daily prophet

La Coupe de Quidditch britanique touche à sa fin. Les Hollyhead Harpies sortent vainqueurs du tournoi et la fête bat son plein. La rebellion, elle, murmure (+).
Les tensions montent alors qu'un nouveau revenant est enfermé à Azkaban pour le meurtre "accidentel" de sa fiancée.
Teatime with the Queen : Buckinghamshire est voté le county préféré des sorciers immigrants.



 


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 Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]

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Âge : 34 ans
Sang : Mêlé. Ma mère était une née moldue et les Borgin ne sont pas aussi « irréprochables » qu’ils le souhaiteraient, enfin, c’est surtout pour se faire bien voir. Ce n’est pas tellement un mal de mon point du vue, même si ce n’est clairement pas mon genre de m’étendre sur le sujet. Trop de consanguinité, on sait tous que c’est très mauvais. Il n’y a pas à chercher très loin pour avoir un aperçu du concept de déliquescence inhérent au manque de sang neuf Mon petit adage personnel : « Tous cousins germains, tous crétins, par Merlin. »
Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
Situation civile : Je ne suis pas une femme à marier. Si on exclus mon sang et mon nom qui n’ont rien de très glorieux à première vue, j’ai déjà des boulets accroché aux pieds. Ils commencent à avoir conscience que si je décide de les quitter pour faire ma vie ailleurs, ils ne feront que s’enfoncer d’avantage dans l’auto destruction. Je tiens la bride fermement et cela me convient très bien. Soyons franc, même si je peux me montrer charmante à mes heures, je ne suis pas quelqu’un de très sentimental. Proposez-moi mieux que ce que j’ai et peux-être que j’envisagerais de vous suivre.
Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
Particularité : Rien de spécial si ce n'est un nom à coucher dehors et des yeux vairons.
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Infamy Borgin
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Sujet: Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]   Jeu 11 Jan - 20:27



Comme un antique blues crissant sur l’ardoise




Pansy & Infamy






« Infamy » avait grogné le vieux Belarphon depuis son bureau dont la porte entrouverte l’exhortait à entrer sans attendre. Un épaisse fumé écœurante tapissait déjà les murs, s’infiltrait dans chaque pore de la peau. Suffocant, sordide, nauséabond, comme chaque recoin de cette demeure après tout. « Il a fait quoi, cet imbécile ? T’en es occupé ? » Il baragouinait comme un cabot, souvent, quand il parlait seulement, de détails aussi importants que l’argent qui sortait de sa caisse. La sorcière haussa les épaules vaguement, l’oncle Moevius lui récoltait des ennuis avec constance sans que cela ne l’affecte outre mesure à force d’habitude. Ca n’aurait tenu qu’à elle, une décennie déjà qu’on l’aurait assommé à plein temps avec une potion tranquillisante. « Il a une ardoise à régler » déclara finalement Infamy d’un ton bien trop neutre. Parmi les plaies de cette famille, l’Abject cristallisait tous ce qui allait de travers et qu’il fallait redresser sans faire preuve de compassion, s’eut été ouvrir la porte ouverte à n’importe quel caprice. « ah » Voila ce qui clôturait la plupart des discutions de cet ordre car Infamy savait très bien là où était son devoir.

« Ne t’avise même pas d’ouvrir la bouche ou je colle ta langue à ton palais » La cloche funèbre venait de sonner, annonçant le départ d’un client quand la sorcière traversa le rideau opaque de pampilles poussiéreuses débouchant derrière le comptoir. Elle fixa son oncle d’un air sévère et celui-ci ricana d’un air mauvais. Il sentait déjà l’alcool, la bouteille cachée dans ce capharnaüm avait déjà connu ses premières étreintes matinales apparement. Mais l’Abject obtempéra néanmoins, sans doute convaincu par les minutes de tranquillité que sa nièce lui accorderait durant son absence. Il prenait tout, elle le poursuivait comme un rapace, sans mot dire mais toujours prête à s’abattre sur lui à chaque instant. Le vieux Borgin l’avait bien élevé, en geôlière implacable se parant d’une cape sombre pour sortir.

Sous ses talons le pavé souillé gémissait, elle était sourde tout en étant attentive aux déchets qui se tapissaient dans les ombres fumeuses de l’allée des embrumes. Cette impasse sinueuse, plongée perpétuellement dans le froid et cette semi obscurité pesante était son royaume. Nul recoin qu’elle ne connaissait déjà, nul sourire difforme et éventré qui n’avait un air familier. Cette misère, ces parfums âcres étaient ses compagnons depuis l’adolescence, et s’ils avaient jadis causés des terreurs nocturnes, aujourd’hui Infamy pouvait se noyer dedans avec indifférence.  Heureuse, elle ne l’était pas, malheureuse, non plus. Elle planait dans cet entre deux confortable, survolant les passions humaines dans la parenthèse interminable créé par ses soins. Si elle avait un jour rêvé d’autre chose, elle ne s’en rappelait plus vraiment, et qu’elle importance. Refaire le monde était bon pour des idéalistes, et les seuls qu’elle avait connu s’en étaient allés, vaincus par la lourde et tranchante épée de la réalité.

Le Chaudron Baveur, la devanture usée et le monde s’agglutinant à l’intérieur symbolisait bien que même après le passage d’une guerre il demeurait l’un des fondements de ce monde caché aux yeux des profanes. Ce n’était pourtant pas un lieu où Infamy avait ses habitudes. D’autres taches lui incombaient quotidiennement, bavasser un verre à la main n’était à ses yeux qu’une perte de temps. Avec qui aurait-elle partagé un breuvage de toute façon ? Un client, peut-être, mais ces derniers préféraient la discrétion d’une échoppe moins fréquentés, ou, plus simplement, les rideaux crasseux de la maison Borgin & Burkes elle-même, depuis que celle-ci avait un peu perdu de sa réputation sulfureuse.

Il n’y avait pourtant aucune comparaison possible entre ses murs où elle passait ses jours et ses nuits, et cette large rue commerçante bondée de visages presque, accueillants. Elle y passait inaperçue pourtant. Infamy avait apprit à camoufler par son allure les vestiges honteux dont tout son être était le gardien silencieux et indéfectible. La sorcière se glissa dans le tumulte en spectatrice discrète d’un monde qui lui semblait à porté des doigts tout en étant si distant de ses pensées, dans ce recul nécéssaire, primordial, à ses valses intellectuelles.

Sa main se pose sur la poignée au moment même où on tirait cette porte. La sorcière s’écarta d’un pas seulement, laissant se déverser la marée dans la rue, dans une aphasie insensible. Elle retint la porte avant que celle-ci ne se referme et entra sans cérémonie. Son regard s’attarda vaguement dans les coins, prenant des notes instinctivement sur la topographie de cette salle bruyante. Ce n’était pas la première fois, cela remontait néanmoins, et rien ici ne dénotait avec ses souvenirs. Les mêmes tables usés, les mêmes décorations populaires accrochées sur les murs, les mêmes visages joviaux, cireux. Il fallait scier trop vigoureusement pour faire tomber quelques corbeaux de la branche où ils avaient fatalement pris racines.

Le temps filait déjà, n’accordant qu’un espace étriqué à des questionnements sur les moeurs de ceux qui se pressaient ici que la terre tourne à l’endroit ou à l’envers. Infamy était loin de les blâmer, en définitive, profiter de ce que la providence pouvait encore leur accorder dans cette cage était presque cessé, pour ne pas dire issu d’une sagesse commune ? Elle s’avança vers le comptoir, raide mais nullement mal à l’aise, pour y faire sa place. Il y avait simplement à souhaiter que les affaires se règlent promptement.





Dernière édition par Infamy Borgin le Jeu 1 Fév - 20:03, édité 1 fois
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Âge : TRENTE TROIS, les années trébuchent et s'oublient trop facilement.
Sang : MÊLÉ, tout serait plus facile si l'ichor était bleu mais Pansy n'en a que faire. Le sang est rouge quoiqu'il arrive.
Profession : SERVEUSE au Chaudron Baveur - VOLEUSE en fin de soirée, la poupée se bat pour quelques gallions supplémentaires.
Situation civile : VOLAGE, qui pourrait vouloir d'elle pour plus de quelques heures. Fantôme filant une fois le matin venu.
Allégeance : VOLDEMORT, parvenue rêvant d'une Marque lui apportant grandeur et oubli.
Particularité : LYCAN, la lune est un couteau planté au fond de ses entrailles. La paix est un luxe que Pansy ne peut s'offrir.

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Pansy Rackharrow
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Sujet: Re: Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]   Lun 15 Jan - 21:14

comme un antique blues croissant sur l'ardoise
avec infamy borgin

Derrière le comptoir, Pansy virevolte et sourit. La poupée s’affaire à satisfaire la masse de clients qui se presse contre le bois, se glisse de temps en temps parmi la foule pour aller récupérer chopes vides et prendre quelques commandes supplémentaires. Mademoiselle Pansy respire la joie de vivre, ment aussi bien qu’elle ne se faufile entre les capes humides. Son rôle lui colle à la peau, est presque devenu une seconde nature. Personne n’irait soupçonner les tempêtes qu’elle cache au fond de son coeur, les centaines de rêves brisés qu’elle garde douloureusement à l’esprit. Personne n’irait penser qu’un monstre gronde sous son échine, tremble sous les premiers rayons de la lune. Non, entre ces murs, Mademoiselle Pansy n’est qu’une sorcière comme les autres : lumineuse, souriante - le monde au bout des doigts. Appréciée par les clients pour ses moues joueuses et sa façon décomplexée de flirter du bout du lèvres. La Rackharrow sait ce que les hommes veulent entendre, leur sert autant de mensonges que de bière sans se défiler.  

L’après-midi se meurt et la soirée prend le relais, s’étire sans fin. Les affaires sont bonnes, aucun doute là dessus. Peu importe le climat politique : leurs peurs auront toujours besoin d’être noyées. Car c’est bien ça que Pansy distingue au fond des yeux de certains, de la peur. La peur de voir leur vie écrasée du jour au lendemain, la peur de perdre leur emploi à la faveur de quelqu’un de mieux placé, de plus important. La peur de voir le monde basculer de nouveau. La Rackharrow partage certaines anxiétés, en ignore beaucoup d’autres. Car, par dessus tout, Pansy n’a rien à perdre. Rien à perdre et tout à gagner dans un monde qui n’a pas pour coutume de montrer de la pitié. Alors, quoi qu’elle fasse, la serveuse ne semble motivée que par ce seul et unique espoir (le coeur de l’adolescente se brise, elle qui avait tant de rêves) : celui de survivre. Pas de vivre, non, pas encore. Pansy choisit ses espoirs avec soin et stratégie. A trop rêver, à trop vouloir, on se brûle toujours les ailes. Se contenter du minimum, voilà ce qui la fait tenir depuis si longtemps.

Le temps file, s’élance droit devant eux. Tous ici fuient, Pansy ne se fait pas d’illusions. Qu’ils cherchent à échapper au temps ou à la réalité, tous se perdent l’espace de quelques minutes ou de quelques heures dans l’ombre d’un whisky pur feu. Pansy la marchande d’oubli. Pansy sourit, tourne s’affaire comme pour cacher ses fantômes. Tant qu’elle reste active, la mascarade tient le cou. C’est lorsqu’elle repose, lorsqu’elle se laisse aller à écouter son corps et son coeur, que le masque se fissure : elle semble alors vieillir d’un millénaire, le poids du monde au fond des yeux. Derrière le comptoir, Pansy ne voit pas Infamy se frayer un chemin parmi la foule. C’est que si, certains traits de son visage sont encore et toujours familiers, elles ont bien changé depuis leurs premières années d’école. La Serdaigle se souvient encore des moments passés en compagnie de la Borgin, mais au delà des joies enfantines, elle se souvient surtout de l’incompréhension déposée au fond de son coeur par Infamy. Du jour au lendemain, son amie avait changé, l’avait oubliée, reléguée au rang d’un souvenir poussiéreux. Pansy n’a pas spécialement la rancune tenace et alors que le visage de la Borgin se détache des autres clients, il faut quelques minutes à la nostalgie pour venir lui enserrer le coeur.

Pansy s’avance - hésite, serre les lèvres. « Infamy. » La salue t’elle sommairement. Que lui dire après tant d’années ? Par quoi commencer ? La serveuse fait signe à son collègue, lui signale de quelques mots susurrés qu’il est temps pour elle de prendre quelques minutes de pause. Le supérieur acquiesce et Pansy intime à Infamy de la suivre d’un geste de la main. Elle s’arrête quelques mètres plus loin, toujours derrière le bar mais plus loin déjà de la cohue. Raide, la Rackharrow reste plantée là, les mots se bousculant sans qu’elle ne sache lequel choisir en premier. « Qu’est ce que je peux faire pour toi ? » Le ton volontairement détaché (peut être trop, peut être pas assez), ponctuant l’interrogation d’un sourire lointain. A voir son ancienne amie devant elle, Pansy se rend alors compte du temps écoulé. Ces fichues minutes assassines.  

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Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
Situation civile : Je ne suis pas une femme à marier. Si on exclus mon sang et mon nom qui n’ont rien de très glorieux à première vue, j’ai déjà des boulets accroché aux pieds. Ils commencent à avoir conscience que si je décide de les quitter pour faire ma vie ailleurs, ils ne feront que s’enfoncer d’avantage dans l’auto destruction. Je tiens la bride fermement et cela me convient très bien. Soyons franc, même si je peux me montrer charmante à mes heures, je ne suis pas quelqu’un de très sentimental. Proposez-moi mieux que ce que j’ai et peux-être que j’envisagerais de vous suivre.
Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
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Sujet: Re: Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]   Mer 17 Jan - 20:06



Comme un antique blues crissant sur l’ardoise




Pansy & Infamy






Son regard s’égara et s’avança par delà le long comptoir, presque chaud sous ses doigts glacés. Il ne manquait rien, ni dans ce brouhaha entêtant, ni dans ses bouteilles reposant patiemment sur les étagères. Ca pouvait paraître si anodin que s’en devenait risible d’absurdité. Infamy ne savait plus vraiment rire, pas comme avant en tout cas, si ce n’était du bout des lèvres lorsqu’elle constatait des dérives si usuelles qu’elles se greffaient naturellement aux cortèges des muets et des fous. Un monde dissonant en somme, dirigé pour qui, plus encore que par qui…

Ce fut là qu’elle l’accrocha de ces iris métalliques, ce faciès transfiguré, pas totalement métamorphosé pour autant. La sorcière pouvait ignorer les heureux souvenirs difformes qui frappèrent son subconscient, tout juste feindre d’y être aussi insensible que par le passé. Le temps n’était jamais pingre lorsqu’il faisait son travail avec les enfants, tout comme avec les vieillards. Elle la reconnaissait sans mal. Infamy ne se permit cependant pas ce mensonge en dévisageant, placide, l’ancienne Serdaigle d’un an seulement sa cadette.

Vertigineux était le mur des années et des déboires qui les avait séparé précocement. C’était donc ici, dans ce temple, que Pansy Rackharrow avait creusé son terrier. Etrange sensation dont Infamy ne pouvait que reconnaitre le gout amer dans cette autre. Un fait sonnait pourtant au milieu d’un constat presque perturbant, cela faisait trop longtemps que l’ainée n’était plus le réceptacle enjoué des désirs et des rêves d’une petite fille pleine d’espoirs. Coupable, oui, la sorcière ne le niait pas. Ce qu’il était advenu de ces confidences juvéniles après la cassure demeurait dans l’ombre fatale de l’ignorance, travesti assurément par ce manège flamboyant.

Chacun était comédien à sa manière, avec ses propres talents, brandissant ses propres armes face aux difficultés. Pourtant, elles étaient là, laissant planer un instant, trop long trop bref, ce malaise résiduel. « Pansy » répondit sobrement la Borgin. Les effusions n’étaient point cachées au fond d’un tiroir, pas plus aujourd’hui qu’hier, pas pour des banalités du moins. Enigma avait cessée d’être un jour, certainement pas le plus ensoleillé, dans sa bouche close se catalysaient des mots dont sa retenue écrasait les soubresauts. Quel droit et quelles attentes avait-elle envers cette fillette devenue, elle aussi, une femme ? Strictement aucune, et cela aurait été une insulte à son affection de jadis que de se vautrer dans un délire nostalgique comme une idiote n’assumant pas ses actes. Alors Infamy suivit juste cette directive sans ajouter de fioritures peu convenables, longeant le comptoir pour une place moins colonisée.

« Mon oncle, Moevius Borgin, je me doute que tu connais le montant de son ardoise. Tout le monde ici a dû l’engraisser, après tout. »

Un sourire étira les commissures de ses lèvres quand sa voix s’était faite une seconde plus joueuse dans les dernières syllabes. Rien de potache, soit on reconnaissait ses touches d’humour flegmatiques, soit on les ignorait. Lorsqu’il s’agissait de l’Abject, les sarcasmes restaient de plus en plus rarement en sourdine. Ce n’était pas grand chose pour des néophytes, sans concession et sans faux-semblant, ce que la sorcière livrait à Pansy n’était que le reflet franc et sincère de la personne que les turbulences du monde avait forgée. Son regard ne se faisait pas moins perçant dans ce cadre. Infamy ne débordait déjà plus pourtant, stérile et méthodique, ce qui était fait, était fait, gravé dans un marbre sacré. Elle lui avait donné, bien plus qu’à d’autres, avant d’exclure par nécessité. Pas de regrets, juste des interrogations enfouies que son audace proscrite ressassait avec parcimonie en observant.

« Je te peux pas l’empêcher de boire sans le rendre tétraplégique, hélas. » Ce n’était pas vraiment l’envie qui lui manquait ce jour là, certes. Ce hélas se référait plus à l’abandon de cette solution radicale qu’à une quelconque inquiétude concernant l’alcoolisme avéré de l’Abject. Son ton laissait d’ailleurs flotter délicatement l’ambivalence de l’interprétation. « Je règle, et je suis tout à fait prête à trouver un arrangement pour que ce désagrément ne se reproduise pas. »



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Sujet: Re: Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]   Sam 20 Jan - 16:02

comme un antique blues croissant sur l'ardoise
avec infamy borgin

Les traits d’Infamy frappent Pansy comme on s’attarderait sur une vielle peinture. Le temps a oeuvré sur son visage sans pour autant vraiment la changer. Il a après tout suffit d’un regard pour que la louve ne reconnaisse ses iris métalliques. A la revoir comme on pense à un vieux souvenir, la Rackharrow se prend à s’interroger sur son propre visage. Ses rêves envolés sont ils marqués au creux de ses joues ? La lassitude se lit-elle en filigrane de ses yeux rieurs ? Que reste t’il de l’enfant ? Infamy avait quitté Pansy pleine d’espoirs, pleine de rêves. Pansy avait regardé Infamy s’éloigner sans pouvoir rien y faire : brisée déjà par le sort. Ci et là pendant les vingt dernières années, la Borgin avait fait une incursion parmi les pensées de la serveuse, de la même façon que les défunts se rappellent parfois à notre coeur.

Et alors que Pansy lui intime de la suivre du bout des doigts, le geste est nappé d’une impatience à peine voilée, à peine voulue aussi. L’espace d’un bref instant, la Rackharrow se sent l’âme d’une gamine : le temps d’un battement, la voilà qui a treize ans de nouveau. Un regard et Pansy lui en veut de nouveau, de cette rancoeur patinée par les trop nombreuses années. La sensation ne dure cependant pas, écrasée bien vite par la réalité. La sorcière a depuis trop perdu que pour encore s’offusquer de leurs erreurs enfantines. Vingt ans se sont occupés de panser les plaies de la fillette. Le voile d’aigreur se dissipe, s’efface aussi vite qu’il ne s’était dessiné. Les émotions de Pansy ne sont que carrousel de vide, chassée peu à peu par la comédie qu’elle s’efforce de jouer. C’est exactement ce qu’elle recommence, tout naturellement à faire. Là où Infamy n’est que retenue, Pansy n’est que mensonges. Prisonnière d’un masque de verre qu’elle a longtemps porté fièrement, il semble aujourd’hui dicter le moindre de ses gestes.

La Rackharrow esquisse un sourire et se glisse jusqu’au bout du comptoir, s’adosse au bois. Le geste est fluide, l’habitude prenant le relais d’un coeur bien trop souvent brisé. Poupée mécanique, Pansy écoute Infamy reprendre la parole sans l’interrompre, se contentant d’hocher doucement le menton à la mention de Moevius Borgin. Habitué des lieux, Moevius faisait partie de ces clients qui, avec le temps, avaient fini par faire partie des meubles. Esquisses chinoises pour qui Pansy éprouvait un mélange de compassion et de pitié tout en glissant un verre entre leurs doigts malhabiles. Elle avait construit son temple en plein milieu d’un empire inégalitaire. Et si, au début, la perspective de gagner des gallions sur le dos de malheureux tordait son palpitant d’une culpabilité vaine, le temps s’était chargé d’éteindre cette flamme d’humanité. Pansy faisait aujourd’hui les poches des ivrognes : peu sensible à leurs propres problèmes. Mademoiselle Pansy est probablement la plus grande comédienne de l’endroit. « 82 gallions. » assène l’employée, bien au fait de l’ardoise du vieux Borgin.

« Je te peux pas l’empêcher de boire sans le rendre tétraplégique, hélas. » Pansy sourit du bout des lèvres, rictus au fond duquel l’enfant s’est noyé. Les questions tournent à l’arrière de son palais, se pressent contre sa langue. Il y a trop de choses que la Rackharrow  voudrait  demander à Infamy, trop de questions qu’elle ressasse depuis l’adolescence. Une centaine de pourquoi? assaillent son esprit et la serveuse refuse d’en laisser s’échapper ne serait-ce qu’un seul. « Je règle, et je suis tout à fait prête à trouver un arrangement pour que ce désagrément ne se reproduise pas. » De nouveau, un sourire revient flotter sur ses traits, lointain, presque fané déjà. « Cela risque d’être compliqué de trouver un arrangement officiel, malheureusement. » Souffle t’elle du bout des lippes. Après tout, tout l’intérêt de l’endroit était l’argent. Pansy hésite, pense à Poudlard. « Je peux te proposer un arrangement officieux ceci dit. » En souvenir de ce qu’elles ont un jour partagé. « Envoyer une note à la boutique si la situation dégénère ? » Propose t’elle, hésitante. 

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Sujet: Re: Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]   Mer 24 Jan - 21:06



Comme un antique blues crissant sur l’ardoise




Pansy & Infamy






Les cris ne pouvaient s’échapper des lèvres en des heures trop sombres. Il fallait survivre, se nourrir de ce que le monde voulait bien laisser choir jusque dans un gosier affamé par tant d’années de famine. Derrière ce comptoir, le reflet était trompeur à la lumière de fugaces souvenirs qui n’avaient d’autre raison tangible d’exister que leur part d’effronterie. Le voulait-elle, cette Pansy qu’elle avait connue, se trouver ici-même à servir des verres toujours pleins, toujours vides. Peut-être… Ca s’apprenait aussi bien que des formules d’arithmancie, et on oubliait que jadis on avait eu des espérances. Les chemins déviants façonnaient des destins privés de ce souffle vital, à peine indispensable en fin de compte. C’était plus simple ainsi, plus un revers de main ne pouvait désormais surprendre un coeur s’effritant silencieusement, chacune à leurs affaires, chacune à leurs déboires.

C’était déjà suffisant d’avoir de quoi éponger ses dettes, siennes par association. La curiosité du passé avait laissé la place à une largesse toute relative à présent qu’Infamy appartenait dans son intégralité à ce cercle tacite. Elle était peu de chose en dehors, vivant sa fonction avant ses envies. Un concept infime, si stupidement crucial même pour une jeune adolescente. Les choix s’imposaient, plus en faire courber l’échine dès l’instant où on en prenait conscience, plutôt se plier tel un roseau sans jamais se briser. Pansy n’aurait su aider, n’aurait su comprendre la dévotion… Et quand bien même, cela n’avait pas grande importance devant la force dévastatrice d’un raz de marré. Infamy pouvait se protéger, pas ceux hélas qui n’étaient pas née avec le même sang dans les veines. Pas en ce temps, du moins.

Infamy n’avait jamais été fière, ni honteuse, les deux lui semblaient ridiculement inutiles. Pourtant, si sa vieille camarade avait seulement osé, sa franchise lui aurait accorder des réponses, à défaut d’excuses. Car elle se savait incapable de refaire le chemin inverse, celui là même qui les aurait exposés à une lumière loin d’être si différente. Tu n’y pouvais rien, ce n’était pas contre toi, une autre réalité s’était imposée sans s’annoncer, voilà une vérité sévère mais juste. Les gallions arrivèrent sur le zinc d’un geste strict, nullement contraint. Cela aussi n’était plus à annoter de : et si ? Ils n’avaient pas refait cette terre, pas plus qu’ils n’érodaient des faits. Infamy était dans l’accomplissement pragmatique, certainement pas dans les tergiversations spirituelles, par conviction autant que par commodité. Bref, saccadé, ainsi fut son rire qui s’évapora comme il était venu après l’entente des conditions. Ca lui semblait clair en entrant, plus net encore à présent. Elle ne craignait ni de remonter les manches, ni d’y laisser un pourboire.

« Charité et commerce ne font pas un couple concluant. Les situations dégénèrent indubitablement. »  acquiesça-t-elle avec une pointe sous jacente d’amusement corrosif. Etait-ce seulement une constatation sur la nature humaine ? Chaque nouveau soleil enfantait ses héros et ses monstres, indissociables en apparence. Puis, Infamy tira un siège vide jusqu’à elle, se hissa à son sommet comme s’il lui été attribué depuis la première seconde de la création. « Un verre de pur feu, je te pris. Si tu désires quoique ce soit, c’est le moment ou jamais, il semblerait. »  La sorcière ne buvait guère et pourtant, les mots coulaient sans se gêner dans un haussement de sourcil équivoque. Double tranchant, double sens, les négociations pourraient commencer dès que ce verre ambré serait entre ses doigts délassés, comme l’affirmait sans préambule ses iris bicolores ne délaissant pas les traits de Pansy.



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Sang : MÊLÉ, tout serait plus facile si l'ichor était bleu mais Pansy n'en a que faire. Le sang est rouge quoiqu'il arrive.
Profession : SERVEUSE au Chaudron Baveur - VOLEUSE en fin de soirée, la poupée se bat pour quelques gallions supplémentaires.
Situation civile : VOLAGE, qui pourrait vouloir d'elle pour plus de quelques heures. Fantôme filant une fois le matin venu.
Allégeance : VOLDEMORT, parvenue rêvant d'une Marque lui apportant grandeur et oubli.
Particularité : LYCAN, la lune est un couteau planté au fond de ses entrailles. La paix est un luxe que Pansy ne peut s'offrir.

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Sujet: Re: Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]   Lun 29 Jan - 23:01

comme un antique blues croissant sur l'ardoise
avec infamy borgin

Les gallions roulent sur le comptoir comme des ombres chinoises, Pansy les faisant glisser dans une bourse d’un geste leste. L’espace d’un instant, la poupée mécanique tourne le dos à son ancienne camarade d’école afin de se saisir d’une plume, ratifiant le nom du vieux Borgin ainsi que la somme apposée à ses côtés. L’acte est aussi sommaire qu’accusateur car si l’ardoise est épongée tous savent que son nom ne tardera pas à refaire surface sur le vieux parchemin. Lentement, Pansy finit par retourner à son poste face à Infamy, énonçant ses conditions d’un sourire malhabile. Elle termine son laïus d’une moue contrite, bien consciente du peu de poussant qu’elle a à proposer. Mademoiselle Pansy à bon presque faire partie des meubles à présent, elle n’en reste pas moins qu’une simple employée. Elle risquait déjà quotidiennement son gagne pain en laissant ses doigts se glisser dans les bourses ou les poches et, malgré tout l’attachement qu’elle avait un jour eu pour la Borgin, il était hors de question pour elle de monter pour elle sur l’échafaud. Rien de personnel, juste la vie.

« Charité et commerce ne font pas un couple concluant. Les situations dégénèrent indubitablement. » Pansy laisse tomber le torchon qu’elle tenait jusque là entre les doigts (dans un faible effort de paraître occupée) sur le zinc du comptoir alors qu’un rire teinté d’amertume se glisse entre ses lèvres. L’affect est cependant sincère : il y a une vérité presqu’universelle au milieu de l’amusement d’Infamy. La charité n’avait, aux yeux de la louve, plus de place dans le monde actuelle. L’adolescente d’hier aurait probablement tenu un discours bien différent, encore influencée à l’époque par les utopies délicates de son père. Mais le patriarche n’était plus là pour souffler sur les nuages et, sans lui, Pansy s’était bien vite jetée corps et âme au milieu des ténèbres. Il ne restait de la femme enfant qu’une enveloppe vide, remplie d’un cynisme décapant. « A qui le dis-tu. » Souffle t’elle sans même y penser alors que la Borgin tire un siège jusqu’à elle. Le monstre arque un sourcil, ne cachant pas sa surprise. « Un verre de pur feu, je te pris. Si tu désires quoique ce soit, c’est le moment ou jamais, il semblerait. »

Le même sourire fané revient hanter ses lippes, l’ensemble n’étant rien de plus que son expression par défaut. Un masque qu’elle portait sans que cela ne lui demande d’effort tant le geste était, avec les années, devenu naturel. La serveuse se retourne, fait glisser deux verres devant elle et entreprend de les remplir du liquide ambré. Pansy a très vite après à ne jamais demander son reste : la belle prend ce qu’on lui offre, vole ce qu’on lui refuse et puis s’envole. D’un mouvement presque moqueur, une irrévérence à la figure du Temps, la Rackharrow lève son verre en direction d’Infamy, incline le le menton avant d’en boire une gorgée. L’alcool glisse le long de sa gorge et la brûlure du liquide contre son palais a quelque chose de réconfortante. Elle est ici chez elle.  Une gorgée de plus pour se donner une contenance sous ses yeux vairons et, aussi naturellement que le verre s’est porté à ses lèvres, il se repose sur le zinc dans un tintement.

Le silence n’a pas le temps de s’installer que déjà les ongles de Pansy claquent sur le comptoir, décompte mal à l’aise des secondes. Les questions que la Rackharrow a hier encore si souvent voulu poser semblent lointaines, semblent ne plus avoir la moindre importance maintenant qu’elles sont face à face. A quoi bon tenter de répondre aux questions de celle qu’elle était à l’époque ? Il ne reste rien de cette Pansy là si ce n’est un souvenir amer. Puis, dans un haussement d’épaules, Pansy se décide enfin. Elle ne laisse pas filer grand chose, si ce ne sont quelques ponts vers une ancienne amie. « Alors l’hésitation se marque un instant Qu’est-ce que tu es devenue, depuis le temps ? » Les voilà qui se parlent comme deux étrangères, le verre à la main et les lèvres tendues d’un sourire poli. C’est qu’Infamy n’a longtemps été que ça, un souvenir lointain. D’un ton aussi cynique qu’amusé, la louve ajoute dans un rire léger « Comme tu peux le voir, je ne travaille pas au Ministère. » Ses rêves d’enfant sont peut être scarifiés mais il n’y a aucun ressentiment au fond de la voix de Pansy, juste une pointe de lassitude peut être. La serveuse a cessé de courir après des chimères il y a de ça bien longtemps : c’est comme ça, et pas autrement.  

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Sang : Mêlé. Ma mère était une née moldue et les Borgin ne sont pas aussi « irréprochables » qu’ils le souhaiteraient, enfin, c’est surtout pour se faire bien voir. Ce n’est pas tellement un mal de mon point du vue, même si ce n’est clairement pas mon genre de m’étendre sur le sujet. Trop de consanguinité, on sait tous que c’est très mauvais. Il n’y a pas à chercher très loin pour avoir un aperçu du concept de déliquescence inhérent au manque de sang neuf Mon petit adage personnel : « Tous cousins germains, tous crétins, par Merlin. »
Profession : Je suis une fidèle employée de Borgin & Burkes depuis la moitié de ma vie. Mes deux oncles sont officiellement les patrons, néanmoins, les clients récurants savent très bien qu’il vaut mieux s’adresser à moi directement si on veut en avoir pour son argent. Ce qu’en revanche on ne devine pas, c’est que les comptes sont gérés par mes soins exclusivement, et que l’accès au coffre ne peut se faire sans mon approbation, ma clé, ma présence. Il faut bien ça pour que ça tourne dans cette baraque.
Situation civile : Je ne suis pas une femme à marier. Si on exclus mon sang et mon nom qui n’ont rien de très glorieux à première vue, j’ai déjà des boulets accroché aux pieds. Ils commencent à avoir conscience que si je décide de les quitter pour faire ma vie ailleurs, ils ne feront que s’enfoncer d’avantage dans l’auto destruction. Je tiens la bride fermement et cela me convient très bien. Soyons franc, même si je peux me montrer charmante à mes heures, je ne suis pas quelqu’un de très sentimental. Proposez-moi mieux que ce que j’ai et peux-être que j’envisagerais de vous suivre.
Allégeance : Pour ce qui est du contexte global, je fais avec ce qu’il a sous la main. Je ne suis ni une rebelle, ni convaincue par l’idéologie de cette société. Mon allégeance va surtout à la logique, aux arts sombres, au travail, à ma famille d’imbéciles, et mon grand père, Belarphon Borgin.
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Sujet: Re: Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]   Jeu 1 Fév - 20:02



Comme un antique blues crissant sur l’ardoise




Pansy & Infamy







Pansy s’acquittait de sa tâche dans gestes efficaces, témoignant à sa place. La jeune femme n’avait rien d’une novice lorsqu’elle remplissait les deux verres avec la dextérité de l’habitude. Devait-on trinquer à ces retrouvailles tièdes ou à cette carrière désenchantée ? Les deux se mêlaient savamment dans le brouhaha illusoirement chaleureux de ce lieu. Infamy leva son verre à la suite de son ancienne camarade, de son ancienne amie était cependant plus juste. L’alcool réchauffa sa gorge brutalement, laissant une fine brûlure descendre plus bas.

L’hésitation succéda à cette mélodie redondante s’imposant comme un préambule nerveux. Infamy était habitué aux tournures abruptes, les tergiversations malencontreuses, elles étaient l’apanage de ceux qui retournaient les mots. Elle avait pourtant ouvert ce dialogue en laissant planer dans ses paroles plus que sa position n’aurait dû se permettre. Infamy prenait de l’assurance avec les années, aussi avilissant qu’eut été camouflé sa condition depuis que le vieux Borgin l’avait séquestrée dans l’ombre de ses ailes, ce que cet être acerbe voyait en elle ne se racontait cependant pas aussi simplement.

« Moi non plus, et je ne crois pas m’en estimer si insatisfaite. » Objectivement, Infamy pouvait même se dire avantagée par ce coup du sort à présent. Elle avait une place assurée en ce monde que le vent tourne dans un sens ou dans un autre. Et bien que la sorcière ne souhaita pas véritablement la mort de son grand père, dont on ne pouvait renier les similitudes avec sa personne, elle savait très bien ce qui en découlerait. Ce n’était pas une mauvaise chose, ses choix et son acharnement n’allaient depuis longtemps que dans ce sens : le remplacer à la tête de ce cloaque. « Peu importe comment on le regarde, j’ai toujours été plus Borgin que mes chers cousins. Cela devait bien être utile un jour ou l’autre. » A un point tel que dans son enfance ses propres parents s’en étaient inquiétés. Ils n’étaient plus là pour voir que le destin avait si bien réuni la descendance et l’aïeul malgré leurs précautions. « On doit faire avec, n’est-ce pas ? » Infamy trempa de nouveau les lèvres, savourant posément ce qui lui déchirait les papilles sur son passage.

Dans cette société, ce carnaval dans lequel on s’efforçait de jouer un rôle, n’était-il pas pas que le reflet d’idéaux élitistes vendus au travers d’images mercantiles d’une propagande aberrante ? Tant qu’il faisait beau en haut, tant qu’il faisait beau en surface, que pouvait-on demander de plus cette existence saccagée ? Rien si ce n’était un verre derrière un comptoir usé, rien de plus qu’une discussion inattendue, à demi-mots. Cela valait-il la peine ? Un peu, pour cesser de s’oublier l’espace d’un instant, marqué pourtant par la débâcle de cette décennie. « Tu n’es pas telle que je t’imaginais, mais tu es telle que tu dois être, Pansy. »

Infamy le ressentait plus franchement, plus gauchement aussi, que les désillusions devinées de la serveuse faisaient fatalement écho aux siennes. Là où l’indifférence couvait ces autres informes qui se succédaient dans la boutique, pour cette femme là un sentiment différent naissait indubitablement, bien plus authentique, bien plus personnel. La distance des années la mettait face à ce dilemme, aurait-elle préféré rêver à un autre cas de figure qu’elle savait pourtant impossible désormais ? « Cette note… Elle ne serait pas impossible, mais je préfère que cette marge revienne à plus digne. » En l’occurrence, elle préférait glisser quelques galions dans une main que de financer les abus de l’abject.  Cela pouvait s’arranger ainsi, si seulement Pansy se montrait ouverte. Ce n’était pas vraiment par favoritisme, ni une quelconque pitié, ce qu’elle avait déjà affirmé précédemment. Un arrangement, une entente, un contrat tacite. Infamy préférait tout de même s’en référer à ses penchants naturels. Peu de personne avait le privilège d’éveiller son intérêt, dans cette force obscure qui transfigurait la plus douce des créatures pour lui donner l’intelligence et la finesse nécessaire pour survivre envers et contre tout. Ce devant quoi, elle s’inclinait en ces temps hostiles.



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Sujet: Re: Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]   Jeu 8 Fév - 1:05

comme un antique blues croissant sur l'ardoise
avec infamy borgin

Lorsque Pansy lève son verre en direction d’Infamy, la sorcière est prise d’un doute amer. A quoi trinquent t’elles, au juste ? A leurs erreurs ? A ces espoirs crevés perçant leurs pupilles ? A des retrouvailles n’en ayant que le nom ? Qu’importe, le serveuse trinque et descend la moitié de son verre d’une traite. Le geste est empreint d’au moins autant d’habitude que ses mouvements habiles. Pansy considère avoir passé l’âge de s’attacher à des regrets, aussi doux puissent-ils paraître. « Moi non plus, et je ne crois pas m’en estimer si insatisfaite. » Pansy hoche la tête et sourit sans même y penser.  La Rackharrow se trouve soudainement ramenée à sa propre situation. En était-elle satisfaite, au fond ? Le monstre flotte et ne s’embarrasse pas de ces considérations : peu importe qu’elle soit heureuse une bouteille à la main. Les sentiments de Pansy sont filants, n’ont d’importance que quand elle daigne leur accorder de l’attention. « Tant mieux. » Conclut Pansy comme on parlerait de météo. Ce n’est pas que ça la désintéressé à proprement parler, c’est qu’elle manque de mots plus appropriés pour exprimer le fond de sa pensée.

« On doit faire avec, n’est-ce pas ? » Pansy hoche le menton comme si elle était en mesure de comprendre, replace une mèche de cheveux dans son chignon d’un geste nonchalant. La Rackharrow manque de faire écho à son ancienne camarade d’un murmure avant de noyer ses hésitations au fond de son verre de whisky. Le liquide lui brûle le palais d’une morsure aussi familière que désagréable. « Il paraît, oui. » Assène t’elle les lèvres soudainement serrées. Encore et toujours, les images d’un procès public s’imposent à ses rétines, elle qui parvient pourtant la plupart du temps à garder ses souvenirs lointains. « Tu n’es pas telle que je t’imaginais, mais tu es telle que tu dois être, Pansy. » La serveuse ne sait pas si elle doit en rire ou en pleurer. La vie a trop souvent malmené son coeur et la louve se contente de vaguement hausser les épaules. « Je me serais bien passée d’un procès aussi public rit t’elle presque du bout des lèvres. Mais je m’en accommode. » Il y a la même résiliation que chez Pansy que chez Infamy alors que sa moue se fait joueuse.

« Tu n’es pas telle que je l’imaginais non plus. » Marmonne t’elle, à moitié en dedans et à moitié en dehors de son verre de whisky. Ces retrouvailles improvisées avait indéniablement ce petit goût de souffre inhérent aux destins manqués :  elles auraient pu être si proches que c’en était presque ridicule de les voir se tourner autour comme deux étrangères. « Je suppose que rien ne s’est passé comme on le pensait. » Et revoilà ce sourire qui flotte à la commissure de ses lèvres comme un vieux souvenir. Le destin a parfois bien des façons de se moquer des espoirs enfantins. « Ca serait presque drôle à y repenser. » Se risque t’elle à laisser filer entre deux gorgées de whisky.

Il y a dans l’air ce petit quelque chose d’amer, pour peu que l’une comme l’autre soit disposée à y prêter attention. Trop de questions, trop de et si qui se bousculent. Pansy les essuie l’un après l’autre, trop intimidée encore peut être par cette incursion soudaine du passé au coeur du présent. « Cette note… Elle ne serait pas impossible, mais je préfère que cette marge revienne à plus digne. » Infamy la sort de nouveau de ses pensées, elle qui s’est perdue quelques secondes dans des considérations purement pratiques. Leurs vies auraient-elles été différentes si elles ne s’étaient pas perdues de vue ? Avoir une épaule sur laquelle pleurer aurait-il changé quoi que ce soit, pour elle comme pour Infamy ? Probablement pas. Pansy rit de nouveau, de ces quelques notes dépourvues d’orgueil. Son ancienne camarade a déjà établi que son offre ne tenait pas à de la pitié. Quand bien même elle l’aurait été que la Rackharrow ne s’en serait pas formalisée outre mesure. Par les temps qui courent, tout est bon à prendre. « Mes supérieurs n’ont pas à être au courant. » Murmure t’elle dans un sourire en demi-lune. Les retrouvailles ont beau être étranges, il n’en reste pas moins que Pansy - loin d’être sentimental pour autant - leur trouve un goût de naturel. « Aussi inattendu que ce soit, ça me fait plaisir de te revoir. »  


HRP: C'est pas mon meilleur RP désolée, mes neurones sont en compote. Si je dois modifier quoi que ce soit n'hésite pas à me MP

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Sujet: Re: Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]   Mar 20 Fév - 19:07



Comme un antique blues crissant sur l’ardoise




Pansy & Infamy






Tant mieux… Deux mots qui résumaient assez bien 15 ans de vie faites d’opportunités improbables et amères. Quand on oubliait les maux, quand on parvenait à se débarrasser des considérations superflues, évidement que cette conclusion s’imposait : Infamy avait hérité d’un titre insultant pour pouvoir tout de même s’épanouir sous un joug implacable. Une place, une simple place et tant mieux, oui. Il ne faisait pas bon faire la fine bouche, en réponse seule la faim aurait tiraillé ses entrailles. Elle pouvait s’accommoder des démons et poursuivre la bataille avec ses blessures, certainement pas mener une croisade contre des colosses en revanche.

Quels étaient les choix à présent ? Ceux qui émergeaient de cette brume corrosive n’avaient d’impact que sur le quotidien, les prisonniers malhabiles d’une bulle familiale ou professionnelle, les deux parfois. Infamy confondait les deux tant cela lui apparaissait inextricable. Les deux pendants d’une même médaille ternie depuis les prémisses sans en perdre la valeur substantielle pourtant. Voila qu’ils cachaient, presque conscients qu’être un caillou grisâtre coincé sous une semelle épaisse était gage de pérennité. Ce caillou pourtant recelait un diamant d’une valeur inestimable dont trop peu soupçonnait l’existence, bien camouflée dans cet écrin peu engageant.

D’autres n’avaient pas cette chance là… D’autres avaient dû subir une mise à mal plus franche et grossière encore que le silence. La résignation se lisait entre les lignes, dans un geste, plus encore que dans ces paroles que la Borgin jugea pleine de bon sens. Le bon sens était ce qui raccrochait à ce monde lorsque les espoirs s’étaient consumés dans un tel brasier. Ou qu’on regarda, sa condition était plus enviable que celle de son amie d’école. Chacune cependant donnait l’impression que ceci était effectivement une farce. L’une à travers des sourires feint, l’autre à travers une allure trop impeccable.  

« Indubitablement. Ce n’était de toute façon que des désirs indomptables d’enfants. Ils se noient tous un jour ou l’autre. Avec ou sans pur feu. » Son souffle trop léger contrastait avec son pessimisme latent. Infamy croyait à des chiffres, des probabilités. Son regard se posait sur la jeunesse avec la même constatation, les rêves s’amaigrissaient avec l’âge adulte, ici comme ailleurs. En rire devenait vite la seule façon de ne pas regretter ce passé béni par l’innocence. Un pincement la chagrina une imperceptible seconde, un pincement que la sorcière rejeta en terminant son verre. A quoi bon se bercer dans les illusions si ce n’était pour voir le présent plus noir encore ?

Elle esquissa un sourire, il y avait trop de secrets pour se formaliser d’un petit arrangement. Son devoir était accompli d’une façon qui la satisfaisait plus que de raison. « Très bien. L’omission est si injustement sous estimée. » Peut-être était-ce le moment, maintenant que des raz de marrées successifs avaient ravagés deux vies de se retrouver pour faire les comptes. Ainsi avaient-ils raccordé des destins sinueux, capté des âmes à nouveau aptes à se comprendre. La perdre éternellement cependant n’aurait-il pas été la preuve d’une vie meilleure, pour l’une au moins ? Des états d’âmes au goût d’hier se glissaient sous sa peau, réminiscence naturelle de cet attachement dont Infamy avait su faire preuve enfant. « Il n’y a pas vraiment de hasard. Il était temps, sans doute. Mais, moi aussi. »





HJ : C'était très bien. On ne peut pas être au top tout le temps de toute façon.  ^^
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Sujet: Re: Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]   Lun 26 Fév - 22:04

comme un antique blues croissant sur l'ardoise
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A y regarder de plus près, Pansy serait bien incapable de dire qui d’elles deux s’en est le mieux sortie. La serveuse ne partage pas le pessimisme de la Borgin et tout ce qu’elle voit, ce sont deux vies piétinées par le destin. Un carnage qui aurait pu être évité si le ciel en avait décidé autrement. Rien d’inéluctable aux yeux de Pansy, juste des circonstances peu arrangeantes. Alors, la sorcière s’active ci et là à améliorer son jeu : Pansy vole, frotte les manches des puissants et garde ses secrets comme on tient des petits bouts de honte. Sa comédie n’est qu’une protection comme une autre entre elle et le monde : peu importe que Pansy déteste sa vie tant qu’elle sourit, tant qu’elle rit. La clientèle du Chaudron se fiche bien que Pansy pense et saigne. Mademoiselle Pansy n’est qu’un écran de fumée, un mensonge qui lui colle à la peau et panse ses blessures. Avec Infamy, l’illusion se flétrit, semble faner un peu. C’est un pied au dehors et un pied au dedans de ses mensonges que Pansy est la plus sincère : avec le temps elle n’est plus vraiment celle qu’elle était et elle n’est pas encore tout à fait devenue celle dont elle revêt le sourire.

Pansy vide son verre d’un trait à la suite de la Borgin, faisant rapidement et avec des gestes précis glisser les deux verres jusqu’à l’évier. « Très bien. L’omission est si injustement sous estimée. » La voleuse sourit (de ce sourire qui laisse entrevoir qu’elle en sait quelque chose) et hoche le menton sans enthousiasme apparent. La Rackharrow a déjà trop volé et trop menti que pour se formaliser de quelques gallions passés sous le manteau. Elle perdrait son travail si l’arrangement venait à être exposé. Peu importe, elle le perdrait déjà si ses employeurs avaient vent de ses main baladeuses. Autant empocher autant d’argent que possible avant de s’enfuir de sa prison crasseuse. Un voile passe derrière les yeux de Pansy alors qu’elle se perd quelques secondes dans des considérations plus pratiques. La serveuse passe son temps à se dire qu’elle partira, un jour. C’est pourtant à cet instant précis, alors qu’elle scelle l’accord tacite passé avec son ancienne camarade d’école, que Pansy se rend compte qu’elle n’a jamais vraiment envisagé de quitter le Chaudron, et qu’elle ne l’envisage toujours pas. Elle s’est creusé un trou au milieu de la misère. Elle est ici étrangement à sa place, poupée brisée parmi les courants d’air.

« Il n’y a pas vraiment de hasard. Il était temps, sans doute. Mais, moi aussi. » Le temps tourne et se rappelle au bon souvenir de Pansy qui ne manque pas de jeter un coup d’oeil à l’horloge. La louve essuie ses paumes sur ses vêtements et range la bouteille de whisky pur-feu sans un mot. Comment dire au revoir à quelqu’un qu’on vient à peine de retrouver ? Pansy n’est pas douée pour les grands discours (pas lorsqu’ils ne servent aucun intérêt), ainsi elle se contente de hausser légèrement les épaules et de planter ses yeux dans les mers vairons d’Infamy. « Je dois retourner travailler. » Pas d’excuse ni de justification, elles ne se doivent rien si ce n’est la perspective d’une honnêteté acerbe. Le temps a érodé trop de souvenirs que pour qu’elles en perdent encore à embellir la vérité. « A la prochaine. » Qu’elle glisse du bout des lèvres alors qu’elle se glisse de l’autre côté du bar, reprenant sa danse là où elle l’avait arrêtée. Mademoiselle Pansy parle, sert et rit comme si l’adolescente vivait encore.

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Sujet: Re: Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]   

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Comme un antique Blues crissant sur l'ardoise [Pansy]
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