quand tu mens. » Le dos toujours tourné. « J’espérais qu’après tout ce qu’on a partagé, tu aurais au moins la décence de ne pas me mentir - elle se tourne de nouveau vers lui, les yeux voilés d’un goût d’inachevé - J’avais tort apparement. » Toujours les mêmes reproches, toujours la même aigreur. Les vannes sont ouvertes et Maebh peine à retrouver le contrôle de ses mots. La sorcière est en colère et son coeur brisé ne lui dicte qu’une chose, poison enivrant : le faire souffrir autant qu’elle ne souffre. La Rosier passe une paume tremblante sur son visage rendu livide par un mélange d’inquiétude et de chagrin. Les mots sont hachés, soufflés entre deux sanglots imaginaires. « Depuis que je suis revenue, tout le monde me répète de te laisser tomber. Ma famille. Magda. Sa voix se durcit légèrement. Je t’ai toujours défendu. Parce que même si tout a changé, je t’aimerai toujours d’une façon qu’ils ne peuvent pas comprendre (elle est morte amoureuse, qui pourrait comprendre ?) mais peut être qu’ils avaient raison. Peut être que ça n’en vaut plus la peine. » Le silence retombe et lorsque Maebh reprend enfin la parole, ce n'est plus la colère qui dicte ses mots. Maebh est lasse et vide. « Peut être que tu n'en vaut plus la peine non plus. » C'est presqu'un murmure mais c'est déjà bien assez.

Et ça se voit à ses lèvres qui se contractent et aux sanglots qu'elle ravale que Maebh est morte de peur. A l'idée de voir leur histoire mourir une deuxième fois (si tant est qu'elle soit encore en vie). A l'idée de le voir lui glisser entre les doigts. A l'idée de faire le deuil de tout ce qu'ils ont un jour été.

De tout ce qu'ils ne seront jamais.

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Sang : PUR, il ne pourrait en être autrement. C'est la pureté qui se doit de reigner, la pureté qui se doit de vaincre.
Profession : BRISEUR DE SORTS, perdu au sein du commerce familial, il se laisse porter par le danger, par les découvertes, par la magie. BOURREAU, on se rend utile, on aide le Seigneur, on part à la recherche de nouveaux moyen de tuer, souriant.
Situation civile : FIANCÉ, promis à sa meilleure amie, promis à celle qui lui a sauvé la vie. Relation silencieusement ouverte, relation silencieusement libre. Ils vont aimer autrui avant de revenir s'aimer l'un l'autre.
Allégeance : VOLDEMORT, le grand. Et pourtant, le serpent marqué doute. Il doute parce que le Lord ne veut plus de lui. Il doute parce qu'autrui s'est appliqué à laisser des doutres naître au sein de l'esprit brisé. Il doute parce qu'il est presque AVERY.
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Sujet: Re: Tell me where hearts go when they go wrong (Adraebh)   Dim 4 Mar - 20:30

tell me where hearts go when they go wrong
Maebh Rosier & Adrastos Lestrange


5 february 1996, mid-afternoon

« Je suis morte, pas devenue aveugle. » L’expression ne flanche pas. Il reste une image de joie, Adrastos. Il maintient ce mensonge sur son visage avec une précision déconcertante. C’est la précision de l’homme qui a appris à mentir. C’est la précision de l’homme qui, quelques années plus tôt, a oublié de dire la vérité. Mais il oublie quelque chose d’important, le serpent. Il sait mentir au monde qui ne le connait pas. Il sait mentir à une mère qu’il ne voit que rarement. Il a su mentir à Zahra alors qu’elle ne le connaissait pas. Et puis elle l’a connu. Et puis elle l’a compris. Et alors elle a vu au travers de ses mensonges. Et alors elle y voit désormais comme au travers d’une vitre invisible. Il est certain que Maebh ne peut rien y voir. Comment pourrait-elle ? Il n’est plus l’homme qu’elle a connu. Il n’est plus l’homme qu’elle a aimé. Pire encore, il ne le sera plus jamais. Il ne veut pas le redevenir. Il ne peut pas le redevenir. Alors il ment. Alors il sourit. Alors il espère disparaitre derrière ses mensonges.

« Tu me prends vraiment pour une idiote. » Surprise. Confusion. Que se passe-t-il ? Il s’immobilise, le Lestrange. Qui est-elle ? Pour la première fois depuis qu’il l’a retrouvée, il se rend compte que quelque chose ne va pas. Pour la première fois depuis qu’elle est revenue, il ne la reconnait pas. Elle qui est pourtant l’image si parfaite de son amour perdu. Elle qui est pourtant la copie conforme de cette femme qui aurait pu être la mère de son enfant. Comment peut-elle être si différente ? Lui a changé, il n’y a aucun doute. Il a changé parce qu’elle est morte. Il a changé parce qu’il se meurt. Il a changé parce que les années sont passées. Mais elle. Elle n’a pas connu les années. Elle n’a pas connu la douleur, pas comme il lui arrive de retrouver. Alors pourquoi ? On lui a dit que ces morts n’étaient pas vivants. On lui a dit qu’ils étaient différents. Mais il ne l’a jamais vu. Mais il ne l’a jamais compris. Il le voit. Il le comprend. Enfin. « Je… » Il aurait voulu s’excuser, peut-être. Lui dire qu’il ne sait quoi faire lorsqu’elle se tient devant lui. Lui demander, pour la première fois, ce qu’elle est devenue. Lui demander ce qui se cache derrière cette mort qu’il attend. Mais il ne dit rien. Il ne dit parce qu’il sursaute, parce qu’il fait un pas en arrière. Un vase s’écrase au sol, se brise. Les fleurs qui l’habitent s’emmêlent. Bouquet joueur qu’il a apporté a Zahra en rentrant d’une mission qui a duré plus longtemps que prévu. Geste romantique d’un couple qui l’est à sa façon. C’est lui qui les arrange, les bouquets. C’est lui qui fait attention à la précision de leur appartement. Lui qui contrôle ce dont la Shafiq se moque. Ainsi, alors que la porcelaine se brise, c’est son cœur qui souffre. Il souffre parce que cette magie incontrôlable lui fait peur. Oui. Il a peur. Peur de ce qu’il ne comprend pas. Il n’aime pas ces revenants, Adrastos. Il l’a toujours su, depuis le premier jour. Mais pour la première fois, il en a peur.

« Tout a peut être changé, mais je reste capable de voir quand tu mens. » Il aurait souri à cette remarque, le sorcier. Il aurait souri si les émotions ne se perdaient pas dans une tempête virulence au plus profond de son être. Alors il se contente de fixer le derrière de la tête de la Rosier, le regard figé. « J’espérais qu’après tout ce qu’on a partagé, tu aurais au moins la décence de ne pas me mentir » Le quelque chose qui occupe le regard de la morte rencontre celui qui habite le regard du mourant. Une peur délicate y danse avec grâce. Une peur délicate se transforme sur son visage. Une peur silencieuse dans laquelle il a peur de se perdre. « J’avais tort apparemment. » Une peur silencieuse dont il s’échappe a peine. Il s’en échappe parce que l’aigreur de la sorcière l’insupporte. Il s’en échappe parce qu’elle se laisse dire, encore une fois, qu’elle est celle qui a tout perdu. Elle dit qu’il ne comprend pas, qu’il se doit de faire un effort. Les reproches suintent de son cœur. Le serpent les hait.

« Depuis que je suis revenue, tout le monde me répète de te laisser tomber. Ma famille. Magda. » La simple mention de l’Avery laisse apparaitre un rictus amer sur le visage du Lestrange. Au diable de cette sorcière qui n’a jamais mérité d’être aussi proche de Maebh. « Je t’ai toujours défendu. Parce que même si tout a changé, je t’aimerai toujours d’une façon qu’ils ne peuvent pas comprendre. » Il ne réagit pas. Il ne réagit pas parce que son cœur ne peut se serrer alors qu’il se noie dans une rage qui fait écho à celle de la Rosier. « Mais peut être qu’ils avaient raison. Peut-être que ça n’en vaut plus la peine. » Ses lèvres se serrent. « Qu’est-ce que tu fous ici alors ? » À quoi bon se retenir. Elle ne se retient pas. Alors il répond. Que fait-elle à venir le chercher chez lui. Elle qui dit ne plus vouloir de lui. Qu’elle le laisse donc tranquille, elle qui l’a forcé à la voir. Il fatigue, Adrastos. Il fatigue de cette danse dans laquelle ils se sont perdus. Il fatigue du mensonge qu’il se force de lui offrir afin de lui rendre la vie plus facile. Si elle ne veut plus de lui, qu’elle l’abandonne. Il a déjà oublié les Rosier. Qu’elle reste donc le souvenir lointain de l’âme sœur qu’il a perdu à jamais. Tout plutôt de devenir la morte qui ne peut le laisser vivre ses derniers jours.

« Peut-être que tu n'en vaux plus la peine non plus. » « Peut-être pas, c’est pas comme s’il me restait du temps à vivre pour cette connerie. » Et c’est là qu’il se tait. Et c’est là qu’il s’immobilise. Et c’est là qu’il se rend compte qu’il est allé trop loin. Et c’est là que sa colère explose. Elle explose parce qu’il sait qu’il a fait une erreur. Elle explose parce qu’il sait qu’il ne peut reculer. Elle explose parce qu’il ne peut la contenir. « Surprise, tu n’es pas la seule à avoir eu une vie difficile. Tu es morte, et alors ? Au moins tu es revenue, de quoi te plains-tu ? » Elle ne l’a jamais connu ainsi, Maebh. Rares sont ceux qui l’ont connu ainsi. Il n’y a eu Eleanor, un jour. Mais il l’a quittée avant de se perdre. Il n’y a que Zahra. Il n’y a que Zahra pour connaitre sa rage. La rage de l’homme qui se meurt. La rage de l’homme qui se prend à haïr la vie. C’est une rage violente qui suinte de chaque partie de son être. La rage d’un homme qui pense qu’il n’a rien à perdre. « Tu es morte et peut-être que j’aurais dû mourir avec toi, ça m’aurait empêché de faire des conneries. Après que tu sois morte – il se retient un instant, se correcte – puisque que tu es morte, je me suis perdu. » Le dos droit, le regard dans le fond du sien, sa voit semble se calmer. Plus douce peut-être, mais tout aussi violence. « Je suis un homme mort. » Il sourit. Le sourire de l’homme sans vie. « J’ai couché avec tellement de sorcières que l’une d’elles m’a refilé le VIH. » Enfin. Enfin il partage certains de ses secrets. Le sorcier romantique aux rêves de famille n’est plus. Il ne sera jamais plus. « Heureuse ? » Il inspire de l’air carboné.

Qu’elle le laisse.

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Sujet: Re: Tell me where hearts go when they go wrong (Adraebh)   Mar 13 Mar - 11:04


Tell me where hearts go when they go wrong
avec adrastos lestrange

La mort s’est imposée comme une intruse au fond de leurs coeurs, détruisant tout sur son passage. Ombre trop noire déposée autour d’eux, changeant à jamais leurs vies. Maebh peine à croire que cinq ans seulement séparent l’avant de l’après tant tout semble différent. Du sourire d’Adrastos au masque crispant ses propres traits, rien ne sonne juste aux yeux de Maebh. Tout a changé et eux avec, victimes collatérales d’un destin qui avait pour eux d’autres plans que le bonheur. Et si jusque là, d’eux deux Adrastos semblait être considéré comme celui ayant accusé le coup du temps, Maebh finit par se révéler elle aussi sous un jour nouveau : le fantôme en a par dessus le coeur. L’évidence s’invite en plein jour, du tremblement de ses poings au vide caché derrière ses yeux noisettes : Maebh a changé plus qu’il ne s’en doutait. Elle porte la mort en son sein, là où se trouvait autrefois la vie. Le souvenir parfait qu’elle s’applique à brandir à la face du monde depuis son retour est parcouru de fissures, laissant entrevoir le monstre au travers des craquelures. N’est-ce pas là ce qu’on attend d’elle, ce qu’on attend d’eux ? Êtres faits de ciel et de ténèbres, d’étoiles et de vide. Maebh ne se fait pas d’illusions : elle ne sera plus jamais en vie. Pas comme elle devrait l’être, pas comme elle l’était autrefois. Il y a un temps pour tout et semble être venu celui des blessures.

Les lésions s’impriment sur le coeur de Maebh, remplissent ses mots d’aigreur. Comment ne pas se laisser porter par la rancoeur ? Face à elle, un étranger. Face à elle, un mur. Comment, alors, ne pas se laisser emporter par la colère ? Face à elle, la peur. Maebh n’a jamais nié la souffrance d’Adrastos (ou du moins pas consciemment) : elle se bat juste pour faire coexister la sienne à ses côtés. Le Lestrange a tout perdu il y a cinq ans, Maebh a tout perdu il y a quelques mois à peine. Et si l’épreuve, si similaire, avait sur le papier tout pour les rapprocher, elle ne semble que creuser le fossé installé entre eux. Comment, alors, ne pas en vouloir au monde ? Maebh est revenue d’entre les morts pour ne trouver qu’indifférence. Maebh est revenue d’entre les morts pour retrouver son souvenir, fané et si lointain déjà. Le fantôme se moque des années. Elle se moque même, tout au fond d’elle-même, des nouvelles fiançailles d’Adrastos. Elle se moque de Zahra, elle se moque de la réputation des Lestrange. Non, ce qui la tue à petit feu, c’est la distance au fond de ses yeux. C’est ce que la Shafiq lui a asséné au visage ce jour là, au Ministère : si je ne l’y avais pas poussé, il n’aurait probablement jamais accepté de te voir. Et ce qui la blesse par dessus tout : Maebh est persuadée que Zahra n’a pas menti. Pas sur ce point.

« Qu’est-ce que tu fous ici alors ? » Les lèvres serrées. Un sanglot coincé entre le coeur et la gorge. « Je me demande ce qui peut encore être sauvé. » Si tant est qu’il reste quoi que ce soit à réparer entre eux. Ca lui brise le coeur, à Maebh, de voir leur histoire se briser encore et encore. Leurs souvenirs sont imprimés à même sa peau, chaque moment plus clair que le dernier. Tous se diluent sous une pluie diluvienne, ne reste plus au fond du fantôme que des ruines humides.

Peut-être pas, c’est pas comme s’il me restait du temps à vivre pour cette connerie. » La différence est infime à l’oeil, elle qui est immobile depuis si longtemps, mais Maebh se fige. Elle se fige parce qu’une chape glacée s’est refermée au fond de ses yeux. « Surprise, tu n’es pas la seule à avoir eu une vie difficile. Tu es morte, et alors ? Au moins tu es revenue, de quoi te plains-tu ? » Maebh ne peut empêcher un rictus de venir habiter ses lèvres comme un fantôme, le coeur explosé aux quatre coins du salon. De quoi se plaint-elle au juste : coupable de respirer tout simplement. La Rosier n’a que trop conscience de toutes les complications entrainées dans le sillage de son miraculeux retour à la vie. Dur d’apprécier un monde qui a perdu couleurs et saveurs. Comment Adrastos pourrait-il seulement comprendre ? « Tu es morte et peut-être que j’aurais dû mourir avec toi, ça m’aurait empêché de faire des conneries. Après que tu sois morte - puisque que tu es morte, je me suis perdu. » Ses yeux au fond des siens. L’acier contre le vide. « Je suis un homme mort. » Le monde ralentit. « J’ai couché avec tellement de sorcières que l’une d’elles m’a refilé le VIH. » Le monde s’arrête, se suspend à ses lèvres, s'accroche au silence.

Le mot est étranger, presqu’inconnu. Maebh ne s’intéresse qu’à peu de choses en dehors d’elle même et de ce qui la touche. La sorcière ne sait rien de cette maladie si ce n’est que moldus comme sorciers finissent par en mourir. L’espace d’un instant, la revenante se perd dans une rancoeur qui empoisonne jusqu’à son deuil : de toutes les façons de l'oublier, il fallait qu’il le fasse entre les cuisses du tout Londres sorcier. Bien. Qu'il en soit ainsi. « Heureuse ? »  Il la tire de ses pensées, l’extirpe d’un puit de haine dont elle-même a honte. Ce n’est qu’une fois ses yeux replongés au fond des siens que Maebh se rend compte qu’une larme orpheline est venue creuser sa peau diaphane. Le sillon blanchâtre porte au fond de lui tout ce qu’ils se sont un jour promis.

« Heureuse ? » Reprend Maebh d’une voix mécanique. La colère n’a pas disparu de son ton mais elle est plus sourde, tapie derrière un éclat éteint. « D’apprendre que tu vas mourir ? ses mots grincent, tremblent Comment ne pourrais-je pas être ravie ? Je suis morte, tu as couché avec le tout Londres et maintenant, tu es malade. La situation est parfaite. » Raille t’elle alors qu’elle lui tourne de nouveau le dos. Maebh se mure dans le silence, essuie ses larmes du revers de la main avant de se laisser tomber sur l’une des chaises non loin, épuisée : la Rosier ne sait ni quoi dire ni quoi faire pour recoller les morceaux. « Evidemment que je ne suis pas heureuse. Reprend t’elle d’un ton claquant. Ses veines brûlent d’un mélange de colère et de culpabilité face à l’acharnement du destin. Dans son coeur, la débâcle. Pourquoi ? » La question tient plus du supplique que d’autre chose. Maebh se tait, ne pose pas plus de questions : elle ne veut pas savoir. Elle ne veut pas savoir ce qu'a fait Adrastos après sa mort et avec qui. La revenante ne peut s'empêcher de voir tout ça comme une infidélité, un coup de poignard supplémentaire enfoncé dans son coeur. Ses lèvres se tordent alors qu'elle refoule un sanglot, les yeux rivés sur le mur face à elle. Qu'ont-ils fait pour mériter tout ça ? « Combien de temps ? » Finit-elle par demander dans un murmure.


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Âge : 28 ANS, qu'il vit, 3 ans qu'il survit. Ses jours sont limités, et il s'assure de ne pas perdre le compte. (24.03.1968)
Sang : PUR, il ne pourrait en être autrement. C'est la pureté qui se doit de reigner, la pureté qui se doit de vaincre.
Profession : BRISEUR DE SORTS, perdu au sein du commerce familial, il se laisse porter par le danger, par les découvertes, par la magie. BOURREAU, on se rend utile, on aide le Seigneur, on part à la recherche de nouveaux moyen de tuer, souriant.
Situation civile : FIANCÉ, promis à sa meilleure amie, promis à celle qui lui a sauvé la vie. Relation silencieusement ouverte, relation silencieusement libre. Ils vont aimer autrui avant de revenir s'aimer l'un l'autre.
Allégeance : VOLDEMORT, le grand. Et pourtant, le serpent marqué doute. Il doute parce que le Lord ne veut plus de lui. Il doute parce qu'autrui s'est appliqué à laisser des doutres naître au sein de l'esprit brisé. Il doute parce qu'il est presque AVERY.
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Sujet: Re: Tell me where hearts go when they go wrong (Adraebh)   Lun 2 Avr - 23:42

tell me where hearts go when they go wrong
Maebh Rosier & Adrastos Lestrange


5 february 1996, mid-afternoon

« Je me demande ce qui peut encore être sauvé. » Le voilà de nouveau. Le rire. La voilà de nouveau. L’amertume. C’est à croire qu’il s’agit de la tout ce qu’il connait, tout ce dont il se souvient. La réalité n’est pas bien loin. Il ne peut savoir ce qui se passe dans le fond de l’esprit de Maebh, ce qui empêche les revenants de fermer l’œil. Mais il sait ce qui l’en empêche. Il sait ce qui régit ses cauchemars. Il y a quelque chose d’étrange qui va avec la connaissance que le temps est compté. La mort est une certitude pour tous – ou du moins elle l’a un jour été. Le monde sait qu’il se meurt. Mais le monde ne sait pas quand. Mais le monde ne sait pas comment. Et le monde ne veut pas savoir. Ignorant, il sourit, il pleure, il vit, et puis, enfin, se meurt. Le futur du Lestrange est bien différent. Il ne la sent pas toujours, la maladie. Il y a même de ces jours pendant lesquels il se prend à oublier que son enveloppe charnelle le dévore de l’intérieur. Et puis il se souvient. Et puis il l’ignore. Il pourrait survivre tellement plus longtemps, s’il le voulait réellement. Mais cela fait un moment qu’il ne se bat plus, plus vraiment. Parce que lorsqu’il se bat, lorsqu’il se dit que, peut-être, il survivra, c’est là qu’il est le plus heureux. C’est là que la dépression se fait la plus joyeuse. Un instant, voilà tout ce qui suffit afin de lui rappeler que, malgré tous ses efforts, il finira toujours dans un lit d’hôpital. Jusqu’à présent, rien n’est parvenu à lui faire changer d’avis. Rien. Pas l’amour de sa mère. Pas l’amour de Zahra. Pas la dureté de Zahra. Pas la pauvre colère du fantôme.

C’est peut-être cela qui le fait parler. Ce savoir mortel qui excite chacun de ses neurones. La mort l’attend. Il le sait. Zahra le sait. Pourquoi pas Maebh ? Il pourrait se dire qu’elle le mérite. Après tout ce qu’ils ont vécu, après tout ce qu’on leur a arraché. Oui, voilà surement la raison qui le pousse à lui avouer son futur. Oui. Quelque part dans le fond de son esprit, un rire semble résonner. Pourquoi se ment-il donc ? Ce n’est pas un altruisme sincère qui le pousse à avouer ce qui le déchire. Ce n’est pas le désir de partager une partie de soi avec celle qui a si longtemps été son âme sœur. Non. C’est la rage qui régit ses actions. C’est la rage qui le pousse. C’est la rage qui lui hurle que, peut-être, elle finira par le laisser tranquille, qu’une telle nouvelle suffira à lui faire peur. Voilà pourquoi il commence. Mais ce n’est pas pour cela qu’il continue. Il continue parce qu’il n’en a jamais parlé, pas vraiment. Zahra le connait par cœur, mais c’est elle qui a compris, c’est elle qui a regroupé des morceaux d’aveux perdus. Il n’en a jamais parlé, Adrastos. Pas de tout. La maladie, les femmes, la mort. C’est presque euphorique. Pour la première fois depuis bien longtemps, il sent un poids s’échappé de son cœur.

« Heureuse ? » Il soupire. Elle est encore là. Elle se doit de disparaitre, de le laisser, murmure son esprit. Non. Qu’elle reste, qu’elle l’écoute, hurle son cœur. « D’apprendre que tu vas mourir ? » Il hausse les épaules. La nouvelle est sans importance à ses yeux. Destin qu’il a accepté il y a cela un moment. « Comment ne pourrais-je pas être ravie ? Je suis morte, tu as couché avec le tout Londres et maintenant, tu es malade. La situation est parfaite. » Elle se détourne. Dommage. Il ne peut plus voir le fond de son regard, il ne peut plus le maintenir. N’ayant plus accès à un adversaire, il se détend, Adrastos. La cigarette rejoint ses lèvres un moment. Une main traverse sa chevelure en bataille. Et puis elle s’assoie. Le fantôme ordonne le silence, le mourant ne le brise pas. Peut-être le respecte-t-il. Peut-être désire-t-il simplement empêcher la conversation de continuer. Il ne sait pas vraiment. Son cœur et son esprit se perdent dans un combat qu’aucun ne désire réellement gagner. « Évidemment que je ne suis pas heureuse. » Son regard retrouve celui de la Rosier. Un court instant durant, il laisse percer son deuil. Un court instant durant, il redevient l’homme qui vient d’apprendre qu’il n’observera plus jamais le sourire de l’amour de sa vie. Mais le moment n’est pas à la tristesse, voilà ce qu’il s’ordonne. Alors il se redresse, alors il retrouve la forme précise que son éducation a fait naitre en lui. Et pourtant. Pourtant, malgré son extérieur de marbre, il y a un coin de son cœur qui s’éveille. Morceaux de verres brisés, la douleur s’estompe un moment. Elle souffre de sa mort. Elle, la morte, elle appose une goutte d’amour perdu au creux de son être. Il aurait souri, Adrastos. Il aurait souri si la colère ne continuait pas de faire écho aux battements de son cœur.

« Pourquoi ? » Encore une fois, il est torturé. À quoi bon lui parler de ce qu’elle ne veut pas entendre ? À quoi bon lui faire du mal ? Parce qu’il a besoin de le dire. Parce qu’il a besoin de le hurler. Parce qu’il a besoin d’avouer à quelqu’un ce qu’il a vécu. Parce qu’il a besoin d’entendre les mots sortir d’entre ses lèvres. « Parce que c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour arrêter de penser à toi. » Il hésite. « Non, c’est faux. » Le craquement de sa cigarette retenti dans le silence de l’appartement. « C’est la drogue qui m’a fait oublier. C’est elle qui a rendu le reste plus… facile ? » La colère s’est étouffée. Elle a laissé place à une émotion qu’il ne peut nommer. Une émotion plus sincère que tout ce qu’il a bien pu lui offrir. C’est le tremblement d’un homme qui, enfin, parle de ce dont il n’a jamais vraiment parlé. « Les psychomages n’arrêtaient pas de dire que personne ne réagit au deuil de la même manière, ou une connerie du genre. J’imagine que j’ai trouvé la mienne. » Lentement, il contourne le canapé, s’y laisse tomber. Une petite table le sépare de Maebh. Petite table qui creuse entre eux un fossé sans pareille. Soupir. « Je ne sais pas pourquoi. » Il laisse courir son pouce le long de ses lèvres. « Tout ce que je sais, c’est que… » Un sourire triste se dessine sur son visage. « C’est que je n’ai jamais trouvé de solution. » Pas de solution a la douleur. Pas de solution au deuil. Pas de solution pour le vide qui a pris place dans le fond de son âme.

« Combien de temps ? » Il hausse les épaules. « Au mieux ? Cinq ans. » Son dos s’enfonce dans le dossier du sofa. « Au pire ? Cinq heures. » Désinvolte, il fait disparaitre sa cigarette d’un mouvement de baguette. Sa mort ne le surprend plus. Sa mort n’est qu’un détail. Lui qui attend la mort. Elle qui a retrouvé la vie. Ils sont si différents. Différents des sorciers qu’ils ont un jour été. Différents des sorciers qu’ils auraient du devenir. Elle émane une tragédie qu’il a appris à oublier. Il n’est que l’indifférence de celui qui se sait impuissant. Comment pourraient-ils jamais retrouver cette complicité qui les a lié depuis qu’ils ont posé leur regard l’un sur l’autre ? Qui sait.

« Wow. » Il rit, Adrastos. Il rit d’un rire franc. « Qui l’aurait cru, les psychomages avaient raison : en parler aide. » Il est… heureux. Heureux d’avoir trouvé un nouveau moyen d’oublier ses maux, ne serait-ce qu’un court instant. Il en oublie la tristesse de Maebh. Il en oublie tout. Tout, sauf la chaleur qui l’enveloppe désormais.

Il est heureux, le mourant. Heureux face au deuil de la morte.

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Âge : VINGT TOIS ANS, le temps s'est arrêté pendant cinq ans pour Maebh. Portrait fantomatique d'un souvenir.
Sang : PUR, ichor royal qui ouvre les portes et sucre le monde. Gouttes cristallines qu'elle ne peut s'imaginer souiller.
Profession : SANS EMPLOI, toutes ses heures consacrées à tenter de voir revenir le contrôle de sa magie. Jour après jour, l'échec est aussi cuisant que la rancoeur.
Situation civile : SOLITUDE d'une illusion que tous regardent de loin sans toucher. Dans ses souvenirs, Maebh est encore mariée à l'amour de sa vie.
Allégeance : VOLDEMORT, c'est bien la seule chose que la mort n'a pas réussi à changer.
Particularité : REVENANTE, ni vraiment morte ni tout à fait vivante à nouveau.

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Sujet: Re: Tell me where hearts go when they go wrong (Adraebh)   Mar 17 Avr - 21:29


Tell me where hearts go when they go wrong
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Maebh n’est que petits morceaux de coeur brisés. Elle voudrait partir, courir vers d’autres horizons que les tempêtes qui se forment au fond de ses yeux. Elle voudrait partir mais le fantôme reste aussi immobile qu’un souvenir, figée sur place par des années de silence. Les yeux de la revenante s’arrêtent et se fixent sur une photographie des fiancés : l’image la nargue, lui fait miroiter un futur à présent impossible. Maebh ne parvient pas à en détourner le regard et lorsqu’Adrastos reprend la parole, c’est les orbes rivées sur leurs sourires qu’elle laisse échapper quelques larmes silencieuses. Le sel creuse des sillons tristes sur ses joues creuses, ouvre des rivières d’opale au milieu de ses traits fatigués. Les larmes de Maebh sont pudiques. Le fantôme offre sa tristesse à ses propres démons plutôt qu’à Adrastos autant par maladresse qu’ego. La colère a fini par s’évaporer et, sans elle, la Rosier n’est plus qu’un vide béant.

Où est passé le feu ?

Maebh aurait besoin d’encore croire à leurs vieilles promesses. Ces mots incandescents prononcés entre deux moments adolescents : eux qui s’étaient promis une éternité côte à côte. Le fantôme s’est trop longtemps accroché à ces vieux serments. Peu importe qu’ils soient à présents usés. Les mots sont fanés, gravés sur le coeur de Maebh d’une encre abimée. Alors que le fantôme se mord les lèvres comme pour retenir les ténèbres de se glisser entre ses lèvres, la Rosier distingue le futur plus clairement que jamais. La peine est une cage qui s’est refermée autour de son âme, apposant un verrou à même son coeur. Vivre sans Adrastos n’a jamais intéressé la princesse à la rose. Treize années se sont occupées de lier destins et futurs et, si Maebh se retient bien d’en dire quoi que ce soit, le monde semble retrouver du sens l’espace de quelques instants. A la manière des plus belles tragédies, Maebh les imagine tour à tour amants maudits et souvenirs effacés.

Où est passé l’espoir ?

D’une main tremblante, la Rosier vient essuyer les quelques larmes perçant encore ci et là ses pommettes. Maebh respire difficilement, n’essaye même pas de réveiller son coeur. Les battements sont lointains, mécaniques. La Rosier est épuisée de courir après un fantôme : on lui a appris beaucoup de choses mais jamais à se battre contre des nuages de fumée. Résignée, les yeux de Maebh finissent par retrouver ceux d’Adrastos. La tristesse de la sorcière a cela de déchirant qu’elle est à présent lasse : Maebh a baissé les armes et a laissé ses lambeaux d’espoir derrière elle. Que leur reste t’il s’ils n’ont même plus le futur ? L’indifférence d’Adrastos se heurte aux milles cris silencieux prisonniers des orbes de Maebh, s’écrase contre sa peau pâle.

Où est passée l’envie ?

Les traits de la revenante se froncent instinctivement devant le rire d’Adrastos. Il y a encore trop de choses que Maebh ne comprend pas et, paradoxalement, trop de choses qu’elle ne comprend que trop bien. Les mots s’effacent au fur et à mesure que la Rosier les envisage, s’échappent comme autour de petites coupures. Maebh aimerait avoir le courage et les mots pour tout lui expliquer : lui dire qu’elle donnerait encore et encore sa vie pour épargner la sienne, qu’elle retournerait volontiers de l’autre côté du voile si cela pouvait le sauver. Mais aussi le Destin que la Faucheuse font la sourde oreille et ses prières silencieuses restent trop souvent sans réponse. La Rosier dissémine ses voeux funestes au vent comme on soufflerait un pissenlit.

Où est passé l’amour ?

Sans la colère pour venir enflammer ses veines, Maebh semble de nouveau plus proche de la mort que de la vie. De ses yeux ternes à sa peau trop pâle. Elle est belle, Maebh. Elle l’a toujours été. Mais il lui manque quelque chose. Sans étincelle pour venir faire battre son coeur, la sorcière se meurt une seconde fois. Poupée de cire à l’âme éclatée en milles morceaux, Maebh fait aujourd’hui partie de ces fantômes à l’aura brisée. De ces fantômes à la beauté fanée, de ces fantômes fait de nuances de gris et non plus de couleurs.

Où est passée la vie ?

« C’est injuste. » Et Maebh ne sait pas réellement elle-même ce dont elle parle exactement : de son deuil ? sa maladie ? de leur futur qui ne cesse jamais de s’effriter entre ses doigts ? Le constat est coupant mais inutile. La vie est injuste, oui. A défaut de l’avoir appris en même temps, tous deux l’ont réalisé à la dure. Ses doigts se serre autour de sa cape alors que Maebh se lève sans s’en rendre compte. « Je ne sais pas quoi te dire. » L’aveu a au moins le mérite d’être sincère, à défaut d’être doux. « J’aurais aimé que les choses puissent être différentes. » Que leurs retrouvailles se soient distinguées par autre chose que ces coups de poignard échangés. A trop se faire de mal, que finiront-ils par détruire ? L’égoïsme de Maebh est un voile que même la mort n’a pas réussi à déchirer : blessée et les chairs lacérées des aveux d’Adrastos, la Rosier se décide à fuir. La sorcière a besoin de temps pour panser ses blessures, pour apaiser les ténèbres qui dévorent ses yeux.

Il y a t’il seulement un remède pour les coeurs brisés ?

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