daily prophet

La Coupe de Quidditch britanique touche à sa fin. Les Hollyhead Harpies sortent vainqueurs du tournoi et la fête bat son plein. La rebellion, elle, murmure (+).
Les tensions montent alors qu'un nouveau revenant est enfermé à Azkaban pour le meurtre "accidentel" de sa fiancée.
Teatime with the Queen : Buckinghamshire est voté le county préféré des sorciers immigrants.



 


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 In you I found my home from home [Ennis, Flashback]

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Âge : Mort à trente ans, les cinq années dans l'au-delà ne lui ont pas fait prendre une ride. Certains s'exalteraient d'avoir déjoué le temps, mais pas lui. On lui a volé une partie de sa vie. Il devrait en avoir trente cinq.
Sang : Sang-Mêlé
Profession : Éleveur de Dragons, incapable d'exercer sans sa magie.
Situation civile : Célibataire. Ses fiançailles semblent bien loin comme l'organisation de ce maudit mariage. La mort l'a libéré de ses chaînes.
Allégeance : Membre de l'Ordre du Phénix, ancien combattant qui se voit mis à l'écart à cause de son statut et de sa désastreuse magie.
Particularité : Petit enfoiré, sans filtre de parole. Et petit détail: un revenant.
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Tomas Ollivander
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Sujet: In you I found my home from home [Ennis, Flashback]   Jeu 14 Déc - 18:37

Ennis & Tomas
So fresh air, open ways, mild nights, wild days, wondering in wonder, pondering what wandering we'll do.
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10 avril 1995

Les heures s’écoulent dans une extrême lenteur mais aussi rare que cela soit-il, Tomas reste incroyablement patient. Tout du moins malgré l’ennui et l’agacement, rien ne pourrait le faire déloger de ces marches sur lesquelles il a élu domicile, déterminer à attendre le temps nécessaire. Bien qu’il ne faut pas se leurrer, s’il avait la moindre idée pour trouver plus rapidement l’homme qu’il attend, ça ferait belle lurette qu’il serait partit. Il n’a guère de choix, donc. Si au départ l’anglais s’occupait en observant les quelques passants qui passaient sous son nez, s’amusant des regards suspicieux à son égard, il a cependant très vite fini par se lasser et s’enfermer dans ses pensées. Plongeant dans les méandres de ses souvenirs de ces quatre derniers jours, alors que l’incompréhension de cette situation le dépasse totalement. Et il n’est pas le seul, tout le monde s’interroge, tout le monde s’inquiète de ce phénomène qui a ramené,semble-t-il, un certain nombre de sorciers à la vie. Si on peut parler d’une vie. Tomas peut parfaitement ressentir ce changement en lui, comme si la mort s’accrochait encore à lui, empoisonnant son cœur et son âme. Il semble être encore lui-même par certains des aspects, seulement les émotions qui le traversent sont bien plus intenses qu’auparavant. C’est troublant et effrayant, parce qu’il est incapable de contrôler ces vagues de sentiments qui l’engloutissent en un quart de seconde. Un peu de contrariété et c’est comme si c’était la fin du monde. Les excès de colère ont déjà été nombreux durant ces derniers jours au QG de l’Ordre, parce qu’aucun n’était capable de répondre à ses questions, de lui expliquer ce foutoir sans nom mais surtout ce qu’il va advenir de lui. Mais plus encore, sa rage s’est manifestée chaque fois qu’on lui a refusé de quitter les lieux et Tomas se fichait pas mal de leurs raisons, de l’inquiétude que la situation provoquait chez les sorciers. Non, tout ce qu’il voulait, c’était voir Ennis. On le lui a refusé, de nombreuses fois. Autant dire que le revenant a pété les plombs et fait exploser quelques objets autour de lui. Ça aussi c’est nouveau. La magie en lui est bien présente mais il ne parvient pas à la canaliser, elle bouillonne dans ses veines, c’est un électron libre. Il a cette désagréable impression de déjà vu, quand il n’était encore qu’un gosse et que sa magie s’était révélée à lui et qu’il n’avait aucun contrôle sur elle. Et cette particularité s’est apparemment présentée chez chaque revenant, incapable d’avoir la maîtrise et encore moins le dessus. Comme durant l’enfance, leur magie est liée à leurs émotions et se manifeste, chez Tomas en tout cas, lors de ses crises de colère. Autant dire qu’il ne faut pas être dans les parages, explosions et pyrotechnie assurées ! Mais Tomas garde espoir, qu’en obtenant une baguette - la sienne a semble-t-il disparu, peut-être enterrée avec lui ? - tout reviendra à la normal même si l’Ordre est plus pessimiste à ce sujet. Mais il est encore trop tôt pour savoir, mais bon sang il a plus que hâte Tomas. Cependant ce soir, après avoir enfin obtenu sa liberté de mouvement, le sorcier a bien d’autres idées en tête, ou plutôt une personne. Ennis. Son amant, son amour qui lui manque cruellement. A vrai dire dans ces moments difficiles, il n’a besoin que de cet homme car seul lui est capable d’apaiser ses tourments, de l’épauler et lui donner le réconfort dont il a besoin. Néanmoins, Tomas ne sait pas à quoi s’attendre de ces retrouvailles, pour lui ça ne fait que quelques jours qu’ils ne se sont pas vu, mais à en croire les dire de ses compatriotes, cinq années sont passées depuis son décès. Qu’est-il devenu pendant son absence ? Qu’a-t-il fait de sa vie ?  Comment réagira-t-il en le voyant ? Et encore tout un tas de questions, sans réponse pour le moment.

Une goutte s’écrasant sur le bout de son nez le fait sortir de ses pensées, ne réalisant seulement que maintenant que la nuit est tombée et depuis un certain temps apparemment. La rue est très peu éclairée, et un silence pesant règne dans le quartier. Tomas lève le nez vers le ciel alors que la pluie s’abat sur lui, glaçante. Le sorcier se recroqueville dans l’encadrement de la porte d’entrée de la maison de son amant, enfilant sa capuche pour se protéger et ses bras entourant son torse pour se tenir chaud. “Bordel qu’est-ce que tu fous Ennis ?!”  Après un temps semblant interminable, la pluie cesse mais cette fois c’est la fatigue qui l’écrase. A bien y réfléchir, l’anglais réalise qu’il n’a pas énormément dormi depuis son retour dans le monde des vivants, seulement quelques heures par-ci par-là, mais jusque là ça n’a pas semblé l’affecter ce manque cruel de sommeil. Une nouvelle particularité de son retour du monde des morts ? Tomas soupire, quelle autre découverte l’attend sur ce qu’il est. C’est la principale question à vrai dire, qu’est-il ? Toutes ses interrogations et toute cette agitation des derniers jours l’ont épuisé, se laissant tomber sur le côté et s’autoriser à fermer les yeux. Etant devant la porte, il ne risque pas de manquer le retour de son amant de toute façon. La dureté du sol n’est pas confortable certes, son corps humide tremble de froid, mais Tomas parvient à somnoler tout de même.
Il ignore combien de temps cet état de léthargie a duré, mais des bruits de pas l’ont rapidement sorti de son sommeil, se redressant rapidement en position assise pour faire face aux jambes d’un homme jusqu’à ce qu’il lève sa tête encapuchonnée vers le visage de celui-ci. “Ennis…” Qu’il murmure dans un soulagement. A sa vue, le cœur de l’anglais martèle dans sa cage thoracique et le manque qu’il ressentait est finalement bien plus important qu’il ne l’a cru. Et Tomas n’a qu’une envie à cet instant, combler la distance qui les sépare pour se jeter à son cou et s’enivrer de lui, de la sécurité de ses bras autour de lui, de son odeur qui l’enveloppe aussi rassurant que électrisant. Mais il ne bouge pas, bien trop perturbé par les émotions qui se lisent sur le visage d’Ennis. Il a cette nette intuition qu’il ne doit pas brusquer son amant, et il ignore à quel point à vrai dire.

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Sujet: Re: In you I found my home from home [Ennis, Flashback]   Dim 17 Déc - 2:11

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Le craquement caractéristique d’un transplanage se fait entendre dans la ruelle mal éclairée. C’est à quelques minutes de son domicile mais Ennis apprécie marcher. Cela lui permet de faire le tri dans ses pensées, et de laisser son esprit vagabonder sans crainte qu’on le dérange. Il la trouve belle la nuit, Ennis, son manteau d’obscurité et la lumière fantomatique de la lune qui éclaire les rues presque vides de la capitale. Il apprécie le calme, Ennis, le calme et la sérénité qui partout aux alentours alors que le bruit de ses pas est la seule chose venant troubler la quiétude de la nuit. De temps à autre, une voiture passe ou un saoulard se plaint mais dans ce quartier résidentiel de la ville, c’est le silence qui règne en maître.

Il est éreinté, Ennis, ses paupières sous lourdes et ses traits tirés. Ces derniers jours n’ont pas été de tout repos. Des revenants. C’est le nom officiel qu’on leur a donné. Des gens qui sont revenus d’entre les morts et qui ne réalisent  pas que le monde ne s’est pas arrêté de tourner après leur décès. Des ressuscités perdus qui ne comprennent pas où ils se trouvent, ce qu’il s’est passé, pourquoi ils sont de retour et pourquoi personne n’est capable de leur donner des réponses qui leur conviennent. Des fantômes instables qui semblent avoir perdu tout contrôle sur leur magie qui, de nouveau indomptée, se manifeste avec violence plus leurs frustrations s’accroissent. C’est là qu’il est entré en scène Ennis, avec toute sa division. Cette crise, quelle qu’elle soit, a demandé beaucoup aux oubliators; des incidents survenant depuis plus de trois jours un peu partout dans le Royaume-Uni moldu, et le secret magique est mis en péril. Ce ne sont pas des incidents à grande échelle, mais nombreux : ils ne peuvent pas se permettre qu’ils s’accumulent au risque d’éveiller les soupçons de la population moldue. Et puis il y a les interrogations. On cherche à savoir ce qu’il s’est passé, sans y parvenir. Les revenants semblent être aussi troublés que les vivants, si ce n’est davantage encore, et ils ne sont d’aucune aide pour comprendre le phénomène.

Il a juste envie de dormir, Ennis. L’heure est des plus avancée, et il aimerait avoir au moins quelques heures de sommeil avant qu’Ishmael ne se réveille, puis qu’il doive repartir ensuite au Ministère. Il est contrarié Ennis de voir un individu sur le pas de sa porte alors qu’il s’approche de chez lui. Il fronce les sourcils, un sans-abri? C’est étrange, dans cette partie là de la ville. Sur ses gardes, il continue de se rapprocher, comptant bien faire partir l’opportun du seuil de sa demeure. Mais plus il s’avance, plus il oublie de respirer. Il a un mauvais pressentiment, quelque chose de puissant et d’invisible qui le prend au tripes. Il arrive à hauteur de la silhouette qui s’anime et s’assied pour lever une tête encapuchonnée vers lui, dévoilant le visage de celui qu’Ennis savait au plus profond de lui qu’il allait trouver depuis quelques secondes déjà sans y croire et sans l’espérer.  “Ennis…

Tomas.

Ennis est soudainement paralysé. Tomas, devant sa porte d’entrée. Tomas, son regard posé sur lui. Tomas, qui ne bouge pas.

Les secondes s’égrènent, une à une, avec une lenteur épouvantable. Ennis exhale un soupir tremblant, son corps se rappelant qu’il doit respirer. Il cligne des yeux. Tomas est toujours là. Tomas le regarde toujours. Ennis se met en mouvement sans y penser. Il s’accroupit et un nouveau soupir vacillant s’échappe d’entre ses lèvres alors que ses yeux s’accrochent au moindre détail du visage de l’être aimé. Ce visage qu’il aurait pu dessiner les yeux fermés, et pourtant sa mémoire est loin de faire justice à l’original. “Tomas…?” souffle-t-il douloureusement sans pouvoir croire ce qu’il a devant les yeux, ses mains se mouvant sans son accord, venant effleurer le visage du jeune homme, tressaillant alors qu’elles entrent en contact avec le visage tant désiré - ses joues d’abord, puis sa nuque, son cou, ses cheveux.

Il manque de perdre l’équilibre Ennis, alors qu’une de ses mains s’accroche avec désespoir au col de la veste de son ancien amant. Dans sa poitrine, son coeur cogne si fort contre sa cage thoracique que ça lui fait mal. Il a la tête qui tourne, Ennis, et l’émotion qui le gagne, la gorge qui se serre, le regard brillant.

Il a peur d’être dans un rêve Ennis.

Et puis, d’un coup, il attire Tomas contre lui, le serrant avec une détresse inouïe contre lui, alors que plein de pudeur, son visage vient se dissimuler dans la nuque du jeune homme, manquant pendant quelques secondes de fondre en larmes alors que cette odeur qu’il croyait avoir oublié l’enveloppe soudain. Le coeur battant, il resserre l’étreinte, les étouffant presque tous les deux - mais il a peur que Tomas lui file entre les doigts, Ennis.


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Sang : Sang-Mêlé
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Situation civile : Célibataire. Ses fiançailles semblent bien loin comme l'organisation de ce maudit mariage. La mort l'a libéré de ses chaînes.
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Tomas Ollivander
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Sujet: Re: In you I found my home from home [Ennis, Flashback]   Dim 17 Déc - 23:17

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Auparavant le sorcier n’aurait pas perdu une seule seconde pour se jeter au cou de son amant avec ferveur. Dès le début de leur relation, c’est une véritable passion dévorante qui les a lié l’un à l’autre et très rapidement les a rendu dépendant l’un de l’autre. Avant Ennis, Tomas n’a eu que de brèves relations, rien de bien marquant, rien qui ne vaille vraiment le coup de s’y intéresser. Des relations sans lendemain la plupart du temps, ou très brèves puisque peu de personnes supportent la personnalité singulière de l’anglais. Ça ne l’a jamais affecté plus que ça, en vérité ça l’arrangeait. Avec sa formation à l’étranger, son métier très prenant, il n’avait de toute façon pas le temps de se consacrer à une relation amoureuse. En fait, Tomas a toujours préféré la compagnie des dragons que des humains, eux au moins ne mentent pas, eux ne manipulent pas, eux ne préparent pas des sales coups en douce. Tomas il a toujours été fasciné par ces animaux, et pour être tout à fait honnête il aime tout autant le risque que ce métier comporte. L’adrénaline, il aimait ça, plus qu’il ne l’aurait pensé. Mais tout ça c’était avant de rencontrer Ennis - bien qu’à l’époque de Poudlard le sorcier l’avait déjà remarqué, et imaginé tout un tas de scénarios fantasques à son sujet - et de ne plus pouvoir imaginer son existence sans cet homme auprès de lui.  Et il aura fallu un long moment avant que Tomas n’admette cet amour qui l’animait, trop fier au début considérant alors les sentiments comme une faiblesse qui peut se retourner contre vous. Mais Tomas était, est, éperdument amoureux d’Ennis. Et à cet instant précis pourtant, il est incapable de faire un mouvement vers lui et ne saurait vraiment dire pourquoi.

Il a presque cessé de respirer, Tomas. Ses grands yeux bleus observant avec inquiétude les réactions de son amant, le coeur battant. Les traits d’Ennis sont tirés par la fatigue, mais aussi un soupçon plus vieillis que la dernière fois qu’il l’a vu. Par moment, le sorcier oublie que cinq années sont passées, ou plutôt il ne veut pas l’admettre. C’est trop difficile à assimiler, et tantôt il semble parfaitement avoir conscience de ces quelques années manquées, tantôt il est dans le déni total.
Après un temps interminable son amant semble enfin sortir de sa torpeur, s’accroupissant à sa hauteur. Troublé par le regard que pose l’homme sur lui, comme s’il détaillait le moindre de ses traits, son cœur ne fait que tambouriner davantage encore en l’entendant prononcer son prénom. C’est comme s’il n’avait pas entendu le son de sa voix depuis une éternité, ce qui invraisemblable aux yeux du sorcier alors qu’à son sens ça ne fait que quelques jours, une semaine tout au plus, qu’ils ne sont pas vu. Ces sensations sont tellement étrange et perturbante. Mais Tomas les chasse de son esprit bien rapidement, inspirant avec appréhension au contact de la main de son amant sur son visage. Il ferme les yeux, appuyant un peu plus sa tête contre celle-ci, savourant sa peau contre la sienne. Des frissons dégringoles le long de son échine, il y a quelque chose de profondément émouvant dans ce geste, et troublant. Tomas rouvre ses paupières, envoûté par ce regard dans lequel il se perd comme toujours. Mais bien rapidement son cœur se serre douloureusement en décryptant l’émotion dans ses prunelles, le sorcier a toujours pu lire dans ses prunelles, comme si son âme s’offrait à lui.

Tomas n’a pas toujours pas bougé d’un pouce, et il n’en a pas le temps alors que Ennis l’attire brusquement dans ses bras. Il en a le souffle coupé, l’oxygène ne parvenant pas jusqu’à ses poumons. Il y a tant de désespoir dans cette étreinte si soudaine, Tomas soudain envahi d’une terrible souffrance: celle d’Ennis. Il n’était pas préparé à ça, complètement submergé par cette vague d’émotions dont il ne peut être indifférent. Ses bras se referment aussitôt autour de lui, s’accrochant à son amant comme si sa vie en dépend. Il peut parfaitement sentir son cœur battre contre le sien, à un rythme aussi effréné l’un comme l’autre. Son corps douloureusement tendu semble se détendre perceptiblement, enveloppé par l’odeur enivrante d’Ennis. Pour la première fois depuis qu’il est revenu à la vie, Tomas à l’impression de respirer à nouveau, de vivre à nouveau. Il n’y a nul endroit où il voudrait être, ici dans les bras de l’être tant aimé. C’est ici sa maison, là où il s’est toujours senti heureux et aimé tel qu’il est. L’anglais n’est d’ordinaire pas quelqu’un de très émotif, ou le dissimulant parfaitement quand c’est le cas, mais comme toutes émotions ressentis en tant que revenant, tout est plus intense et incontrôlable. Des perles salines coulent sur ses joues jusqu’à ses lèvres se mouvant en un sourire presque de soulagement. Il est tellement heureux. Tellement béni. Et Tomas a besoin de plus, besoin d’être aimé davantage, et de l’aimer lui plus encore. Tout en tendresse, ses mains s’emparent de son visage précieusement, comme s’il avait entre ses mains le plus précieux des joyaux. Il recule sa tête pour mieux l’observer, quelques secondes seulement, avant de se pencher vers lui pour capturer ses lèvres.

Le geste d’Ennis est violent, émotionnellement parlant, déviant la tête avant même que leurs lèvres ne s’effleurent. Tomas reste interdit alors que ses mains restent suspendus dans le vide tandis que son amant s’écarte. Le rejet est violent, son cœur se fissurant douloureusement. Le bonheur des retrouvailles s’est envolé, ne laissant derrière lui qu’un goût amer. Et l’anglais cherche désespérément le regard de son amant en quête de réponse à ce soudain rejet auquel jamais il n’a dû faire face, pas comme ça. Mais celui-ci l’évite soigneusement, instaurant désormais une distance entre eux après s’être levé. Tomas ne comprend pas. Tomas est perdu. A-t-il fait quelque chose de mal - à part mourir- ? A son tour, il se lève, cherchant ses mots. C’est bien la première fois qu’il ne sait quoi dire, ni quoi faire. La réaction d’Ennis le déstabilise, lui fait un mal de chien. “Ennis… Qu’est-ce... “ Il soupire de son éloquence désastreuse. Y’a un soupçon de colère qui le gagne, contre lui-même, et contre Ennis aussi. Par chance elle est encore suffisamment minime pour pouvoir la contrôler, tout du moins pour le moment, sauf si son amant persiste à le rejeter ou éviter son regard comme il le fait. “Y’a un problème ? T’es pas heureux de me voir ?” Parvenant enfin à sortir une phrase cohérente.

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Sujet: Re: In you I found my home from home [Ennis, Flashback]   Mar 20 Fév - 18:52

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C’est une odeur qu’il avait oublié qui l’enveloppe, celle de Tomas, et qui prouve que c’est la réalité et non une de ses hallucinations plus que réalistes qui se jouent de lui lorsqu’il est étouffé par la fatigue, l’alcool, ou les deux; ou lorsqu’il dort. Combien de fois s’est-il réveillé en sursaut dans une réalité dont il n’avait plus envie? Trop de fois pour qu’il soit capable de se souvenir du nombre. Parfois, le sentiment de culpabilité était insupportable - lorsque, ivre mort, il ne se réveillait pas aux pleurs sonores de son fils et que sa domestique s’occupait plus d’Ishmael que son propre père, dans un état déplorable. Parfois même, dans les profondeurs de son désespoir, il lui est arrivé de souhaiter ne jamais avoir eu Ishmael, car il représentait trop de responsabilités dont il ne voulait plus. Dans la sécurité de son manoir, il voulait pouvoir se laisser aller autant que possible - le monde du dehors lui en demandant déjà bien trop. Bien sûr, ce n’était jamais ce qu’il avait au fond des tripes. Jamais il n’aurait abandonné Ishmael. Son fils est probablement la seule personne qui lui a permis et lui permet encore de prétendre être quelqu’un qu’il n’est plus, et qu’il n’a sans doute jamais été. Sans lui, il se serait écroulé et la société aurait parlé de lui comme d’un raté, aussi digne que ses sang de bourbe de parents.

Là, dans les bras de Tomas, Ennis dépose toutes ses armes, toutes celles auxquelles il s’est raccroché désespérément pendant toutes ces années. Il n’en a jamais eu avec son amant. Beaucoup de colère, de possessivité, de jalousie, oui. Mais jamais de résistance, jamais de faux semblants. Il s’est toujours perdu corps et âme pendant leurs étreintes passionnées dans le secret des nuits londoniennes. Il le serre si fort contre lui, Ennis, il est tellement submergé par l’émotion, Ennis, qu’il ne remarque pas que quelques larmes sont venues glisser sur ses joues. Il ne sait pas quelle est la dernière fois qu’il lui est arrivé de pleurer. Il est pourtant si fort en temps normal pour contenir ses émotions. Il est incapable de réfléchir froidement Ennis, un bonheur indescriptible est pour le moment tout ce qu’il est capable d’enregistrer. Il ne pense pas aux conséquences de leur séparation, à son mariage, à son veuvage, à son fils, à tout le reste. Son esprit et son coeur n’en ont que pour Tomas, là, contre lui, bien vivant; et Ennis ne comprend pas bien pourquoi il mériterait que les Dieux lui rendent son amant, après tous ses péchés.

Il sent que Tomas cherche à rompre leur embrassade, mais il ne peut pas s’y résoudre et resserre instinctivement l’étreinte davantage. Pendant quelques instants supplémentaires, ils restent encore ainsi, l’un contre l’autre, couple anonyme dans la nuit. Puis, de nouveau, Tomas cherche à s’éloigner légèrement. Cette fois, Ennis le laisse faire, se raccrochant cependant à sa chemise, un peu désespérément, comme s’il avait peur qu’il lui file entre les doigts. L’amant prend son visage entre ses mains, et Ennis se sent soudain tout petit devant son regard vif, devant ces deux orbes bleues qui l’observent avec intérêt. Son rythme cardiaque déraille. A quoi ressemble-t-il, cinq ans plus tard? Il doit être un piètre reflet de son lui du passé. Il a vieillit, il le sait. Ses traits sont plus marqués. La fatigue, la paternité, la perte de Tomas… la séropositivité. L’amant se penche vers lui - il va l’embrasser. Ennis panique, tourne la tête, son ventre se contractant douloureusement.  Il en tremble tant ça le bouleverse, tant ça lui demande beaucoup. Parce que l’embrasser et retrouver son corps - il ne demanderait que ça, si seulement il le pouvait.

Il baisse les yeux et le lâche bien à contrecoeur. Il se redresse, enfonce ses mains tremblotantes dans les poches de son long manteau et évite soigneusement le regard de son amant retrouvé. Il ne sait pas comment se comporter, Ennis. Il a l’angoisse chevillé au coeur et il est incapable de trouver quoi dire. Jamais il ne s’était préparé à de telles retrouvailles. Que dire? Que faire? Tant de choses ont changé… Il est impossible pour eux de continuer leur relation là où ils l’avaient laissé…? Ennis a envie de hurler. Ce n’est pas vraiment un miracle, n’est ce pas? On se joue de lui, on veut le faire souffrir, encore une fois. C’est Tomas qui rompt le silence pesant. . “Ennis… Qu’est-ce…” Ennis ferme les paupières. Il sent que son amant est déstabilisé. Il sent la souffrance dans sa voix. C’est insupportable. C’est toujours Tomas qui met les pieds dans le plat. Qui ramène les problèmes sur le tapis. “Y’a un problème ? T’es pas heureux de me voir ?

Là, il retrouve la colère de son amant, celle qu’il connaît bien. Elle est soutenue, encore frémissante, mais bien présente. Comment Ennis pourrait lui expliquer le problème? Il n’en a pas le courage. “Si. bien sûr.” dit-il, la voix légèrement blanche, se rapprochant de lui et agrippant ses poignets pendant quelques secondes, tentant de lui faire comprendre à quel point il est heureux de le revoir. Il se racle la gorge pour se reprendre un peu. Il sent ses yeux qui le brûlent. “Je n’aurais jamais cru que tu puisses… revenir. C’est… un miracle.” continue-t-il un peu maladroitement. Il prend une inspiration pour se calmer. Il baisse les yeux, ouvre la bouche pour dire quelque chose puis se ravise, avant de secouer la tête et ouvrir la porte de sa demeure. “Je suis désolé… viens, entre.

Le silence est de nouveau pesant. On vient s’inquiéter de savoir si tout va bien, on lui proposer un repas, il secoue la tête. “Tu as faim?” demande-t-il à Tomas, un peu inquiet. Toute cette situation lui paraît irréelle. Dans son bureau, il verse deux verres de whiskey et en tend un à son amant. Lui a sacrément besoin d’alcool, et sans doute que Tomas également. Il finit le sien cul sac avant de se pincer l'arête du nez - il a un mal de crâne carabiné. Il a tant de questions à poser, il ne sait pas par où commencer. “Tu… Comment tu te sens?

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Tomas Ollivander
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Sujet: Re: In you I found my home from home [Ennis, Flashback]   Mar 6 Mar - 18:51

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Plus Tomas réfléchit au rejet de son amant, moins il arrive à le comprendre le sens. Mais pire encore, il peut sentir la colère s’accentuer, se frayer un chemin dans tout son être. Instinctivement, il serre les poing avec force pour essayer de l’endiguer. S’infliger une quelconque souffrance, autre que celle que lui inflige Ennis en le repoussant. Son ignorance est un véritable fléau dans son âme, le désespoir brûlant ses prunelles bleutées. Incandescence suprême alors que les larmes auparavant d’un bonheur et d’un soulagement immense de le retrouver révèlent désormais sa frustration et son incompréhension. Il cherche à comprendre l’anglais. Son amant n’est-il pas aussi heureux que lui d’être à nouveau réuni ? En vérité Tomas n’est pas en mesure de penser rationnellement, de songer une seule seconde au choc que peut éprouver Ennis de le revoir après l’avoir cru mort pendant cinq longues années. Et il est encore moins capable de songer à ce qui a pu arriver dans la vie de son amant depuis lors. Quelque part il se refuse d’y penser, inconsciemment. Sans nul doute parce que c’est plus facile ainsi et qu’il s’évite ainsi une angoisse fulgurante à l’idée que son amant ait pu l’oublier ou pire encore avoir refait sa vie. Non, Tomas n’a pas besoin de ça. Son esprit autant que son cœur semblent se protéger sans qu’il en est conscience de pensées et de vérités qui pourraient l’anéantir. Alors sans parvenir à trouver une raison à ce rejet, le sorcier réclame une explication à son comportement, incapable de passer une seconde de plus sans réponse. Ça le rendrait fou. “Si. bien sûr.” Sa réponse devrait le soulager mais pourtant rien y fait, percevant toujours le malaise de son amant et cette distance étouffante qu’il semble pourtant vouloir souffler en agrippant les poignets de Tomas. Il cherche son regard une fois de plus, criant silencieusement son désespoir. “Je n’aurais jamais cru que tu puisses… revenir. C’est… un miracle.” Tomas a un petit rictus. Lui non plus n’aurait jamais songé à une telle chance de pouvoir à nouveau fouler cette terre, d’avoir une seconde chance de vivre son amour passionnel pour Ennis et d’être un meilleur homme pour lui. Il sait parfaitement qu’il a de nombreuses tares, et bien qu’Ennis l’ait toujours accepté tel qu’il est, il sait aussi qu’il peut faire bien des efforts pour être meilleur et véritablement mériter cet homme qu’il aime tant, et si merveilleux à ses yeux. Et il ne veut pas passer à côté de ce miracle, prêt à tout pour retrouver ce qu’il avait et plus encore. “On a une seconde chance…” Qu’il souffle, l’émotion le gagnant à nouveau devant cette vérité, alors même que sa voix se brise sur la fin en observant son amant fuir à nouveau son regard. Son cœur se serre et la colère gagne du terrain à nouveau. “Je suis désolé… viens, entre.” Tomas soupire, ses poings qui s’étaient relâchés se refermant une fois de plus sur eux même avec force. Si fort que s’est jointures blanchissent.

La mâchoire serrée, la frustration tenace, il suit le sorcier dans sa demeure. Ses yeux s’attardent autour de lui, la décoration étant quelque peu différente à son souvenir. Mais ce qui le surprend davantage c’est le personnel qu’il semble avoir acquis depuis ces dernières années, au petit soin pour le propriétaire. “Tu as faim?” Tomas secoue la tête. Autrefois un véritable ogre incapable de sauter un repas, désormais il réalise qu’il n’a plus autant d’appétit. En revanche l’anglais accepte le verre volontier, trempant le bout de ses lèvres dans l’alcool brûlant qui éveille ses sens. Il hausse un sourcil en observant Ennis avaler son contenu cul sec, ce qui ne fait que plus encore conforter Tomas dans l’idée que quelque chose ne va pas. “Eh ben, t’avais soif on dirait” Désapprobateur, et quelque peu sarcastique. Prenant ses aises, bien qu’il ne se sent pas vraiment chez lui et qu’il lui paraît faire tâche dans ce décor, l’anglais s’installe dans un fauteuil. Faisant tourner son verre entre ses doigts, son regard se perd un instant sur le liquide, tout comme ses pensées. Jusqu’à ce qu’il réalise que son amant s’adresse à lui. “Tu… Comment tu te sens?” Automatiquement il hausse les épaules, nonchalant. “Bien j’imagine puisque je suis vivant” Sa langue claque sur son palet face à son propre mensonge. Non Tomas ne va pas bien. Tomas se sent désespérément seul et perdu dans un monde qu’il ne connaît plus. Mais, Ennis refusant semble-t-il de dévoiler ce que lui même ressent, l’anglais joue au même jeu, bien que cette réaction soit parfaitement puéril. Le sorcier bascule la tête vers l’arrière son regard se perdant sur le plafond pensif. Il ne sait pas combien de temps il reste ainsi, suffisamment en tout cas pour ruminer trop longtemps et qu’on son amertume ne puisse plus être dissimulé. Il pose à nouveau ses yeux perçants sur Ennis, buvant une lampée. “Bon, puisque s’embrasser ni se retrouver comme on l’aurait toujours fait ne semble pas être à l’ordre du jour, racontes moi. Que deviens-tu ?” Comme toujours, Tomas n’a pas sa langue dans sa poche. Mordant. Cassant. Il ne cache pas ses reproches. Ses doigts pianotent le verre. Quelques heures plutôt, Tomas s’était imaginé ses retrouvailles bien différentes, et la déception est grande. Et c’est difficile pour lui de contrôler ses sentiments, plus encore depuis qu’il est revenu. Une part de lui regrette cette pique, l’autre réclame des explications à tout prix. Il ferme les yeux. Un… deux… trois… Respires. Qu’il compte mentalement dans sa tête. C’est ce qu’on lui a conseillé de faire après sa première crise de colère, et Tomas trouve ça parfaitement stupide. Ça n’aide pas. Ça ne résout rien. Il ouvre à nouveau les paupières, ses jambes tressautant sous ses efforts pour garder une totale maîtrise. Combien de temps y parviendra-t-il ? Il l’ignore. Mais il essaye. Pour Ennis. Il ne veut pas de dispute, simplement le retrouver. Être à nouveau dans ses bras, l’aimer de tout son cœur de toute son âme. Est-ce trop demander ? “J’aurai voulu venir plus tôt…” qu’il souffle, une pointe de tristesse dans la voix. Et puis dans un nouvel élan de désespoir, Tomas tend sa main vers Ennis. Il a trop besoin de lui. Besoin de le toucher. Mais au dessus plane la peur d’un nouveau rejet.



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