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 de battre mon coeur s'est arrêté (saga)

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Cordelia Mulciber
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Sujet: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Mer 6 Déc - 1:40


Devant la porte de la boutique, Cordelia hésite et trépigne. Plusieurs fois, elle comble les trois pas qu’il lui manque pour pouvoir pousser la porte avant de battre en retrait. Elle ne sait pas vraiment ce qui l’effraie autant à l’idée de pousser la porte de cette boutique modeste. Mais, depuis son retour, il y a cette peur crasse et lourde qui ne la quitte jamais vraiment et qui l’empêche de tout. On ne peut imaginer la difficulté de revenir dans le monde des vivants après autant de temps passé dans celui des morts – et l’expérience n’a rien à voir avec celle d’être un fantôme. Pour autant qu’elle sache, dans sa cage d’os, un cœur bat à nouveau, ses poumons se soulèvent et s’affaissent tandis que l’oxygène y pénètre, l’hémoglobine coule à nouveau dans ses veines. Tous médicomages l’affirmeraient sans en douter : elle est vivante. Et pour ce qui est de l’âme, personne ne s’en soucis vraiment. Alors, elle oublie qu’elle a des absences, s’efforce de prendre ses marques dans ce monde qu’elle reconnait pas. Cordelia prend son temps pour se réapprendre ; il lui semble que tout son temps y passe vainement. Elle est vivante, oui et ne s’est jamais sentie aussi peu existante.

Rien ne l’interdit de quitter le manoir Mulciber, et depuis peu, elle s’autorise à quitter les murs étrangement rassurants de cette maison qu’elle a toujours haï pour retourner dans le monde. Tout l’étonne et la choque, tout la surprend et l’intrigue, Cordelia est partie alors que le monde avait une toute autre face. Cent ans auraient pu s’écouler que l’effet ne serait pas différent. Et puis, et surtout, il y a Roderick qui l’évite avec un soin insultant. Cordelia n’a pas de mot assez fort pour dire combien cela lui pèse et la meurtrie. Chaque fois qu’il passe les portes – parce qu’il le doit et non pas parce qu’il le désire, sans aucun doute – elle espère qu’il montera. Elle entend parfois les pas dans le couloir et des coups légers frappés sur la porte. Et il est chaque fois plus douloureux de constater que c’est son esprit qui a imaginé la scène, qu’une fois de plus, il n’est pas venu. Chaque fois qu’il ne se présente pas à lui, ça lui fait l’effet particulièrement réaliste de lames qu’on lui enfonce à tous les endroits possibles dans son corps. Alors, elle s’est mise à le suivre. Deux fois, en réalité, et la seconde fois l’a menée devant cette porte close qu’elle n’ose pas pousser.

Il faudra bien, pourtant, ou alors elle devra faire demi-tour. Elle n’aimerait pas qu’on raconte que la cadette de Kenneth Mulciber perd complètement les pédales, elle n’aimerait pas avoir à se justifier devant son frère si soucieux des racontars concernant sa famille. Sept mois ont suffi à Cordelia pour constater qu’il n’aime que ce qui ajoute au faste de la famille. La vie de Roderick, c’est à travers les journaux et tabloïds qu’elle la suit et l’apprend.

Finalement, fatiguée et lasse de ses tergiversation qui n’en finissent jamais, elle entre.

Ce qu’elle pensait y trouver ? elle ne sait pas vraiment. Sûrement pas le petit cabinet d’une potioniste visiblement prise dans la lecture d’un ouvrage passionnant. Prudente, elle avance et observe silencieusement l’endroit. Qu’est venu chercher Roderick ici ? Elle voudrait qu’on le lui dise, qu’on lui explique ce soudain silence, ce mépris. Mais comme les miracles n’existent que lorsqu’il s’agit de faire revenir les morts à vies, elle se perd dans la contemplation des fioles et de leur contenu, parfois colorés, parfois translucides, parfois épais, parfois aériens. Ca lui pique en dedans, ça lui jette en pleine figure que même une potion, elle ne pourrait plus réussir la plus basique. Et alors qu’elle manque de défaillir, elle se rattrape de justesse au coin d’un étal. Le cœur qui lui bat dans les tempes et la gorge, elle s’assure que personne n’a rien vu de cette faiblesse passagère et, par réflexe, affiche l’expression fière de ceux que rien ne peut atteindre de par leur statut. Et comme la femme l’observe à présent, elle prend les devants. « Je cherche une potion pour le sommeil, elle dit. »

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Saga Merrick
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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Mar 12 Déc - 1:56


Elle le connaît presque par cœur, ce petit ouvrage dont elle parcourt avec attention les lignes. C'est qu'elle cherche quelque chose, un détail, un souvenir qui lui est brièvement revenu il y a peu. Dans sa quête d'une potion pour la Rosier et son souci de magie, elle se surprend à tenter des mélanges qu'elle n'aurait jamais envisagé auparavant, à réfléchir d'une manière différente. Comment aider quelqu'un qui n'est plus tout à fait vivant, comment comprendre la manière de lui rendre sa magie ? C'est tout un univers de possibles qui s'ouvre, à la fois fascinant et terrifiant. Saga n'y a pas résisté longtemps, à cette tentation qu'exercent sur elle les mystères de ce nouveau pan de la magie, aussi dangereux soit-il. Mais elle n'a guère d'informations, et rien qu'un seul sujet d'étude, la jeune Maebh Rosier. Drôle d'histoire en vérité, curieux choix qu'a fait cette sang-pure de venir demander de l'aide à une inconnue. C'est si souvent ce qui manque aux plus grands, la discrétion d'une misérable échoppe, et le silence des plus petits. Ce n'est pas ici que le mot arriverait aux oreilles de qui que ce soit, même contre quelques gallions de plus. Saga n'y a aucun intérêt et risquerait de perdre bien plus que de l'argent à ce jeu là.

Depuis la visite de Roderick, elle a presque réussi à effacer de son visage les signes de son passage. Il y a toujours cette sorte de léger vague à l'âme dont elle n'arrive pas à se débarrasser, et qui la rend plus calme et mesurée qu'elle ne l'a jamais été. Elle devine qu'Horace l'a remarqué mais il ne dit mot, trop fatigué par la maladie pour reprocher à son employée ce manque de dynamisme. De toute manière, elle sait que cela passerait, qu'il ne lui faut que du temps pour à nouveau tout enterrer. N'est-elle pas une femme accomplie, à des lieux de l'enfant d'autrefois ? C'est ce qu'elle se répète tel un mantra, dans l'espoir de chasser les fantômes.

Elle ignore que c'est une autre sorte de fantôme qui passe la porte de la boutique, et quand enfin elle arrive à lever les yeux du livre, c'est pour découvrir cette inconnue qui s'avance avec... méfiance ? Précaution ? Elle semble se mouvoir comme dans un magasin de porcelaine et Saga ne peut s'empêcher de la suivre d'un œil curieux, s'interrogeant sur ce qu'elle cherche. Elle croit la voir légèrement vaciller, et s'apprête à lui demander si tout va bien quand l'autre la devance. Refermant doucement le livre, elle fait le tour du comptoir en s'approchant, un sourire poli se dessinant sur ses lèvres. « Nous en avons de plusieurs sortes. Certaines sont très puissantes et à utiliser avec précaution, d'autres plus douces... » Elle passe à coté de la brune et s'arrête près d'une étagère, y saisissant deux fioles de tailles différentes mais dont le contenu se pare du même gris pâle. « De quel trouble du sommeil s'agit-il ? » Une potion dans chaque main, elle s'approche et l'interroge du regard, sans pouvoir s'empêcher de noter le charme de ses traits. Peut-être la question est-elle un peu abrupte, mais sans réponse elle ne pourrait guère l'aider. La blonde tente de ne pas détailler l'inconnue, mais la curiosité lui dicte d'en savoir plus ; car reste à savoir ce qui se cache derrière les apparences – ce qui s'échappera de ces lèvres si élégantes.

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Cordelia Mulciber
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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Mer 13 Déc - 2:29


Un moment, bref, Delia contemple le vide, sans bien comprendre ce que lui raconte la jolie blonde qui se tient devant elle, un sourire discret posé sur les lippes et le regard certes un peu éteint. Et il lui faut un temps pour raccrocher avec la réalité. La potion pour le sommeil, oui. La boutique de potions. La Mulciber cache son trouble, tant bien que mal ; elle ne s’habitue toujours pas ces absences passagères et imprévues. Rapidement pourtant, l’habitude pour aider, elle se compose à nouveau une figure et une prestance pour dissimuler son malaise. Son air froid et distant de bourgeoise collé au visage, la brune s’ancre comme elle le peut dans le présent, le réel avant de répondre d’une voix un peu cassée. « Pardonnez-moi, je suis éreintée. Je dors très peu, très mal. J’ai un sommeil agité, quand j’arrive enfin à dormir, c’est à peine une paire d’heures. Et … je suis épuisée, elle confie finalement dans un souffle. » Et c’est quand elle prononce les mots qu’elle se rend compte à quel point c’est vrai, et à quel point c’est éprouvant. Mal à l’aise, elle passe une main dans ses cheveux, peu accoutumée à s’attarder sur les états de son âme, encore moins à les étaler ; et ce surtout face à une totale étrangère. On ne lui a jamais appris, à Delia, à compter sur les autres, à se confier, même brièvement, même si elle ne reste qu’en surface. La confiance en autrui ne s’apprend pas dans les salons mondains que Kenneth Mulciber adore et organise. Si elle est honnête, jamais Cordelia ne s’est jamais autant sentie vulnérable que les dernières semaines, depuis son retour. Constamment sur la défensive, à tenter de redevenir celle qu’elle fut, de combler les dix-sept années manquant au compteur et d’apprivoiser ce monde qui lui semble vain, fade et monotone.  Et les pensées qui lui tourne dans l’esprit sans lui laisser de répit mangent les dernières miettes de force qu’il lui reste. Alors, bravement, chaque jour, elle puise dans des réserves au plus bas pour continuer à maintenir l’illusion. Alors oui, Delia se sentait épuisée. Elle voulait juste dormir, fermer les paupières et se laisser partir. Et souvent, elle espérait ne jamais revenir.

Alors, quand les yeux de la vendeuse accrochent les siens, elle s’y arrime quelques secondes, comme à une attache dans la réalité. Peut-être que de si beaux yeux, ça peut valoir la peine de revenir, finalement. Pour ce doux sourire aussi, ce pli au coin des lippe, aussi... Le trouble la prend, et gênée, Delia s’écarte légèrement, imposant un espace qu’elle juge respectable et essentiel entres elles deux. « Donc. Oui. Je voudrais juste dormir. » Elle désigne les fioles du bout des doigts. « Ca m’aidera ? » Delia déteste ce manque de contrôle total sur la situation. Elle est bien trop habituée à être dans la position où elle maîtrise la conversation du début à la fin, puisqu’il s’agit – s’agissait – le plus souvent de mondanités creuses, de personnes qu’elle connait – connaissait. Delia déteste voir sa vie lui échapper totalement sans qu’elle ne puisse rien y faire.

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Saga Merrick
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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Jeu 21 Déc - 22:41


L'écoute-t-elle seulement ? À son regard qui ne la voit pas tout à fait, Saga est saisie d'un doute. Elle est à la fois rassurée et inquiète, quand la demoiselle paraît soudain retrouver ses esprits, s'habillant d'un masque lisse. Ses barrières, qui s'étaient légèrement abaissées à force de curiosité et d'attraction, s'érigent aussitôt quand elle reconnaît là le plumage des nobles, le menton droit de ceux qui se savent supérieurs. Peut-être fait-elle seulement face à une femme dotée d'une grande fierté, mais son instinct l'induit rarement en erreur... Quand l'inconnue répond enfin, la tension ayant saisi Saga s'envole, remplacée par une émotion peu familière : la compassion. Elle lutte contre cette réaction qui n'a rien de raisonné. Chacun porte son fardeau, après tout, et les souffrances silencieuses de cette femme n'ont rien à voir avec elle. D'ailleurs, plus celles-ci resteraient loin d'elle, moins elle en serait affectée. Ce que l'esprit tente d'imposer, le coeur n'écoute cependant pas, puisqu'elle continue de nourrir ce besoin de l'aider d'une manière ou d'une autre.

Elle en a vu bon nombre, des clients manquant cruellement de sommeil. Pourtant, jamais aucun ne l'a touché de la sorte. Jamais aucun n'a suscité chez elle cette impulsion, cette envie de s'avancer pour la soutenir et la guider jusqu'à l'un des fauteuils, où elle pourrait peut-être trouver un peu de répit. Elle est presque vexée de voir la cliente reculer, juste assez pour ne plus être à portée de bras. A-t-elle laissé transparaître trop, trahis l'attraction ? Un sourire gêné aux lèvres, elle détourne les yeux, de crainte de la faire fuir plus encore. « Oui, bien sûr. » À gestes prudents, elle repose la potion la moins puissante sur l'étagère puis lui montre l'autre. « Avec celle-ci, vous dormirez forcément. Mais je dois vous mettre en garde. » Les billes bleues la fixent de nouveau, dans l'espoir qu'elle comprenne l'importance de ses mots. « Les ingrédients qu'elle contient ne sont pas anodins, et peuvent induire l'addiction. » Avec un soupire, elle la lui tend.

D'ordinaire, Saga se serait arrêtée là ; serait retournée au comptoir, aurait annoncé le prix et laissé la cliente partir sans autre chose qu'un « bonne journée » poli. Les mots la tracassent, se glissant au bord de ses lèvres, et elle finit par céder bien qu'ils n'aient rien de très professionnel. « Mais si je peux me permettre, il serait peut-être plus efficace de traiter l'origine du problème. » Les bras croisés, elle ne cache plus l'inquiétude sur ses traits, abandonnant le masque commercial. « Si c'est possible. » Elle retient un nouveau soupire, se fustigeant déjà. Quelle sotte, de lancer de telles inepties. Les yeux qu'elle lève vers la brune trahissent ses remords, la blonde se mordillant la lèvre avec nervosité dans l'attente d'une réaction sans doute offusquée.


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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Mar 26 Déc - 1:41


L’inconvenance de son comportement ne la heurte pas immédiatement. C’est une évidence crasse qu’on ne fixe pas ainsi une inconnue à peine rencontrée ; elle pourrait réciter douze règles de bienséance et d’étiquette sur le même ton que chacun des précepteurs qui l’ont instruite. Et pourtant, les iris de Cordelia ne se détachent pas vraiment des deux orbes bleus posés sur elle, sauf pour dévier vers la courbe des lèvres ou le creux de la nuque. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle se plait à se perdre dans ce regard doux et amical. Elle hoche la tête, prêtant une attention moindre aux recommandations pourtant importantes de la potioniste  ; l’esprit de Cordelia s’est envolé lors que les lippes se sont séparées pour former des mots. La sensation lui fait un effet étrange, c’est un sentiment qu’elle n’a plus éprouvé depuis longtemps. Depuis son retour, bien sûr, mais bien auparavant. C’est à la fois déroutant, enivrant et effrayant de retrouver le goût et les impressions des premiers émois – car si Cordelia ne le réalise pas encore, c’est bien à ceux-ci qu’elle succombe doucement. Alors, avec une joie rentrée, elle se souvient des sensations dans le corps et dans l’esprit, l’impression de picotement au bout des doigts, l’étrange émotion qui lui tord le ventre et l’envie stupide de sourire qu’elle retient par un effort de volonté incroyable. Si elle prend le temps de fouiller sa mémoire, elle se remémorerait de quelques moments volés, durant la guerre, au détour d’un couloir et de regards échangés. Libérée de ses engagements par la fin brutale de son mariage, Cordelia s’est même par moment laissée aller dans les bras d’un homme ou d’un autre. Au jeu de la séduction, elle savait y faire, puisque toute son éducation n’avait qu’un but : lui apprendre à briller en société et plaire. Alors, elle maîtrisait à la perfection l’art de rire à la moindre tentative désespérante d’humour, entretenir des conversations vaines et plates ou au contraire, riches et agitées. L’ombre de Kenneth planait déjà sans cesse, aussi choisissait-elle ses rares amants parfois uniquement pour provoquer son aîné qui ne pourrait jamais rien y faire sans jeter l’opprobre sur sa famille. Et en de rares occasions, ce sont ses pairs qui ont retenu son attention, mais jamais n’a-t-elle osé aller au-delà des jeux insouciants et des défis stupides. De son temps, après tout, les femmes n’allaient qu’avec les hommes et il lui aurait été impossible de concevoir l’inverse, quand bien même en a-t-elle rêvé.

Ses yeux retracent rigoureusement la courbe de la mâchoire après s’être attardés sur le tracé des lippes et le sourire espiègle qui s’y cache et qu’elle devine (et voudrait voir éclore, enfin). Les billes ricochent ça et là et grappillent le moindre détail, comme la finesse des doigts qui tiennent encore la potion, la pâleur de sa peau et les boucles claires des cheveux. Cordelia n’en montre rien, mais elle s’immerge avec un rare plaisir dans les rémanences de sa mémoire, avant que la voix de la jeune femme ne la rappelle à d’autres réalités. L’instant n’a duré que quelques secondes, mais il lui semble qu’elle sort d’un songe bien plaisant quand elle sourit doucement et poliment à la blonde. La bouche s’ouvre, comme pour parle, mais rien sauf un rire gêné n’en sort ; son cœur rate un battement quand elle croise à nouveau le regard de sa vis-à-vis qui vient, ni plus ni moins, de l’inviter à la confidence.  « Je… , elle tente doucement, mais n’ajoute rien. » Que pourrait-elle bien dire, de toute façon ? Qu’elle revient à la vie après dix-sept années de silence, que son sommeil la fuit autant qu’elle le recherche et fouille sa mémoire à la recherches des éléments lui permettant de comprendre ou de savoir, dire qu’elle fuit de la même façon le sommeil par craintes des cauchemars qui hantent ses nuits ou simplement à cause d’une peur viscérale qui lui ronge les entrailles et lui rogne l’esprit ? Le silence s’étire quelques secondes qui lui paraissent une éternité, puis elle se reprend. Mais, ne rien répondre ou éluder mettrait un terme à l’entrevue, et une part de Cordelia ne s’y résout pas. « J’apprécie votre sollicitude, merci, répond-elle alors une main pour se poser sur l’épaule de l’autre et qui s’en détache presque immédiatement. Excusez-moi, c’était grossier et particulièrement familier !  (comme si la scruter comme elle venait de passer quelques minutes à le faire en l’était pas….) Disons… je pense que c’est en partie à cause de… tensions familiales. Je reviens d’un long voyage et je pensais retrouver une place parmi les miens. Mais il semble que tout le monde n’est pas prêt à accepter mon retour. C’est… pesant en plus d’être blessant.    Une demi vérité, voilà tout ce qu’elle peut offrir pour l’instant.»

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Dernière édition par Cordelia Mulciber le Mer 21 Mar - 12:50, édité 1 fois
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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Mer 10 Jan - 23:31


Elle se sent examinée, Saga. Mais pas comme elle en a l'habitude. Ce n'est pas qu'on la regarde comme une bête de foire, qu'on s'apprête à rire et à la désigner du doigt en crachant, sang de bourbe. C'est entièrement autre chose, et ça n'a rien de désagréable. Sans doute comme elle s'est permise de l'observer avec plus d'attention qu'elle n'aurait dû, l'inconnue fait en quelque sorte de même. Rassurée de n'avoir pas rêvé, de n'avoir pas imaginé cette inattendue alchimie, l'ombre d'un sourire se dessine sur ses lèvres à mesure qu'elle parle. Elle se permet des folies, en suggérant de soigner l'origine du problème, mais au fond elle ne regrette pas vraiment. Il n'y a pas assez d'indifférence en elle, pour que cette cliente là s'en aille ainsi, la potion à la main. Elle ne sait pas tellement ce que c'est, Saga, que de voir le repos se refuser à elle ; mais elle imagine sans peine. Quel genre de songes habitent l'esprit de cette femme ? Elle ne semble pas avoir plus de trente ans, et elle s'interroge malgré elle. Son âme est-elle en peine d'avoir vu trop d'horreurs ? C'est le plus commun des maux, après tout.

Le rire embarrassé de la brune lui rappelle l'inconvenance de sa question, et en la voyant hésiter plus longuement, elle s'apprête à s'excuser, à retirer son indiscrétion. L'autre est plus rapide cependant, brisant le silence gênant de sa voix plaisante. Saga ouvre des yeux surpris en sentant sa main se poser sur son épaule. « Ne vous excusez pas. » À peine un murmure, car elle ne sait comment la retenir, lui montrer que ce contact était le bienvenu. Alors elle se tait pour mieux écouter, une expression plus sombre se dessinant sur son visage à mesure que la brune s'explique. Son histoire a quelque chose d'étrange aux yeux de Saga, mais pas parce qu'elle manque de sens ; simplement, elle n'a jamais connu ce genre de choses. Ses parents, c'est elle qui les avait rejeté en premier lieu, avant de réaliser plus tard son erreur et l'amour qu'elle leur portait. De tous les êtres au monde, ils sont à la fois les plus coupables de son malheur, mais aussi les seuls sur lesquels elle sait pouvoir compter. Ainsi, être rejetée pour une longue absence lui paraît absurde, insensé. Elle fronce légèrement les sourcils, cherchant les mots. Aider les autres n'a jamais été son fort, alors elle opte pour la franchise. Dans certaines situations, elle sait qu'il est à proscrire d'être honnête ; d'ailleurs, face à une femme comme celle-ci, son instinct lui aurait d'ordinaire soufflé de garder ses pensées pour elle. Alors quel genre de magie la pousse à n'en faire qu'à sa tête ? « Ne devraient-ils pas être heureux de votre retour ? » Pensive, elle laisse s'échapper à voix haute ses réflexions. « C'est vrai qu'il faut parfois du temps pour se rendre compte d'à quel point on tient à quelqu'un. » Le sourire qu'elle offre avec ces mots est maladroit mais sincère. Saga se veut rassurante, un registre qu'elle ne maîtrise guère. Elle se penche légèrement, comme pour faire une confidence : « Mais peut-être que vous éloigner un peu d'eux vous ferait du bien. » Un sourire entendu joue sur ses lèvres. « Ou au moins, du bien à votre sommeil. Si j'étais vous, je serais vraiment prudente avec ces choses là. » En haussant les sourcils, elle désigne la potion dans les mains de la brune. Sans doute se permet-elle beaucoup trop, mais cette fois, elle ne cherche pas à éviter son regard. Qu'elle soit damnée si elle fuyait cette chance, aussi inespérée soit-elle.


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Cordelia Mulciber
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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Mar 20 Fév - 18:55


Cette fille devrait la repousser, instaurer de la distance, n’est-ce pas ? C’est ce que font les gens, normalement. Il ne laisse pas des inconnues leur toucher l’épaule comme s’il s’agissait de la chose la plus naturelle à faire, ils n’esquissent pas de mouvement. D’ailleurs, ils ne répondent pas à la conversation creuse et sans intérêt qui s’éternise depuis quelques minutes. Alors, par Merlin, que fait-elle ? Mais, parce que c’est une Mulciber, parce que c’est Cordelia Mulciber, elle se reprend. Elle se redresse, chasse de son visage les stigmates de ses soucis, et renvoie à la femme en face d’elle un sourire de circonstance, beaucoup moins sincère que ce qu’elle a pu présenter jusqu’ici, beaucoup plus confortable tant elle a l’habitude d’en user et abuser. « Les histoires de familles… », elle élude, un geste de la main pour accompagner la phrase plate et creuse - bien que celles de sa famille s'étalent toujours en première page de la gazette.. Ca lui demande encore toute sa concentration pour discipliner les pensées qui s’agitent et se cognent les unes contres les autres. « Merci pour le conseil, elle ajoute. Je ferai attention. » La main plonge dans la bourse pour en sortir les quelques pièces de paiement – sûrement plus que ce que la fiole coûte en réalité, mais si elle s’attarde encore trop, Cordelia sait que c’est à la panique qu’elle va céder. Et ça, son orgueil ne le lui permet pas.

10 décembre 1995

Autour d’elles, la foule s’agite tandis que les sbires du Lord exécutent les ordres et s’échinent à démasquer un coupable, un bon coupable parmi les autres, ceux qui n’ont pas la chance de faire partie de ceux qu’on ne soupçonne jamais, pour leur nom ou la Marque qui décore leur bras. Et comme personne ne semble vraiment réaliser qui elle est vraiment et qu’on ne lui demande vraisemblablement rien, elle attire Saga un peu en retrait. Elle meuble, c’est évident. Cordelia se fiche bien du contenu du sac que lui présente la jeune femme, ce qui lui importe c’est de découvrir le reflet de la déception ou même de la crainte dans le regard de la blonde. D’ailleurs elle le lui rend après une inspection qui n’en mérite même pas le nom.

Et dans ce chaos ambiant, Mulciber observe les lieutenants du Lord s’agiter en vain, les anciens avec une violence mal contenue qui ne demande qu’à trancher des chairs et provoquer des hurlements ; leurs rejetons, incapables d’imiter les aînés. Eux, n’ont connu la guerre que de loin – avec plus de distance qu’elle-même. Ils ne savent rien du peu de sang qui maintient un homme en vie, de la peur à instiller pour obtenir des aveux, quand bien même tout le monde sait qu’ils sont arrachés pour espérer un sursis ; la survie.
Ils sont pathétiques, se surprend-elle à penser, désolants -  ils ne pourraient jamais survivre si la guerre devait éclater à nouveau ici et maintenant, jamais commettre l’innommable pour défendre une idée (celle-là même à laquelle ils ne croient que pour les privilèges qu’elle leur accorde). Depuis quand l’armée de Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom économise son pouvoir et la brutalité gratuite qui l’accompagne systématiquement. Ses souvenirs datent peut-être de presque vingt-ans, mais pour Cordelia, ils pourraient dater de la veille tant ils sont prégnants. Jamais les Mangemorts n’ont fait preuve d’autant de retenue. Et l’oubliator le décèle chez certains des sbires les plus loyaux, ça leur démange la langue et la baguette.

Sur son bras, la Marque chauffe et brûle, comme de lui rappeler son camp. Ce qu’elle est. Qui elle est. Ce qu’elle a commis. Son regard croise celui de Saga. Plus loin, elle aperçoit Kenneth Mulciber, qui malgré la situation trouve encore moyen de se pavaner. Dans sa poitrine gonfle un sentiment indistinct et subtil, un mélange de colère, de rancœur et surtout, la certitude que ce n’est pas son combat, ne l’a jamais vraiment été et ne le sera plus jamais ; qu’elle arrêtera de se soumettre à la parole et au bon vouloir de Kenneth Mulciber. C’est sûrement à ce moment-là que la Mulciber se décide. La poigne agrippée autour du bras, Cordelia entraine Saga dans son sillage parmi la foule paniquée. « Viens ! » Son autre main entoure le frêne inerte mais au contact rassurant. Peu lui chaut cette chasse au coupable. Personne ne tente de les arrêter, et c’est tant mieux. Et quand enfin, elles ne croisent plus personne dans les venelles de Londres et que la fureur de la traque n’est qu’un écho lointain, Cordelia consent enfin à s’arrêter et faire face à Saga – qui n’a rien demandé. Sa décision lui semblait raisonnable sur l’instant, et la Mulicber ne laisse pas au doute ni le temps ni le droit de s’installer. « Il faut qu’on dégage d’ici, elle fait, le souffle légèrement haché. » La blonde ne pose pas de question, attrape son bras, et l’instant d’après, Cordelia reconnait le comptoir de la boutique où elles se sont rencontrées. Sauf que cette fois, semble-t-il, c’est depuis l’arrière-boutique.  

Un moment, Cordelia ne dit rien, elle se contente de reprendre son souffle et retrouver une contenance. « Ca va ? » elle finit par demande, osant enfin affronter Saga du regard.

C’était stupide. Inconsidéré. Dangereux. Et terriblement libérateur. Et pour la première fois depuis des semaines, Cordelia sent la vie pulser dans ses veines - à moins que ce ne soit que l'adrénaline qui sature son corps pompée par un myocarde affolé.


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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Mer 7 Mar - 0:25


Saga n'a pas besoin d'entendre la réponse. Elle décèle les signes du changement, la distance qui reprend ses droits en une fraction de seconde. Elle est allée trop loin. Alors à son tour, la née-moldue esquisse un sourire convenu. Elle s'adapte. Comme toujours. La déception, elle la chasse au coin des yeux, la pousse dans un recoin. Qu'importe, ce n'est qu'une rencontre maladroite. Inadéquate. Il suffit de les voir pour comprendre où le bât blesse... Elle hoche le menton, à la manière d'une poupée docile, et prend les pièces avant de souhaiter une bonne journée à la belle.

10 décembre 1995

Il faut le dire, elle a tout l'air d'une coupable. Ses yeux balayent la foule avec inquiétude, comme convaincue qu'on finirait par la pointer du doigt... La sang-de-bourbe, l'infâme qui s'est permise de se hisser au rang de potionniste dans une société où elle devrait être en train de pourrir au fond d'un caniveau ou de ramper parmi les moldus. La présence de la brune devrait la rassurer, presque le seul visage familier de cette foule ; mais elle ne la connaît qu'à peine. La honte continue de se glisser sous son épiderme, de lui corrompre les pensées. Elle n'ose même pas la regarder, cette presque inconnue, elle évite son regard pour cacher son humiliation. Pourquoi est-elle venue vers Saga ? Il n'y a que des risques à l'approcher, à s'afficher aux côtés d'une vermine comme la blonde. Puisque ce n'est pas pour le plaisir de la secouer davantage, de la bousculer comme d'autres.

Soumise tel un chien fidèle qui jamais n'oserait mordre la main du maître, Saga garde un silence contrit malgré le chaos qui s'annonce autour - la rumeur frémissante de la foule. Bientôt, la colère de certains éclaterait, elle le sent. En revanche, elle ne s'attend pas à cette main qui l'attrape tout à coup par le bras. Un sursaut violent la saisit et elle est à deux doigts de lever une main pour se protéger d'une attaque qui ne vient pas. Au lieu de cela, la mangemort la tire derrière elle à travers la masse des sorciers. « Viens ! » Les yeux écarquillés, elle ne peut que se laisser entraîner, incapable de réagir autrement qu'en bafouillant. « Qu'est-ce que... » La jeune femme ne l'entend pas dans le brouhaha du marché, aussi finit-elle par se taire et la suivre.

Que sont-elles en train de faire ? C'est de la folie. De la pure folie. Pour ne pas penser, Saga se concentre sur ses pas : ne pas chuter sur les pavés du Londres sorcier, ne pas bousculer les passants sur leur chemin. Elle étouffe les pensées affolées qui la traversent, se mord la lèvre avec force. La potionniste n'est guère sportive, et déjà son souffle se fait court et ses jambes lourdes, d'autant qu'elle n'a pas l'habitude de courir avec des talons. Malgré la température hivernale, la sueur coule dans son dos et fait se coller quelques mèches à son front ; quand enfin Cordelia s'arrête et la lâche, Saga lâche un soupire de soulagement. « Il faut qu’on dégage d’ici. » Elle voudrait poser des questions, se scandaliser, mais la brune a raison : le mal est déjà fait. C'est son tour de l'attraper, sa baguette à la main, et de les envoyer directement à la boutique. Ses doigts toujours enroulés autour du bras de Cordelia, elle l'entraîne derrière le rideau de l'arrière-boutique, qu'elle tire d'un geste nerveux. Puis elle relâche tout, le bras de la brune, la baguette qu'elle abandonne sur le plan de travail soigneusement rangé. Ses doigts s'activent pour se libérer du manteau en coton et de son écharpe. Il lui semble qu'elle étouffe, et quand enfin elle en est débarrassée, la blonde prend une grande respiration. La question de la mangemort lui échappe totalement, ses yeux paniqués allant de celle-ci au rideau fermé. Elle se met à tourner en rond, ses talons claquant sur le sol qui grince.

Les scénarios défilent devant ses yeux, tous plus affligeants les uns que les autres. « C'était... c'était complètement stupide ! » qu'elle lâche d'une voix saccadée. « Ils sont capables de me faire tuer pour moins que ça. » Elle se fige, les bras croisés, et tente de reprendre le contrôle. Sa panique ne peut pas être aussi apparente. Elle doit retrouver son calme légendaire, sa contenance impeccable.

Les yeux pâles se fixent sur la brune comme pour chercher une explication. Comment a-t-elle pu être aussi... inconsciente ? Se pense-t-elle intouchable de par son statut ? L'est-elle vraiment ? De nouveau, elle se mord la lèvre, mais cette fois elle ne fuit pas le regard de Cordelia. « Tu ne me connais même pas, souligne-t-elle finalement. Pourquoi ? » Elle contourne la jeune femme pour ouvrir une commode et en sortir une bouteille de whisky pur feu. Toujours la même, qui au fil de ces dernières semaines a doucement mais sûrement descendu - plus que cette dernière année, à vrai dire... Malgré ses mains légèrement tremblantes, elle parvient à leur servir deux verres mais laisse celui de son invitée imprévue sur le plan de travail. Elle pourrait le lui tendre, mais craint le contact occasionné. Cette femme est une tempête, et Saga n'est pas certaine de vouloir se laisser emporter. S'adossant à l'atelier, elle descend la moitié du verre d'un geste et grimace quand l'alcool lui brûle la trachée.


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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Mar 13 Mar - 1:56


Le calme et la sérénité de Delia détonnent d’autant plus que la jeune blonde s’agite et remue en face d’elle, va et vient, une expression de panique plaquée sur son joli visage. Alors, Cordelia ne bouge pas, reste immobile. Il lui semble que quoi qu’elle dise ou quoi qu’elle fasse, rien ne pourra rassurer la potioniste. Mulciber sait que personne ne tentera rien : trop occupés à traquer les trouble-fêtes, personne n’aura remarqué la fuite de la cadette Mulicber et de la blonde qu’elle traine derrière elle. Ceux qui l’auront noté en savent assez sur ses anciennes occupations et trop peu sur la personne qu’elle est devenue pour ignorer son incapacité à produire la moindre magie ; les esprits tireront leurs propres conclusions. Dans tous les cas, n’importe lequel, l’aura de sa famille les protège. Mais, peut-elle l’avouer à la femme qui lui fait face ? Le souhaite-elle ? Peu à peu, le souffle reprend son rythme normal, et si l’adrénaline sature encore son corps tout entier, au moins le cœur cesse-t-il le pomper furieusement. Avec des gestes lents et mesurés, elle se défait à son tour de son manteau et fourrure. La marque sur son bras continue de lui ronger les chairs, mais déjà l’habitude de cette douleur lancinante revient, et si elle ne l’oublie pas tout à fait – impossible – Cordelia l’ignore avec application. Elle ne fuit pas le regard de Saga, elle se contente de l’observer, le visage égal et imperturbable, et conserve cette distance entre elles, qui déjà lui semblait autant vitale que pénible lors de leur précédente rencontre. Ses yeux s’attardent sur bien trop de détails insignifiants -essentiels, et son regard se fait bientôt trop intense, encore. « Tu ne me connais même pas. Pourquoi ? » La question la prend de court. « Je ne sais pas, elle répond d’abord spontanément. » Parce que j'en avais envie. Parce que c'était ce qu'il fallait faire. Doucement, comme s’il s’agit d’un animal sauvage, Cordelia s’approche de la jeune femme, tremblante et encore affolée. Avec toutes les précautions du monde, elle la déleste de son verre et lui attrape les poignets. Les billes cherchent les billes, et la voix se fait rassurante. « Il ne se passera rien. Fais-moi confiance. S’il te plaît ? » Entre ses doigts encore froids, il lui semble que la peau de la jeune blonde lui brûle la carne. Dans la cage d’os, le myocarde s’emballe à nouveau, et certaine d’avoir à nouveau dépassé une frontière invisible, Delia relâche la jeune femme. Elle ne s’éloigne pas pour autant, ni ne détourne les yeux. C’est qu’il y a cette attraction un peu irréelle qui la pousse à vouloir la prendre dans ses bras, loger le nez dans la nuque. Elle se sent aussi stupide, confuse et perdue qu’une adolescente qui découvre ses premiers émois amoureux. Cette fille à ce pouvoir dangereux sur elle, celui de lui faire perdre tous ses moyens, et ce depuis leur première rencontre. Sans vraiment lutter, la retenue naturelle de Delia l’empêche de céder à cette envie qu’elle devine pourtant mutuelle – ou l’espère assez pour y croire. Les billes accrochent le verre qui lui était destiné et dont elle s’empare pour le vider dans l’instant. L’alcool lui brûle autant la trachée qu’il annihile ses quelques craintes tout aussi rapidement. Elle lui tend la main, comme de rencontrer un nouveau partenaire d'affaire, d'un geste très cérémonieux « Delia. » Il n'y a que la lueur et le début de sourire qui lui retrousse les lippes pour contrer l'effet.

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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Jeu 15 Mar - 5:29


Ce n'est pas une réponse. Saga a toujours aimé savoir, comprendre : ce qui lui échappe la frustre aussitôt, tout mystère se doit d'être résolu d'une façon ou d'une autre. C'est sans doute ce qui l'a poussé vers les potions et leurs secrets dès son plus jeune âge. C'est ce qui lui fait froncer les sourcils... Que faire de ces quelques mots sibyllins qu'on lui jette, et de ce regard acéré ? Elle est soudain comme prisonnière, Saga, et ne cherche pas vraiment à se libérer. Le joug de ces yeux là n'est pas déplaisant. Les mains qui saisissent ses poignets n'ont rien de véritables chaînes, bien qu'elle se sente pétrifiée par leur étreinte. C'est exactement ce qu'elle s'imaginait éviter en laissant le verre sur l'atelier. Peut-être aurait-elle dû vider le sien avant que la brune ne le lui retire, ainsi aurait-elle trouvé la détermination de la repousser. Ou aurait-ce eut l'effet opposé, la raison disparaissant souvent avec la sobriété.

Qu'importe. Ce qu'elle aurait dû ou n'aurait pas dû faire. Il y a sans doute eut un moment, maintenant passé, où elle a perçu le danger avec la plus grande lucidité. À présent, sa vision s'est recouverte d'un voile qui la perd. Le désir, abrupt et incontrôlable, lui retourne le ventre et le cœur comme d'un grand coup de vent. « Il ne se passera rien. Fais-moi confiance. S’il te plaît ? » La poupée, toujours aussi docile mais peut-être à raison cette fois, hoche doucement le menton. Il y a bien une part d'elle qui hurle de ne pas l'écouter, de ne pas lui concéder la moindre miette de confiance. Tu ne peux compter que sur toi-même, Saga. Les autres finiront toujours par te voir comme une misérable vermine. Elle ferme les yeux, fronçant les sourcils pour chasser ces idioties. Sans s'en rendre compte, ses doigts se sont tendus pour retenir ceux de la jeune femme, en vain.

Les paupières s'agitent, se soulèvent avec peine. Tout ceci ressemble à un drôle de rêve. Les gens ne tombent pas amoureux ainsi, pas dans la vraie vie. Seulement dans les livres et les films moldus. Tout au plus, dans quelques articles mensongers des journaux sorciers. Elle note le verre soudain vidé par la sorcière. Elle l'envie pour ce courage liquide avalé en une gorgée, mais son verre est déjà trop loin, bien trop loin pour ce qu'elle a envie de faire maintenant. « Delia. » La main tendue interrompt brièvement son élan ; sans réfléchir, elle la saisit. « Saga. » Il n'est plus temps d'y penser à deux fois. Elle n'a qu'à s'approcher d'un pas de plus, chassant avec dédain l'espace qui les sépare. Ses yeux étudient sa réaction, la scrutant sans honte, ni doute. « Tu sais ce que je suis, lâche-t-elle dans un souffle, à quelques centimètres de sa peau. Tu devrais me repousser. » Il suffirait que Delia recule, ou qu'elle l'écarte de la main. Saga lui offre ces quelques secondes de répit, de flottement, avant que leurs lèvres ne s'effleurent finalement. Il lui semble qu'une éternité s'est passée depuis la première fois qu'elle en a eut l'envie... et pourtant, ce n'est qu'une question de jours.



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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Ven 16 Mar - 2:18


Le derme affolé par les doigts qui la frôlent, Delia ne quitte jamais des yeux la jeune femme devant elle. Saga. Elle se répète en boucle le prénom en silence, le décortique et l’assemble à nouveau, ravie de pouvoir enfin nommer celle qui vit dans un coin de son esprit depuis une semaine entière. Le souffle de la blonde lui brutalise les sens, et de la sentir si proche la plonge dans un trouble qu’elle n’a jamais connu. Un vertige agréable la prend toute entière. Saga comble cette infime distance, l’odieuse distance qui les sépare encore Avec une rare acuité, Delia perçoit tout :  la présence irradiante de Saga, le silence qui les entoure et la rumeur qui s’élève de la rue non loin de là, la respiration hachée de Saga, la sienne tout aussi erratique. Le chaud lui monte d’entre les cuisses pour se loger au bout des doigts, comme engourdis. Pétrifiée d’attente fébrile, Delia ferme un instant les yeux. Le souffle de la blonde sur sa peau déclenche dans ses intérieurs trop d’émotions pour pouvoir les nommer, et quand enfin les lippes frôlent les lippes, Delia mord généreusement dans la pulpe. Elle en oublie de respirer, de penser, de paniquer. Elle s'oublie dans ce baiser d'abord chaste et maintenant plus entreprenant. Dans la main de l’autre, se délient les doigts pour aller s'accrocher et s'enrouler. Au milieu de la cage d’os, le myocarde rate un battement pour palpiter de plus belle et quelque part au fond du ventre, une douce chaleur s’embrase brutalement. L’autre pogne trouve une hanche pour se perdre derrière la nuque et quelques pas maladroits les cognent contre le comptoir. C’est merveilleux et puissant et libérateur. Et dans le même temps, une tension comme Delia n’en a jamais connue s’est emparée de tout son corps. Les entrailles retournées, c’est à contrecœur qu’elle brise l’étreinte, un sourire extatique pour lui illuminer le visage. « Enchantée, elle répond dans un petit rire et la voix un peu rauque. »  L’instinct la guidant, les lippes de Delia trouvent un coin de mâchoire, un recoin dans la nuque avant de revenir aux lèvres pour attarder le front contre le front et se donner quelques secondes pour mettre de l’ordre dans son esprit ou retrouver sa respiration. Mais le parfum de la blonde la déconcentre et plante en elle d’autres envies, d’autres idées, insanes. Aussi loin qu’elle fouille dans sa mémoire, Cordelia ne se souvient pas d’avoir jamais ressenti quelque chose d’aussi fort et brutal. Elle ne savait même pas qu’il fut un jour possible d’éprouver des émotions aussi vivaces. Elle ne se rappelle pas d’être un jour sentie aussi vivante. Alors bien sûr, c’est un peu terrifiant, mais elle s’astreint à chasser la boule d’angoisse qui se dispute à son bonheur. Il suffit d’un rien, juste de relever les yeux pour se confronter aux billes brillantes de Saga, là, tout près d’elle. Le sourire se taille une place de choix, éclaire à nouveau le visage de Cordelia.


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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Mar 20 Mar - 18:28


Timide baiser, encore peu assuré. On attend le rejet, on le guette comme un vieil ennemi tapi là. Pourtant, rien ne vient, si ce n'est ces lèvres qui lui rendent au centuple, ces doigts qui s'enroulent autour des siens. Il semblerait que la chance tourne, par quelque miracle. Car comment ne pas voir la différence, comment ne pas sentir que cette fois, c'est autre chose ? Ce ne sera pas l'affaire d'une nuit, ni même de dix. À cette idée, tout se remplit d'espoir et d'envie. C'est le silence qui répond à son avertissement, sa mise en garde. Délicieux silence. Elle ne pensait pas s'en repaître un jour avec une telle joie. Ni goûter aux lèvres d'une telle femme. Saga manque d'air, se refusant à s'éloigner de ces lippes ne serait-ce qu'un instant. Le charme pourrait peut-être se briser, le brasier s'éteindre si vite qu'il fut allumé. Elle peine à s'abandonner, la potionniste. Il y a toujours cette raison à laquelle elle s'accroche, ce maudit bon sens qui dicte trop souvent ses actes. Les mains de Delia laissent une traînée de chaleur sur son corps, même au dessus du tissu. Pourquoi cette sensation qu'on l'effleure pour la première fois ? À son tour, elle s'accroche aux hanches de la brune, comme pour ne pas perdre pied. « Enchantée. » Ce rire. De nouveau, le ventre qui se tord, qui réclame d'entendre encore cette voix. Le souffle se coupe quand Delia se fait plus aventureuse, la surprenant. Elle aimerait prononcer ce prénom mais l'air lui manque, de même que la volonté d'interrompre l'instant. Sans doute est-il temps de vivre plus qu'une demi-vie, songe-t-elle. Temps de se taire, d'accepter de prendre des risques. Au diable, les « en es-tu sûre ? » et autres « c'est une mauvaise idée. » Non, le silence est d'or ; s'il pouvait être encore interrompu par le rire de Delia, ou par ses soupires, il n'en serait que plus délicieux. Son sourire suffit à abattre les dernières barrières, et voilà qu'elle le lui rend doucement, avec une pudeur qu'elle ne se connaissait pas jusqu'alors. Du bout des doigts, elle se hasarde à frôler sa joue avant de descendre contre sa gorge, ses yeux la scrutant sans plus de retenue. Avec douceur, comme par crainte de l'effrayer, elle pousse à son tour contre sa taille pour que les places s'inversent. D'un geste rapide, elle écarte ce qu'il reste sur l'atelier, puis la soulève pour l'y asseoir. Peut-être va-t-elle trop vite, peut-être est-ce folie ; mais elle ne peut retenir sa main qui se pose sur la cuisse de Delia, encore au dessus de l'étoffe, et qui descend jusqu'au genou. Elle l'observe, guettant sa réaction avec nervosité. L'envie la ronge de l'attirer sans plus de manières plus près d'elle, de se presser entre ses cuisses et de voler à nouveau ses lippes. Mais tout ceci est beaucoup trop rapide, non ? C'est peut-être ce que Delia protestera, ce que ses yeux crieront ; alors elle se mord la lèvre dans l'attente, ses doigts remontant avec la même lenteur jusqu'à sa taille.



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Sujet: Re: de battre mon coeur s'est arrêté (saga)   Mar 3 Avr - 22:54


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