daily prophet

La Coupe de Quidditch britanique touche à sa fin. Les Hollyhead Harpies sortent vainqueurs du tournoi et la fête bat son plein. La rebellion, elle, murmure (+).
Les tensions montent alors qu'un nouveau revenant est enfermé à Azkaban pour le meurtre "accidentel" de sa fiancée.
Teatime with the Queen : Buckinghamshire est voté le county préféré des sorciers immigrants.



 


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 Pede poena claudo.

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Sujet: Pede poena claudo.   Mer 29 Nov - 23:06

pede poena claudo.
avec ariadne slughorn

Le châtiment suit le crime en boîtant.

Lorsqu’à défaut de les nommer elle les évoque, Imogen Mulciber parle d’eux comme des nouveaux riches, arrivistes, ergoteurs et parvenus. Il est entendu que, s’ils ont eu une goutte de sang-pur, ils l’ont par trop de fois dilué. Et une fois suffit. En temps de domination suprémaciste, les sang-mêlés débordent pourtant de fortune, à la fois en chance et en monnaie. Les plus ingénieux et les plus opportunistes d’entre eux se dressent à hauteur de la vieille aristocratie, celle-là qui s’est estropiée durant la Guerre et qui se meurt à force de luttes intestines et de mariages viciés. Roderick lui-même compte plus de compagnons parmi les mêlés que parmi les siens. Ils sont plus nombreux, portés par la reconstruction d’un pays ravagé, si bien que leurs engeances forment désormais la cour décadente des futurs puissants, le cercle fermé des enfants les plus imbus d’eux-mêmes et de leurs propres légendes. Ils n’ont, pour le pire et sans le patrimoine génétique pourrissant, rien à envier à leurs homologues au sang-pur.

Entre les lèvres, les mêmes nectars. Aux narines, les mêmes poudres.
Roderick n’est pas étranger aux fioles qui tombent de la manche dans la paume. Quelques gouttes trempent dans un verre de mauvais vin et la nuit perdure jusqu’à l’aube de la prochaine. À deux reprises, il a manqué d’être disqualifié pour avoir ingéré des substances qui, si elles ne sont pas dopantes à proprement parlant, sont proscrites par la Ligue britannique du duel et le département des jeux et sports magiques. Ce ne sont pas des sermons qu’il a reçus, ce sont des raclées. Puis les années ont apaisé sa soif, son vice, la vacuité d’une existence plaquée or. Toujours vide, toujours tiède, Roderick est plus modéré. Certains diront qu’il a vieilli, d’autres qu’il n’a jamais grandi. Reste que son tapage est moins éclatant, beaucoup plus calculé. Il y a plus de six ans, maintenant, qu’il fait semblant et que les regards s’y laissent prendre.  

Il y a une quinzaine de jours, on l’a donc fait entrer dans un bureau du Ministère. « C’est d’intérêt public, vous comprenez, lui a-t-on raconté. » Il y avait dans ce mot de public toutes les lettres de Voldemort mais Mulciber a patienté qu’on lui expose plus avant ce qu’il en avait à foutre. « Ce fléau…. Il menace peut-être le futur Ministre de la magie. » Roderick aurait voulu qu’on lui dise lequel de ses semblables, stupides, enivrés et terriblement précieux, a, par Merlin, l’étoffe d’une Dorothea Avery. Il s’en est retenu, l’oeil fixe, la mine fermée, car son insolence serait passée pour de la bêtise. Or, il comprend que les limiers britanniques visent le nouvel opium qui coule à flot parmi les plus jeunes et les plus protégés des nantis londoniens. On n’est pas à l’étage de la Justice magique mais à celui de la Propagande ; on ne va pas poursuivre les chiards arrogants des plus riches pour leur consommation stupéfiante mais tâcher de les protéger, d’eux-mêmes. C’est assez ironique qu’ils se soient tournés vers lui, estime Roderick, mais pas mal-avisé. Il a toutes les entrées, connaît tous les noms, et porte une marque qui le fait maître et esclave. « Vous n’aurez pas besoin de débusquer le responsable par vous-même, a poursuivi le sorcier en habits de prosélytisme. Vous ouvrirez les portes et nous trouverons quelqu’un qui saura trouver la source. »

Il fallait que quelqu’un soit la fille d’Arcturus et Galatea Slughorn…
Roderick et Ariadne sont, par l’entremise de la grand-mère de celle-ci, de lointains parents. Deux ans plus tôt, cette connivence les promettait à un mariage ; Octavia, épouse Slughorn mais née Mulciber, aurait été ravie de se rapprocher de la branche principale tandis que Kenneth, ainsi qu’il a toujours conspiré pour le profit, aurait consenti à la consanguinité dans le but de faire basculer la neutralité des Slughorn sur le versant du Seigneur des Ténèbres. Le projet n’était pas si affreux. Il s’était, malheureusement, produit un incident, dont Roderick portait depuis le sang aux paumes. Le cadavre du cousin d’Ariadne, et feu le fiancé de Phaedre Rosier, avait jeté un linceul sur ces fiançailles non-annoncées. On avait consommé la rupture entre les deux camps (surtout après que Roderick soit sorti d'Azkaban sans l'once d'une procédure au cul). Mulciber n’avait plus vu Ariadne. Jusqu’à il y a une semaine, et une autre entrevue dans ce bureau du Ministère.

N’ayant, sur l’heure, échangé que peu de mots, les deux héritiers ne se retrouvent que sur le terrain de leur commune enquête. Une fête indécente. La fine fleur de la jeunesse britannique. Des gallons d’alcool. Des litres et des kilos de drogues. Le rendez-vous est donné sur le seuil, moins pour leur épargner de se fréquenter que pour éviter d’ébruiter leur très récente association. De fait, et usant le marbre du couloir de la gigantesque demeure qui accueille la soirée, Roderick rumine. Il n’a rien contre Ariadne. Il se moque de l’opinion qu’elle a de lui. Et, plus que tout, il n’a absolument aucune confiance en elle.
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Sujet: Re: Pede poena claudo.   Dim 3 Déc - 20:10

pede poena claudo.
avec roderick mulciber

Finalement, Ariadne s'est assagie, Ariadne s'est modérée.
Convoquée chez la directrice du Département de la Justice magique, la sorcière s'était heurtée au jeu politique que la puissante femme menait d'une main de fer. En sa qualité de cousine, Theodora Avery lui avait exposé, crûment et avec force détails, les inconvénients de sa petite entreprise. Inconvénients qu'Ariadne avait balayé d'un revers de main, pour se voir aussitôt souffleté par son aînée. Une conversation houleuse et quelques verres de scotch plus tard, elle convenait de la véracité des arguments de sa cousine. A sa décharge, et parce qu'elle n'aime pas passer pour faible, les talents de persuasion de Theodora ont joué pour beaucoup dans ses nouvelles résolutions. Peu désireuse d'écourter sa si formidable existence (elle sait qu'au vu des ravages que provoque la night howler, ce n'est pas à Azkaban qu'elle finira), elle a donc accepté un compromis supportable. Même si elle estime toujours être la grande perdante de toute cette histoire, reste tout de même une information capitale : en suivant à la lettre le plan convenu, elle restera en vie.

Et comme de juste, le scénario prévu implique de faire fonctionner l'influence de Theodora au Ministère. Car à quoi sert d'être directrice d'un département si on ne peut pas user de son pouvoir à sa guise. Ainsi donc, le nom du coupable encore inconnu, l'affaire de la night howler sera transférée au Département de la Propagande, car de toute évidence, il s'agit d'une menace pour la société magique et ses jeunes. Ils constituent indéniablement l'avenir de cette dernière et il convient de les protéger, car c'est là le travail du Seigneur des Ténèbres. Amen, comme disent les moldus. Avec cet arrangement, Theodora se trouve déchargée de l'affaire, libre de ses mouvements sans avoir trahi sa cousine. En suggérant le nom de cette dernière au directeur du département de la Propagande pour démasquer le coupable fabriquant, elle la lave ainsi de tout soupçons, avant même que ceux-ci viennent planer au-dessus d'elle. Coup de génie pour la blonde, qui en compte déjà un certain nombre à son palmarès.

C'est ainsi qu'Ariadne se retrouve chargée de traquer la piste d'un sorcier criminel, responsable de la diffusion d'une drogue connue sous le nom de night howler. Un poison dont elle est pourtant à l'origine, et qu'elle doit renoncer à proclamer comme sienne. Blonde et angélique comme elle est, on a du mal à croire que quelques heures avant, elle avait encore les mains dans les chaudrons, préparant cette poudre qui circule actuellement dans le nez de cette jeunesse dorée et décadente de la société magique. La voilà désormais dans les couloirs d'une demeure inconnue, rejoignant son acolyte. Vaste blague que l'identité de ce dernier. Roderick Mulciber, un univers à lui seul de suffisance et de dédain, doublé d'un assassin. Bien sûr, elle n'oublie pas sa part de responsabilité dans l'affaire qui mena à sa mort Lorcan. Mais elle n'était pas le sorcier qui tenait la baguette coupable, elle n'était pas le sorcier qui lança le sort fatal. Leur passé commun, leur ascendance et leurs fiançailles officieuses n'arrangent rien à la situation. Lointain parent ou fiancé, Roderick restera le meurtrier qu'il est depuis deux ans.

Parvenue devant le brun, elle agite la main en un signe amical. « Mulciber. Je ne peux pas dire que je sois ravie de te revoir. » Le ton est chaleureux mais chargé d'ironie. Le regard qu'elle pose sur son associé imposé en dit long sur les sentiments qu'elle lui porte. Malgré les années et le retour de Lorcan, elle reste hostile au duelliste. Rien n'effacera les crimes de Roderick, pas mêmes les siens. Sait-il, le petit privilégié, qu'il a failli être père ? Se doute-il de ce qu'il a perdu ? Peut-être vaut-il mieux qu'il n'en sache rien pour l'instant. Parfois lâche, Ariadne préfère profiter encore de la protection offerte par l'ignorance de Roderick. Rancunière et avide de vengeance, elle n'est pas prête à assumer des actes aussi graves que ceux qui furent les siens deux ans auparavant. Dans l'immédiat, elle se concentre sur les raisons de sa présence ici. Brouiller les pistes et éloigner les autorités de sa petite entreprise. « On devrait y aller. J'aimerais autant être débarrassée de tout cela rapidement. » Sans s'embarrasser de demander son avis à Roderick, elle pousse la porte du salon, à travers laquelle leur parvient depuis le début le bruit de réjouissances débridées.

Aussitôt, elle se retrouve propulsée dans un univers qu'elle n'a jamais connu. Sans être réservée, Ariadne a longtemps préféré se tenir à l'écart des mondanités. Comme tous les membres de son clan, elle a fuit la société et ses usages trop contraignants pendant des années. Peu désireuse de se mêler aux intrigues qui font choir une famille de son piédestal, elle n'a jamais pris part aux fêtes endiablées qu'ont hanté ses anciens camarades à la sortie de l'école. Aujourd'hui encore, elle se tient éloignée des machinations politiques et de ces fêtes où se font et se défont des alliances millénaires. Se préparant à une longue nuit, la sorcière carre les épaules et s'avance dans la pièce, au milieu des corps mouvants imbibés d'alcool et roulés dans la poudre. Elle ne prend pas la peine de vérifier que Roderick la suit. Il le fera quoi qu'il arrive.
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Sujet: Re: Pede poena claudo.   Jeu 7 Déc - 14:59


Elle aura pris son temps, se borne-t-il à remâcher, les omoplates rivés à son pan du mur extérieur. Mulciber n’est pas bon au jeu qui consiste à attendre. Trente années de caprices et de profusions lui ont enseigné le pillage. Il ne s’explique jamais. Il ne s’excuse jamais. Dans les pires formes qu’ait pris son égoïsme, il y a le cousin d’Ariadne, oui, et tellement d’autres choses. Ils n’ont, par conséquent, aucune sympathie l’un pour l’autre, bien que leurs motifs soient extrêmement différents et pas aussi valables (du moins, jusqu’à ce que Roderick apprenne ce que, pour vengeance, elle a fait à son tour). « Peut-être est-ce aussi mon cas, claque la langue sur le palais, et je ne me sens pas obligé de m’en ouvrir à toi pour autant. » Il sourcille, ironique. L’hostilité de la blonde est naturelle, mais déplacée. Ils ont été associés, contraints et forcés, car c’est l’ouvrage de ceux qui portent et leur nom et leur sang. Dès lors, ils peuvent se rudoyer ou collaborer. Qui sait si leur coopération se limitera à ce soir ? Quelles seraient, surtout, les conséquences d’un échec, à plus forte raison s’il découlait de leur mauvaise entente ? Roderick ne se voit pas raconter à son père qu’il n’a pas su prendre sur lui, et Ariadne sur elle. Il lui faudra sans doute ravaler ses vilaines réparties, de crainte qu’elle soit plus sauvage et plus fière que lui. Dans ce cas, ils perdraient tous les deux, au moins la face.

Merlin, s’il s’était marié à cette furie… paumes en avant, battant rompu et passage fait. Roderick n’aurait-il abattu son idiot de cousin que ce serait certainement le cas. Kenneth Mulciber était assez enthousiaste, à l’époque. Son fils n’y trouvait rien à redire non plus. Ariadne est jolie, y compris lorsqu’elle lui distribue sa haine. Leurs caractères sont certes divergents mais il a toujours eu, semble-t-il, des facilités à s'allier des personnalités antagonistes. Sans doute car Roderick n'est pas vraiment le salaud qu'il présente au monde, ou pas entièrement cela.

Roderick, qui talonnait Ariadne après l'avoir suivie à l'intérieur de toute sa mauvaise volonté, la dépasse avec un rictus oblique. « Tu as l’air… perdu. » Rendu à sa hauteur, il se moque : « Tu t'attendais à quoi ? »
Ces nuits-là sont plus sombres et moins lisses que les mondanités habituelles. Derrière chaque porte, sur chaque sofa, on n’oublie tout de sa bonne éducation. Au début, c’est vrai, ils ont l’air de leurs parents, coupe au bord des lèvres et conversations compliquées. Mais il ne faut pas plus d’une heure, et une demi, pour que l’ambiance dégénère dans ce qu’aucuns considèrent comme le bon sens. Ils sont ce qu'il y a de plus futile et de plus turbulent dans tout Londres, et s'appliquent avec méthode à le demeurer. Un jour, ils auront, tous, des responsabilités. Mais aujourd'hui est une nuit, et la nuit, rien ne compte.

Sur une console dont quelques mains grappillent régulièrement l’offre éthylique, Roderick sélectionne lui-même deux breuvages qu’il soupèse à la vue puis à l’odorat. Ce qui tient plutôt du tube que du verre est tendu à Ariadne : « Ne le bois pas. » Il le lui ordonne presque, alors que ce serait plutôt une recommandation camarade. « Dis-moi seulement si tu le reconnais. » L’oeil au-dessus du sien, il l’engloutit d’un trait. Le goût est âcre et la chaleur, vive. Elle se répand comme d'être un feudeymon et lui du petit bois. « Je vais nous trouver autre chose. » Ils ne passeront pas inaperçus s’ils déambulent allègrement – et sobrement – de pièce en pièce. Du reste, officiellement, Ariadne et Roderick ne se portent aucune amitié et leurs familles se détestent plus ou moins cordialement depuis deux ans. « Attends-moi là. Et évite de te faire remarquer… » C'est, tout à la fois, une consigne simple et compliquée à respecter dans ce genre d'endroits et Roderick disparait avec le soupçon qu'Ariadne n'en sera pas capable.

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Sujet: Re: Pede poena claudo.   Jeu 7 Déc - 14:59

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Sujet: Re: Pede poena claudo.   Dim 10 Déc - 17:27


La blonde ne relève pas la pique de Mulciber. Elle a, il est vrai, attaqué la première. Après cela, rien d'étonnant à ce que le sorcier ne se prive pas de riposter. Elle esquisse néanmoins un sourire. Si elle n'a plus aucune amitié pour Roderick depuis la mort de son cousin, elle a toujours apprécié chez le duelliste ce cynisme, cet humour noir et grinçant qui fait sa réputation. C'est en partie pour cela qu'elle avait accepté de s'unir à lui, quand son père la pressait de choisir un époux. Arcturus n'était pas seul derrière cette décision. Octavia, l'unique lien de sang entre Roderick et Ariadne, avait largement plaidé en faveur de cet arrangement.  Désireuse de plaire à sa grand-mère, amusée par la situation, Ariadne avait dit oui. Oui à une vie d'épouse docile, oui à une vie de reproductrice. Car il s'agissait bien sûr de perpétuer le glorieux nom des Mulciber. Un nom auquel Octavia est toujours restée attachée. A ses yeux, ce mariage présentait tous les avantages du monde. Aujourd'hui, toutes les bonnes raisons qu'elle a pu invoquer pour convaincre sa petite-fille sont dissolues dans le sang de Lorcan, et elle n'éprouve plus qu'une hostilité clairement affichée pour Roderick Mulciber. Que pourrisse cette engeance égoïste et perfide.

En pénétrant dans le salon, Ariadne est happée par le bruit des conversations, à peine couvert par celui d'une musique tonitruante. Partout, les sorciers célèbrent l'inanité de la vie, en attendant de prendre possession de l'empire familial. Corps enlacés, discussions animés, rires cyniques et yeux cadavériques. La nuit est déjà entamée de quelques heures et tous n'en sont pas à leur premier verre. La plupart ont l'air d'avoir veillé depuis plus de quarante-huit heures, ce qui est probablement le cas. Regard vitreux, éteint, carnation exsangue du dormeur contrarié. Elle reconnaît là les effets de sa création. A nouveau, un sourire étire ses lèvres. Theodora ne plaisantait pas. Elle met en danger la prochaine générations de dirigeants. Fascinée par la contemplation de son oeuvre, l'artiste ne voit pas venir Mulciber. Elle masque sa surprise, mais pas son hostilité, lorsque le duelliste ironise. « Je le suis. » Le ton est sec, mais le fait est là. Instant de vérité, de sincérité. Ariadne n'a jamais mis un pied dans ces fêtes que Roderick a submergé de sa présence. Elle ne s'en cache ni n'en a honte. Bien que semblables, ils sont issus de deux éducations différentes. Lui flamboyant mais torturé, elle impertinente mais circonspecte.

Devant l'air supérieur qu'affiche Roderick, elle relève la tête. « À ça, probablement. » Précisément à cela. À de jeunes sorciers désireux d'oubli, prêts à sacrifier une nuit aux bras d'un poison déjà bien connu. Sans avoir jamais connu cet univers, elle a entendu les récits des habitués. Elle a lu les exploits de son associé et sait que lui, au contraire, se trouve comme un poisson dans l'eau ici. Lorsqu'il glisse entre ses mains une coupe remplie d'un liquide alcoolisé, c'est avec la force de l'habitude. Son ordre donne immédiatement envie à la sorcière de le transgresser. En voyant Roderick avaler le sien, elle lève un sourcil ironique. « C'est à ton goût ? » Sans attendre sa réponse, elle porte le verre à son nez pour en humer le parfum. De toute évidence, la boisson n'est pas inoffensive. Prudente, elle en avale une gorgée, laisse le goût submerger ses papilles. « Un obscur mélange de whisky pur feu et d'autres choses. » Avec l'impression de passer un examen, elle engloutit le reste de son verre d'une traite. Ses années d'éducation auprès de Theodora n'auront pas servi à rien. Alors qu'elle pose son verre vide sur la table dont il provient, Roderick la laisse avec une mise en garde.

Désormais seule, Ariadne attrape un autre verre au hasard et observe à loisir l'avenir de la nation. Alcoolisés et poudrés, proférant avec l'arrogante assurance que leur confère leur lignée des énormités à faire pâlir leurs parents, ils sont ce que la société magique a produit de meilleur. N'importe quel être sensé verrait immédiatement qu'aucun d'eux n'est apte à assurer les fonctions auxquels leur naissance les prédestinent. Et pourtant. Ariadne ne doute pas qu'elle trouvera bientôt l'un d'entre eux sur le siège de sa tante. Qui sait, le futur ministre de la magie est peut-être cet adolescent mal dégrossi qui s'approche d'elle, avec au fond du regard toute la lubricité de ses vingt ans. Bientôt, le bras de l'individu enlace la taille de la sorcière et ses lèvres s'agitent en un palabre incompréhensible. Amusée, elle sirote son verre tout en écoutant le mondain imbibé. Un autre spécimen les rejoint, puis un troisième. Très vite, Ariadne est submergée par les dirigeants de demain. Tous lorgnent avec avidité sur ses courbes et aucun ne prête attention aux dix années supplémentaires qu'elle affiche. Au milieu de cette jeunesse dorée, la blonde retrouve un peu de la sienne. Au retour de Roderick, elle a déjà avalé trois verres de plus, et elle a sur les lèvres le goût masculin d'un baiser volé.
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Sujet: Re: Pede poena claudo.   Mer 20 Déc - 13:04


Épaule contre épaule, Roderick fraye parmi ses semblables. Certains, reconnaissant dans sa figure l’homme qu’il convient de saluer ou le larron notoire, lui offrent une poignée de mains chaleureuse ou une accolade plus serrée. Lui scrute au-delà, cherche parmi les visages familiers celui qui s’est rendu responsable de toute cette orgie. D’ordinaire, il s’échinerait à l’en remercier. La circonstance, néanmoins, est différente et il est plus pressé de s’acquitter de sa mission qu’il ne l’a souvent été de siphonner une coupe jusqu’à son fond. Avoir Ariadne pour complice n’y est pas totalement étranger. Il se méfie de sa haine – trop légitime. Mulciber ne peut pas décréter q’ils jouent réellement pour le même camp. Pour sa part, il n’a pas intérêt à ce qu’une drogue quelconque clairsème les rangs des héritiers des plus ou moins nantis et, plus simplement, on lui a ordonné de faire cesser cette absurde agonie. Mais qu’en est-il d’Ariadne ? Ont-il usé d’arguments similaires avec elle ? Elle ne porte pas la Marque et les Slughorn ne sont loyaux qu’à eux et à seuls. Pendant qu’il se tenait près d’elle, Roderick aurait été inspiré de l’interroger, cependant qu’il sait bien qu’elle ne lui aurait sans doute pas répondu.

« Red Rick en personne ! » La lourde paluche de Detlev Behrendt s’abat sur la clavicule du duelliste. L’anglo-allemand est grand, blond et filiforme, avec une beauté qu’on n’a qu’à seize ans, très lisse, malgré sa fin de vingtaine. Son père siège à la Confédération internationale des mages et sorciers, en plus d’être ambassadeur ici, en Grande-Bretagne. De fait, Detlev voyage beaucoup, est incroyablement privilégié et avide de culture de tout pays dès lors qu’il s’agit de culture éthylique. « Tu n’as pas amené ton fidèle larbin ? fait-il en lorgnant les flancs inhabituellement déserts de Roderick. » « Il est occupé. » À des tâches concomitantes à sa propre présence, au demeurant, mais il n’est nul besoin de l’expliquer au jeune allemand qui, du reste, transpire la gourmandise jusqu’à fleur de lèvre. Ce que Detlev veut à Vincent n’a rien de bien recommandable. Il est justement connu pour ses inclinations mâles et femelles et a, en sa qualité de mêlé et d’étranger, plutôt le droit de les revendiquer. « C’est toi qui as fait tout ça ? » « Tu aimes ? rétorque l’orchestrateur avec suffisance. » Mulciber doit reconnaître que c’est très réussi et, de son côté, il est encore bien sobre. « Assez. Mais j’ai bu une chose immonde en arrivant et le goût ne passe pas. » S’il pressent les effluves qui cavalent vers son estomac et escaladeront bientôt jusqu’à son crâne, l’ivresse ne monte pas. Pas encore. « Tu pourrais sûrement m’aider à trouver quelque chose de plus agréable à me coller sous la langue. » [Detlev a un sourire entendu et fouille la poche de son veston. / Detlev a un sourire ironique et fronce les sourcils.] « Attends-moi une seconde. » Le blondinet reste figé sur place, à suivre du bout des yeux Roderick qui reflue parmi la masse des invités, ivres ou drogués. La chaleur humaine est épouvantable, d’alcôve en alcôve, et c’est finalement la flamme du mélange de tantôt qui creuse ses délicieuses tranchées dans la tripaille de son ventre. Morgane merci, c’est un fêtard invétéré, rompu aux bacchanales les plus interminables et les plus excessives. Pour conserver les idées claires, il ne faudrait cependant pas qu’il abuse. Un conseil qu’avant de s’appliquer à soi, il aurait pu prodiguer à Ariadne.

La jeune femme est cernée par les prétendants – qui n’en méritent pas tant le titre. Elle paraît elle-même doucement ivre, ou seulement chavirée par l’ivresse alentours. Roderick ne saurait le dire avant d’être revenu près d’elle et une sorte de fureur (stupide, vaine et tout à fait inexplicable) lui pince la nuque quand il enfonce le cercle des galants et trébuchants. « Très bien, on s'est bien amusés, ça suffit. » Parce qu’il est un prodigue à faire semblant de tout, Mulciber s’est débarrassé la face de toute animosité et arbore un rictus amusé, une récréation qu’on dirait sournoise, même fauve. « Elle est avec moi. » Voilà qui a un goût de elle est à moi tandis que les pupilles frémissent et cherchent à l’identifier avec un peu plus de sérieux. [Le plus près de Roderick murmure bientôt son nom et la rumeur court de la bouche aux oreilles. Ils piétinent et font mine de se retirer. / Aucun ne fait longtemps attention à lui ; ils s’en fichent bien, de l’homme qu’elle avait au bras en entrant s’il a eu la bêtise de s’éloigner plus d’une seconde.]

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Sujet: Re: Pede poena claudo.   Mer 20 Déc - 13:04

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Sujet: Re: Pede poena claudo.   Ven 9 Fév - 19:52


La mission à laquelle on l'a affectée ne l'enchante pas. Si, en apparence, elle n'a pas rechigné à l'assumer, la réalité est tout autre. Inutile de mentir. Ariadne ne raffole pas du gouvernement, ne lorgne pas sur un quelconque poste haut placé. Ses intérêts sont ceux des Slughorn et les alchimistes n'aspirent qu'à une vie confortable, éloignée des dangers de la politique. Son seul lien avec le régime n'est dû qu'à une alliance particulière avec les Avery, et n'a rien à voir avec un réel engouement pour les idéaux de la Ministre de la Magie. Pourtant, elle se trouve maintenant au milieu d'une fête désinhibée, avec à la main un verre rempli d'un mélange indéfinissable d'alcools divers. Autour d'elle, on danse, on rit, on crie et on refait le monde, en oubliant qu'il faudra avoir l'air humain au levé du jour. Au fond, la sorcière ne peut s'empêcher d'être fière. D'une fierté un peu dégueulasse, car son commerce n'est pas des plus reluisants. Pourvoyeuse d'euphorie, elle assume la maternité de cette fête, et même sa réussite. Qu'importe l'identité de l'imbécile qui héberge sous son toit les noceurs d'un soir, il ne sera jamais elle.

Lorsque son partenaire la retrouve, Ariadne a l'air heureux des gens qui ont trop bu, trop vite. Sûrement parce qu'elle a trop bu, trop vite. Mais elle garde les idées claires, avec une obsession en tête. Détourner l'attention de Mulciber, l'empêcher de remonter la piste de la poudre jusqu'à elle. Seule Theodora connaît le secret et la blonde entend conserver longtemps les choses en l'état. Alors elle donne le change, paraît une autre. Alliée avec Mulciber, tendue avec lui vers un même objectif. Trouver un coupable, un pauvre hère que leurs doigts accusateurs placeront sur l'échafaud - ou tout du moins à Azkaban. Étouffer l'affaire avant qu'elle ne prenne trop d'importance. Avant que les parents ne s'aperçoivent des limites du système. On ne peut protéger ses administrés lorsque la pomme est déjà véreuse. Et Ariadne est le ver insidieux qui sape les fondations d'une société idéalisée, contrôlée par un gouvernement qui se croit omniscient. La blague fait sourire la jeune femme, de même que l'air affiché par Mulciber. Sa tentative de faire le vide autour d'elle a quelque chose de possessif, un droit qu'il a pourtant perdu suite à la rupture de leurs fiançailles - s'il l'a jamais eu. En riant, Ariadne se laisse glisser dans les bras de Roderick, au mépris des protestations qui s'élèvent. Feignant la passion, elle s'accroche à son cou et se hisse sur la pointe des pieds pour murmurer à son oreille. Tous s'imaginent des mots d'amour. Elle est plus prosaïque. « Tu as trouvé quelque chose ? » Elle a conscience de n'avoir rien fait de constructif pendant que Roderick partait en chasse. Au moins espère-t-elle avoir fourni une distraction bienvenue, capable de détourner l'attention des invités. Qu'ils la reluquent, s'ils répondent d'une voix lointaine aux questions du duelliste et l'empêchent de remonter jusqu'à elle.

Sous couvert d'embrassades secrètes, elle attrape la chemise du brun et l'attire à l'écart, un air enjôleur peint sur le visage. Une fois éloignés de la masse des soupirants, la sorcière redevient elle-même. Si elle affiche toujours l'allure d'une charmeuse de serpents, le ton est sérieux. « Tu as des contacts ici ? Tu dois connaître tout le monde, ça ne devrait pas être compliqué. » Vœu pieux. Si elle a bien fait son travail, personne ce soir ne sera en mesure de dire à qui il doit ces quelques heures d'insouciance. Elle s'est protégée avec soin, du moins l'espère-t-elle. Reste à voir si ses défenses résisteront aux recherches de Roderick.
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